CHAPITRE II
LES POPULATIOiNS DE LA GAULE AU VI» SIÈCLE
En dehors des Romains, RomaNi\ — c'est le nom par lequel Grégoire* elles autres écrivains de son époque désignent la population gallo-romaine, — en dehors aussi des grands corps de nations dont nous avons raconté rétablissement et les progrés, parfois aussi la décadence en Gaule, c'esl-à-dire des Goths, (iotlhi^ des Rourguignons, BurgumlionPSj et des Francs, Franci^ Tévéque de Toui^ ne mentionne que les Thuringes, les Ah^nans, les Alains, les Rretons, les Saxons, les Teifales et les Syriens.
TnoRiNGi. — Au vi"" siècle, il existait en Gaule une contrée appelée Thuringe, ThorvKjia^ car Grégoire rapporte, d'après la tradition, que les Francs, originaires de Pannonie, s'étaient d'abord établis sur la rive [droite] de ce fleuve, qu'ils traversèrent ensuite pour passer en Thuringe. C'est dans ce pays, in termino Thoringornm^ à Dispargum^ localité dont la position n'a encore pu être (léteriiiinée, que la tradition plaçait aussi la résidence du roi Iranc Clodion, prédécesseur de Mérovée^. Ces mentions si expresses d'une Thuringe en deçà du Rhin ont fort embarrassé les commentateurs, et Ton a vu se produire dès le wvl siècle des explications assez compliquées et des corrections inacceptables au texte de Grégoire^; mais nos contemporains, plus sages, acceptent
1. Voyez nolanimiMJt Vllistoria Franconim, 1. H, c. xwii ot xxxiiï.