ROYAUME DE SIGEBERT
Mayence, Worms, Spire, Bàle et Constance*, dont les documents ne parlent nullement. Il s'accrut dès Tan 56i par l'annexion de Soissons, la capitale de Chilperic, et, en 567, plusieurs fragments du royaume de Charibert (le tiers du Rcssontois, le tiers de la cité de Senlis, le tiers de celle de Paris et la cité de Meaux) lui permirent d'atteindre la Seine.
Le second tronçon, qui, en raison de son étendue, doit ôtrc décrit immédiatement après le précédent, se composait, en 561, d'une partie des possessions aquitaniques des premiers rois de Metz et de quelques cantons de la IVovence : on sait que les cités d'Auvergne, du Gévaudan et du Rouergue, et très-probablement aussi le Velay et le Vivarais, sur lesquels les textes de l'époque sont muets, les évêchés d'Alais et d'Uzès, les cités d'Avignon, d'Aix. de Vence, la moitié de celle de Marseille, et sans doute aussi celle de Fréjns^, en faisaient partie. Après la mort de Charibert et le meurtre de Galsuinde, ce groupe s'augmenta d'une bande de territoire qui, des rives du Tarn, atteignait les bords du Loir et touchait même à l'Océan en englobant les cités d'Albi, de Cahors, de Limoges, de Poitiers, de Tours, ainsi que les pays de Vendôme et de Dun démembrés de la cité de Chartres. Le pervium ou droit de passage sur le Chartrain, l'Etampois, et sans doute aussi le Parisis, reliait ce tronçon à la partie franque du royaume d'Austrasie,
I-.e troisième groupe des États de Sigebert s'étendait de l'embouchure de la Gironde aux Pyrénées, et il était composé de cités provenant de l'héritage de Charibert ou du douaire de Galsuinde ;
1. Ces deux dernières cités faisaient certainement partie du royaume d'Austrasie, car leurs évéques ne figurent à aucun des nombreux conciles réunis par Contran, le seul prince, après Sigebert, auquel on pourrait ôtre tenté de les attribuer. Constance, ou le pays des Turenée$, parait avoir été détaché, en 596, lors de la mort de Childebert H, pour être annexé à la Bourgogne ; mais, grâce aux revendications de Théodebcrt II, il fit retour à FAustrasie en 610.
2. Frcjus ne fut représenté aux synodes du royaume de Bourgogne par aucun de ses prélats, et son attribution à Sigebert est corroborée en quelque sorte par la configuration topographique du territoire de celle cité, qui, uni au royaume d'Austrasie, rattache Vence au reste de la Provence marseillaise, c'est-à-dire à A ix et à la portion de Marseille dépendant de ce même État. Ajoutons que Vence fut momentanément occupé par Contran, puisque Tévêque de Vence, Eusèbe, souscrivit au concile du Mîkcon en 585; mais cette ville était rentrée sous l'obéissance de son niaitre légitime en 588, dalc à lacfuello Froniniius fut nommé à son évêché par Childebert. {Hisioria Francorum, 1. IX, c. xxiv.)
c'est-à-dire de Bordeaux, d'Aire, de Labourd, de Béarn, de Bigorre et de Couserans *.
Le dernier groupe n'avait que peu d'importance. Il ne semble avoir compris qu'une seule cité, celle d'Avrancbes, sur la côte septentrionale de la Gaule ^.
En 575, Sigebert, reconnu roi dans tout le pays compris entre le Bhin et la Loire, allait joindre ainsi à son beau royaume les Etats de Chilperic, lorsqu'il tomba près d'Arras sous le poignard des assassins. Son fils Childebert, alors âgé de cinq ans seulement, lui succéda, mais il fut dépouillé par son oncle Cbilperic de toute la partie du royaume de Paris, qui avait été unie en 567 au royaume d'Austrasie; la cité de Soissons lui fut également reprise^. Pendant la minorité du jeune roi, la moitié de la cité de Marseille qui avait appartenu à Sigebert fut aussi occupée par Contran, qui la rendit spontanément à son neveu en 584*. Quelques mois après cette restitution, la mort de Chilperic fit renaître un moment chez Childebert l'espoir de recouvrer les cités que ce prince lui avait enlevées : Tours et Poitiers se déclarèrent immédiatement en sa faveur et un duc austrasien reçut les serments du Limousin. Néanmoins les habitants de ces villes, ainsi que la plupart des territoires que le partage de 567 avait attribués à Sigebert, durent reconnaître l'autorité de Contran qui se proclamait l'unique héritier du royaume de Châribert^. Childebert réunit cependant à ses Etats le territoire de Sentis dont un
1. Ces cilés ne forment pas un groupe compacte, puisque plusieurs d'entre elles sonl complètement isolées, mais il est' probable qu'elles ne constituaient pas la totalité des possessions du roi dWustrasie entre la Garonne et les Pyrénées. En effet, en 585, tandis que Contran retenait encore les cités qui avaient formé le douaire de Galsuinde, le Saxon Childeric fut envoyé par Childebert II pour gouverner les villes auslrasiennes situées au delà de la Garonne, villes dont Grégoire ne donne malheureusement pas les noms. (Historia Francomm, I. VIII, c xviii.)
2. M. Bonnell (Die Anfiinge des karolingischen Hauses, p. 210) ne veut pas reconnaître l'Avranchin dans la cité que le traité d'.Andelol désigne sous le nom iVAbrincataSy et, se fondant sur Tordre suivi dans ce texte pour Ténumération des villes r;»slituées à Childebert (Meaux, Tours, Poitiers, Abrincatas, Aire, Conserans, Bayonne et AIbi), il suppose que celte dénomination s'applique à J*Auribat, dans la vallée de T.Vdour. 11 suffit de signaler cette opinion pour en faire justice.