Ibid., 1. IV, c. xxm
4. Ce prince fut, en effet, enterré dans Tég^lise de Saint-Médard, près Soissons, dont la conslruction avait été commencée par son père et achevée par lui (Ibid.t I. IV, c. lu}.
l'ambition de Chilperic. li'aîné de ses frères, Charibert, mourut en 567 sans laisser de postérité masculine, et son royaume fut partagé entre les trois fils survivants de Clotaire. Chilperic eut pour sa part le plus grand nombre des cités comprises entre la Seine, l'Eure, la Loire et l'Océan*. Il épousa edors Galsuinde, princesse wisigothe*, et donna en douaire à la nouvelle reine quelques-unes des cités méridionales, — Bordeaux, Limoges, Cahors, Béarn et Bigorre, — qu'il venait de réunir à ses États. Le meurtre de Galsuinde ne tarda pas à fournir au roi'd'Austrasie et au roi de Bourgogne un motif d'intervention. Suivant Grégoire, ils auraient alors chassé Chilperic du royaume^. On ne sait si les paroles de l'évêque de Tours doivent être prises ici à la lettre ; toujours est-il qu'on retrouve bientôt l'ancien roi de Soissons revêtu de l'autorité royale ; mais un jugement du roi Contran l'a privé des cités que Galsuinde a reçues en douaire et qui sont devenues la propriété de la reine Brunehaut, sœur de cette malheureuse princesse et femme de Sigebert*. C'est peutêtre seulement à ce jugement que Grégoire a voulu faire allusion en disant que. Chilperic fut évincé du royaume.
Ces événements sont loin d'avoir diminué chez Chilperic la soif des annexions. Il ne paraît plus alors poursuivre qu'un but, s'agrandir aux dépens de Sigebert, son ancien ennemi, dont les Etats sont contigus aux siens, non-seulement en Belgique, mais aussi dans la Lyonnaise et dans l'Aquitaine, aux dépens de Sigebert que le meurtre de Galsuinde vient de rendre toutpuissant dans cette dernière région. 11 s'empare de Tours et de Poitiers que le partage de 567 avait attribués au roi d'Austrasie et que le comte Mummolus replace ensuite sous l'autorité de ce dernier. Clovis, fils de Chilperic, qui s'est rendu de Tours à Bordeaux, l'une des cités dont on avait formé le douaire de Galsuinde, en est aussi chassé par les partisans de Sigebert (573). Cela ne décourage pas Chilperic, qui fait envahir par son fils
1. Voyez, plus haut, le paragraphe relatif au royaume de Charibert.