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Uistoria Francorum, 1. IV, c. xxii

UOYAUME DE SIGEUEUT. 147

Rhin et, au nord-est de la Gaule, le pays situé entre Cologne et Reims, puis, au centre, la plus grande partie de la Première Aquitaine, Sigebert ne possédait pas cette fraction importante du pays jadis soumis aux Bourguignons, qui avait été jointe au royaume de Metz en 534. En revanche, le nouveau royaume (l'Austrasie s'accrut en 567, par la mort de Charibert, d'une partie considérable du royaume de Paiûs formée de cités de la Seconde Aquitaine et de la Novempopulanie.

Les récits de Grégoire permettent de placer dans le royaume de Sigebert les cités de Cologne, de Trêves, de Metz, de Reims, de Châlons-sur-Marne, de Soissons, de Meaux et d'Avrancbes, les deux tiers de la cité de Senlis, le tiers du Ressontois au diocèse de Beauvais, un tiers de la cité de Paris, les châteaux de Diin et de Vendôme avec quelques parcelles du Chartraiu (dans la cité de Chartres) et le droit de passage dans TEtampois ; puis les cités de Tours, de Poitiers, de Limoges, de Clermont, de Cahors, d'Albi, du Gévaudan, de Bordeaux, d'Aire, de Labourd, de Béarn, de Bigorre, de Couserans, d'Avignon et d'Aix, la moitié de la cité de Marseille et Tévêché d'Alais*. — La Vie de sainte Consortia confirme, même pour les premières années du règne de ce prince, le fait de la domination de Sigebert sur la Provence marseillaise et sur Aix, qui en faisait partie ^.

A ces territoires, dont les uns touchent au Rhin inférieur et les autres au golfe de Gascogne et à la Méditerranée, on peut ajouter ceux de Tongres , de Strasbourg, de Toul, de Laon, de Rodez, d'Uzès et de Vence, que VHistoi^ia Franconnn prouve avoir été possédés antérieurement au traité d'Andelot (587) par Childebert II, fils et successeur de Sigebert.

Toutes ces cités, nous avons eu soin de le dire au début de ce

I. On Irouvera, dans le paragraphe consacré à chacune de ces cités, le renvoi aux chapitres des œuvres de Grégoire, d'où nous avons tiré les preuves de leur possession par Sigebert.

t. Ce prince y envoya on effet, après la mort de son père, un des grands de son royaumo, nonimé lltîcca, en qualité de gouverneur. Ci'.t officier trouva Ja mort en passant la Durance, au moment où il prétei.dail épouser Consortia, qui demeurait au territoire d'Aix. ( Vila sanctae Consoriiae, c. xv-xvi, apud }ilàhï\\oi)yActa SS. ordinis S, Ben,, sacc. I.,p. Î250-2ol.)

paragraphe, n'avaient pas été attribuées au roi d'Austrasic par le partage de 561. Ainsi, par exemple, Si gebert s'était emparé vers 564 de Soissons, le siège royal de Chilperic, qui avait profité de son absence pour envahir TAustrasie*, et il paraît l'avoir gardé jusqu'à sa mort : du moins, Grégoire lui fait honneur de Taché vement de l'église de Saint-Médard de Soissons* et nous le montre, vers la fin de son règne, habitant la villa royale de Beruy [Brennacumf au territoire de cette ville. En 567, Sigebert ont sa part de succession du royaume de Paris, et le traité d'Aiidelot nous apprend que cette part comprenait les deux tiers de la cité de Scnlis, le tiers de celle de Paris, les cités de Meau x et d'Avranches, le château de Dun et de Vendôme (au diocèse de Chartres), avec passage (jpe7^mm) par le Chartrain et par l'Etampois, les cités de Tours, de Poitiers, d'Aire, de Labonrd, deCouserans et d'Albî, auxquels on doit sans doute ajouter le quart du Ressontois en la cité de Beauvais. Les Etats de Sigebert s'étaient encore augmentés d'une autre partie du royaume de Paris, composée des cités de Limoges, de Bordeaux, de Béarn et de Bigorre, qui, placées en 567 dans le lot assigné à Chilperic, avaient été immédiatement données en douaire par ce prince à sa nouvelle épouse Galsuinde, étranglée peu après à l'instigation de Frédegonde : un jugement arbitral du roi Contran avait alors décidé que le douaire de Galsuinde passerait à sa sœur Brunehaut, épouse de Sigebert*.

Quant à ce qui est de la configuration du royaume de Sigebert, on peut assurer que cet Etat formait au moins quatre tronçons.

Le premier tronçon, qui composait l'Austrasie proprement dite, était originairement formé des possessions franques d'outre- Rhin et des cités de Cologne, de Tongres, de Trêves, de Metz, de Verdun, de Toul, de Strasbourg, de Châlons-sur-Marne, de Reims et de Laon, auxquelles on doit certainement joindre

i. Historia Francorum, 1. IV, c. xxiii.

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