Historia Francorum, 1. IV, c. iv
i. Voy. plus haut, page 109, ce que les documents hagiographiques nous font connaître de la situation de la Bretagne en face de Childebert \".
5. L'expression Britanniae est employée pour désigner la Bretagne armoricaine dons Vllistorid Francorum t 1. V, c. xvi, xxii et xux; Uritannia est plus fréquent.
LES mîETONS. 171
jours les incursions des Bretons contemporains de Grégoire ^ On a voulti nier cependant que Vannes en dépendît, et Ton ne semble disposé à lui accorder que la portion du Vannelais située à l'ouest de cette ville, et qui seule représenterait le Broerecli [Browerochj payas Waroci) du moyen àge^; mais cette manière devoir repose uniquement sur Tliistoire de Macliau qui, fuyant les persécutions de son frère Canaon, comte des Bretons, lequel semble régner sur une fraction de la civitas Venrtum^ se retira à Xiinnes où il fut tonsuré, puis ordonné évéquc^. A notre avis, le fait de l'élévation de Macliau sur le siège épiscopal de la cité des Véiiètes est an moins un indice de l'influence ou plutôt de la domination bretonne dans cette ville, qui, au point de vue civil, n'obéissait pas au comte Canaon, mais était probid^lemenl soumise à quelque principicule breton. On peut d'ailleurs encore invoquer un autre argument en faveur de Tôpiniou que nous venons d'énoncer : c'est le fait du démembrement de la cioitas Venelum qui, à l'époque romaine, s'étendait jusqu'à l'embouchure de la Loire sur la presqu'île de Guérande, qu'elle perdit, send)le-t-il, vers le milieu du vi"" siècle*, et qui, en vertu sans doute du principe généralement admis à cette époque d'une corrélation complète entre les circonscriptions civiles et les circonscriptions ecclésiastiques, fut jointe au territoire de Nantes, probablement parce que, de même que cette dernière contrée, elle avait pu échapper à la domination des Bretons, dont les progrès s'arrêtèrent à la Vilaine.
L'occupation de Vannes n'est du reste nullement douteuse pour le dernier quart du vi^ siècle. En o78, en effet, Warocli,
1. Ilistoria Francorum, 1. V, c. xxx et xxxiî; 1. IX, c. xvrii el xxiv; 1. X, c. ix.
2. A. de la liotAev'iQ^ Annuaire historique et archéobgique de Bretagne y Vitinée iHG'l, p. 19.
o. Historia Francorum, 1. IV, c. iv.
i. M. E. Desjardins (Géographie historique et administrative de la Gaule romaine^ I. V\ p. ^i-285) admet le fait de la domination des Vénètes jusqu*à la Loire, cl cite en .lernier lieu les témoignantes de deux biographes de sainl Aubin, évt^que d'Angers de 52t)à 550 environ, biographes dont le plus ancien, Forlunat,qui écrivait à la (in du vi'' siëclo, fait naître son héros dans la regio Venetictty tandis que l'autre désigne Guérande, situé solon lui dans le pays vannetais, comme la patrie du saint : c In Venetensi namque territorio, vicu s quidam est in littore Oceani maris silus, quem Britannica lingua Guenran vocaut, ob pluriiiium conmiercium salis populosus. >
deuxième successeur du comte Canaon dont il a été question plus haut, faisait la paix avec les chefs de Tarraée que ClMlpcric avait envoyée en Bretagne et qui s'était arrêtée devant lui sur les rives de la Vilaine : le prince hreton s'engageait par serment à rester fidèle au roi franc et lui rendait Vannes, dont il accepta ensuite le gouvernement, à la charge de payer chaque année les tributs que devait cette ville ; mais, peu après, Waroch envoya Téveque Eunius à Chilperic pour rompre ces conventions, et le roi, outré de la mauvaise foi de. son vassal, contre lequel il n'essaya pas toutefois de sévir, envoya le prélat en exil*. Douze ans plus tard. Vannes était encore au pouvoir des Bretons, car, lors de la conclusion d'un nouveau traité entre Waroch et le roi Gontran, Tévêque Regalis ainsi que le clergé et les habitants de son diocèse vinrent auprès du duc Ebrachaire pour se disculper du soupçon de rébellion envers les rois francs, disant qu'ils étaient «les captifs des Bretons et soumis à uii joug pesant )>^. Il est impossible de mieux exprimer que Vannes appartenait virtuellement aux hommes de race bretonne.
Saxones. — Les Saxons, qui fondèrent successivement de 455 à 526 quatre royaumes dans Fîle de Bretagne, jouèrent à peu près dans les derniers temps de l'Empire romain le rôle que leurs voisins de la mer du Nord, les Normands, devaient remplir à l'époque carolingienne. Leurs incursions, ou bien plutôt encore les postes qu'ils parvinrent à établir sur les côtes des provinces romaines, valurent à certaines parties du littoral breton, et aussi aux côtes gauloises qui s'étendent des bouches du Rhin à Tembouchure de la Loire, le nom de litus Saxojiicimi^ qui apparaît pour la première fois dans la Notitia dujmlatum rédigée dans les premières années du v® siècle ^ C'est donc au moins à celte