Historia Francorum, L VIII, c. i
3. Ibid., 1. X, c. XXVI. C'est aux marchands syriens de Paris que Jean de Launoy, le fameux érudit du xvii* siècle, attribuait la fondation de Téglise de Saint-Pierre des Ai-cis, église située dans la cité de cette ville, prétendant que du latin de Syriis on avait fait dâ AssyriiSy en français des Arcis (Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, t. II, p. 509), et Ton a appliqué la même étymologie à la rue des Arsis qui forme aujourd'hui la partie inférieure de la rue Saint-Martin.
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ment u parler d'autres étrangers appartenant également à la race sémitique, et qui habitaient en assez grand nombre dans certaines villes où ils formaient d'autant plus facilement une sorte de caste particulière que leur religion comme leur nationalité les éloignaient de la population indigène : nous avons nommé les Juifs, qui, dans le chef-lieu de la cité d'Auvergne, étaient représentés par un millier d'individus peut-être, avant l'an 576, date à laquelle l'évêque Avitus fut amené à leur donner le choix entre le baptême ou l'exil : un Israélite converti au christianisme avait été grossièrement insulté par ses anciens coreligionnaires le jour de Pâques, alors qu'il venait de recevoir le baptême et, quarante jours plus tard, les chrétiens, exaspérés par cet acte, avaient détruit la synagogue juive jusque dans ses fondements. Cinq cents Juifs reçurent le baptême; les autres, dont Grégoire ne donne pas le nombre, quittèrent la ville et se rendirent à Marseille*, où les sectateurs de la religion de Moïse furent, une quinzaine d'années plus tard, également contraints de confesser la foi chrétienne ou de s'expatrier*.
Les Juifs étaient nombreux aussi à Orléans, où ils acclamèrent le roi Gontran en 585^. Sans doute la persécution ne sévit pas sur ceux-ci comme sur leurs frères du royaume de Chilperic. Ce dernier prince, se préoccupant beaucoup de leur salut, en fit baptiser une quantité en 582, et plusieurs d'entre eux furent tenus par lui sur les fonts sacrés. Le Juif Priscus, de Paris, qui s'occupait du commerce des objets de luxe, et qui, l'année précédente, avait soutenu une véritable discussion théologique à Nogent-sur-Marne, avec le roi et Grégoire de Tours lui-même*, restant sourd cette fois encore aux exhortations royales, fut jeté en prison par ordre de Chilperic et ne recouvra la liberté qu'après avoir pris l'engagement d'embrasser le christianisme^.