Historia Francorum^ 1. IV, c. xi.ni
TiiEiPHALi*. — Durant Topoque impériale, ou vit s'établir sur divers points de la Gaule des auxiliaires de Tarmée romaine, recrutés parmi les populations de race germanique et scythique. La Notitia dignitahim donne de précieuses indications sur les cantonnements qu'occupaient au temps d'Honorius, c est-à-dire au commencement du v*" siècle, ces auxiliaires barbares, et elle permet de saisir ainsi Torigine d'une peuplade établie dans le Poitou, les Taifali ou Theiphali^ qu'on retrouve, cent cinquante ans après la confection de laNotice des dignités, en possession des terres que leur avait attribuées un rescrit de l'empereur. La Notitia mentionne des Taifali non-seulement dans l'empire d'Orient, mais aussi dans celui d'Occident et, dans ce dernier Etat, elle fait connaître les cavaliers de leur nation, cantoiuiés dans l'île de Bretagne, où ils étaient placés sous la direction du cornes Britamiiarum'^ . En Gaule, le praefectus Sarmatarum et Taifalorum (jeniUiiim réside à Poitiers, Pictacis'^^ ou dans le terriloîrc de cette ville, où Grégoire a encore vu de son temps les Theiphali qui, peu après 561, vinrent attaquer à Chantoceaux, sur la rive droite de la Loire, l'ex-duc Austrapius^ lequel les avait opprimés jadis*. L'éveque de Tours rapporte en outre que la région du Poitou où habitaient les Theiphali ^ovimi le nom de Theiphalia^^ dénomination qui a persisté jusqu'à nos jours dans celle de TiCfauges que portent à la fois un ancien castrum, aujourd'hui chef lieu de canton dans le département des Deux-Sèvros, et le pays dont ce castrum était jadis le chef-lieu.
Vascones. C'est chez Grégoire que l'on a voulu voir la pi'c-
mière mention du nom de Gascogne, Vasconta^ appliqué à une
1. Sur les Theiphali, ou plus exacleinenl Tnifali, voy. Zeuss, Die Deutschen unddie Nachbarstaïtune, p. 433-430.
2. c Inlra Drilannias cum viro spectabiii comilc Brilanniarum Equités Taifali. >
{Notitia (lignitalum, édit. Sceck, p. 142.) Ces cavaliers sont peut-être les mcirics que ceux désignés, dans une autre partie du même document, sous le nom « Equités Honoriani Taifali juniores > {ibid.y p. 130).
3. c In Gallia... IVaefcclus Sarmatarum et Taifalorum gentilium, Pictavis, in Galiia. > {Ihid., p. 211).)
J. Historia Francorum, 1. IV, c. xvui.
5. « Igilurboatus Senoch, gente Theiphalus, Pictavi pagi, quem Thoiplialiam voc^îut, oiiundus fuil. » (Vitae Patrum^ v. xv, S 1 ; ^f. yUisioria Francorunij I. V r. vu.)
VASCONES. - SYRI, JUDAEI. 177
portion de raucienno Aquitaine; cependant les Gascons, Vasco- 7ieSj déjà connus au premier siècle de notre ère, époque à laquelle ils habitaient au delà des monts entre les Pyrénées et la mer Caiitabrique d'une part, TEbrc de l'autre, confinant vers l'ouest aux Suessitaniy vers l'est aux Vardulij les Gascons, qui comptaient Pampelune et Calahorra au nombre de leurs villes*, ne paraissent pas encore fixés dans la Novempopulanie en Fan 588. L'évêque de Tours nous les montre alors se précipitant des monts [Pyrénées] dans les plaines, ravageant les vignes et les champs, incendiant les maisons et emmenant quelques-uns des habitants en captivité avec leurs troupeaux^, tandis que la domination effective des rois francs s'étendait encore sur plusieurs des cités contiguës à l'Espagne^. Néanmoins les fils de Clotaire sont impuissants à réprimer les incursions des Gascons : le duc Bladastès, que Chilperic a envoyé en 581 in Vasconianij c'està-dire sans doute dans les montagnes où ces brigands se sont retranchés, y perd la plus grande partie de son armée ; de même, en 587, le duc Austrovald, représentant du roi Gontran, ne peut en tirer qu'une faible vengeance*. Aussi ne tardent-ils pas à occuper une partie au moins de la Novempopulanie ; mais, hors de leurs montagnes, ils cessent d'être invulnérables pour les Francs, et une armée burgundo-austrasienne dirigée contre eux en 602 les soumet à la domination franque. Réduits alors au rang de nation tributaire, on les place sous le gouvernement d'un duc de race gallo-frauque du nom de Gcnialis^.
Syri, Judaei. — Bien que les Syriens n'existassent nulle part en Gaule à l'état de groupe important, comme les Alains, les Saxons, les Teifales et autres populations scythiques ou germaniques, il nous a paru néanmoins intéressant de montrer qu'au vi* siècle les relations de notre pays avec l'Asie se ressentaient encore de ce vaste
1. Pline, Historia naturalis, 1. III, c. iv. — Ptolémée, 1. U, c. v. î. Historia Francomm, 1. VI, c. xii.
3. Telles, par exemple, que la cité de Labourd (aujourd'hui Bayonne) et de Comminges, prouvée par les écrits de Grégoire.