LES FLEUVES ET I,ES RIVIÈRES
Le Rhin. — Le Rhin, qui servait de limite à TEmpire romain vers le nord-est, a perdu ce caractère dès les dernières années du iv** siècle. « Après l'invasion de 395, dit M. Eniest Desjardins, les deux rives sont devenues communes; les intérêts de gauche et ceux de droite se sont confondus, et les limites romaines n'ont plus été qu'un souvenir*. » Le grand fleuve forme encore du côté de la Germanie, mais de par la tradition seulement, la limite de cette belle contrée que les Alpes, la Méditerranée, les Pyrénées et l'Océan bornent d'autre part, de ce pays auquel les lettrés conservent le nom de Gaule, GalUa^ mais qui, pour le vulgaire, se divise au vi'' siècle en plusieurs provinces, dont les principales sont la France, Fraucia; la Bourgogne, Durgiindia; la Provence, Provincia; TAquitaine, Aquitauiaj et la Bretagne, Britannia. Grégoire de Tours, qui a écrit plusieurs fois le nom Rhenvs^ sait que les Francs habitaient vers le Rhin au commencement du v"" siècle, avant leur entrée en Gaule ''^, et il n'ignore pas que, depuis l'invasion, la rive droite, comme la rive gauche, dans la partie inférieure du cours du fleuve, tout au moins, fait partie du pays franc. Les possessions de Sigebert le Boiteux, parent de Clovis, qui régnait à Cologne au commencement du vi*^ siècle, s'étendaient sur Tune et l'autre rive du Rhin*,
\. «Avilus, abbas Carnoleni pagi, quem Perl[ic]ensem vocant. > (De gloria confessorum, c. xcix.) Les manuscrits île Grégoire porlenl Perlensem^ ce qui est certainement une faute de copiste, car le nom latin du Perche est Perticus, qui seul peut justifier le nom moderne.
2. Géographie historique et administrative de la Gaule romaine y t. I", p. 113.