‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 142 sur 597 · Jordanès, De rébus geticis, c. xxxvri · texte numérisé non relu

Jordanès, De rébus geticis, c. xxxvri

i. Grégoire ne dit pas formelleraent que les Alains domptés par Thorismond fussent ceux de la Loire : « Thorisniodus, de quo supra mcminimus, Alanos bello cdomuit » (Historia Ftancorum, 1. II, c. vu); mais Jordanès, dont le récit {De rébus geticiSy c. xi.iii) manque cependant un peu d'exactitude en raison des projets qu'il prête Jci à Attila, ne laisse aucun doute sur la demeure de ces Alains : « Alanorum partem, trans flumen liigeris consislentem. >

3. Grégoireécrit ordinairement i?n7anni; une fois, cependant, il emploie le moi Britto pour désigner un Breton {De gloria confessoruniy c. xxiii).

i. Historia Francorum, 1. II, c. xvin.

5. c Quod compericns Anthcmius imperator, protinus solatia Rritonum postulavit, quorum [BrilonumJ rex Uiollnmus cum xii millihus venions, in Biturigas civilatem, Occano e navibus cgrcssus, susceptus est. > (De rébus geticis, c. xlv.)

G. Epislolae, 1. 111, ep. 9.

170 \A GAULE Al' SIXIEME SIECLE.

permet guère de les distinguer des sujets de RiothiIue^ Enfin, rexistence de celte colonie, dès Tan 451, peut être déduite de la présence d'un évèque des Bretons au concile de prélals de la Gaule romaine réuni à Tours à cette date^.

Ainsi donc, l(*s premiers Bretons fixés en Gaule peuvent fort Lien avoir été cantonnés hors des pays qui, au vi*" siècle, obéissaient à ce peuple dont les limites n'atteignirent la Loire qu'au milieu du ix*' siècle; mais on ne sait comment ils abandonnèreut les bords du grand fleuve central de la Gaule. Toujours est-il qu'ils perdirent leur indépendance au commencement du Vf siècle et qu'ils durent reconnaître la suzeraineté des rois francs. « Les chefs bretons sont appelés comtes et non rois, dit Grégoire, car ils ont toujours été sous la dépendance des Francs depuis la mort de Clovis^ »

La soumission des liritanni. efi^ective sous les successeurs im— médiats de Clovis, si l'on ajoute foi aux diverses Vies de saints bretons*, ae fut plus guère que nominale sous les fils de Clo— taire. Durant la seconde moitié du vi'' siècle, les Bretons fout souvent irruption dans les pays limitrophes de la Bretagne, Britannidj ou des Bretagnes, Britatiniae^^ expressions que Grégoire emploie indifféremment en parlant de la contrée où dominent les Bretons, le pluriel Britanniae étant sans doute justifié par la division de la Bretagne armoricaine en plusieurs États jouissant d'une indépendance complète l'un vis-à-vis de Tautre. La Bretagne est alors fermée au sud-est par la Vilaine, qui, depuis ce moment jusqu'à la Révolution, servit de limite occidentale aux diocèses de Nantes et de Rennes, sur lesquels portent tou-

1. Kpislolae, \. I, ep. 7. De celle lellre, enlièremeiit consacrée à plaider la cause d'Arvandus, préfel des Gaules, il résulle que ce fonctionnaire considérait les Bretons de la Luire : < Brilannos super Ligerini silos >, comme le principal obstacle à la réalisation du partage de la Gaule enlrc les Wisigoths et les Bourguignons.

'2. c Mansuetus, episcopus Britannorum, subscripsi. > (Labbe etCossart, Sctcrosancta Concilia, l. IV, col. i053.)

Page 1