‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 149 sur 597 · Fredegoiii Scholastici Chronicum, c. xxi · texte numérisé non relu

Fredegoiii Scholastici Chronicum, c. xxi

lien que la patrie romaine avait établi entre les nations les plus diverses et les plus éloignées. II est question, dans VHistoriaFrancorum, de Syriens résidant à Bordeaux, à Orléans, voire même à Paris : c'étaient des négociants qui, grâce à une fortune acquise dans les affaires, jouissaient d'une véritable considération dans les villes où ils s'étaient fixés. Tel était le Syrien Euphronius que l'évêque de Bordeaux, Bertran, avait tonsuré malgré lui dans l'espoir d'hériter de ses trésors : cet homme, pieux d'ailleurs, quitta le Bordelais jusqu'à ce que la croissance de ses cheveux eût fait disparaître la tonsure imposée ; mais le culte qu'il professait pour un martyr de l'Orient, saint Sergius, dont il conservait des reliques dans sa demeure convertie en église, lui attira certaine mésaventure au temps du prétendant Gdndovald (583), et il ne put sauver des mains du duc Mummolus le reliquaire vénéré, même au prix de deux cents sous d'or*.

Il existait une assez nombreuse colonie de Syriens à Orléans, si toutefois il n'y a pas un peu d'enthousiasme emphatique dans le récit que l'évêque de Tours fait de la réception du roi Contran dans la ville capitale de son royaume (585), lorsque, rapportant qu'une foule immense de peuple, avec enseignes et bannières, se porta au-devant du prince en chantant des louanges, il dit qu' « on entendait ici la langue des Syriens, là celle des Latins, ailleurs même celle des Juifs, retentir diversement en louanges diverses*». Néanmoins l'influence des Syriens à Paris, où l'un des leurs, le marchand Eusebius, parvenu en 591 au siège épiscopal à force de présents, confia toutes les fonctions de l'église à des Syriens de sa famille^, ne permet pas de douter qu'ils ne constituassent dans certaines villes une fraction importante de la population .

Ce que nous venons de dire des Syriens nous amène naturelle-

•1. Historia Francorum, 1. VII, c. xxxi.

Page 1