Hisioria Francorum, 1. V, c. xiv et xix
3. DotnVaissele {Histoire générale de LanguêdoCy t. I", p. 656 à 660) a consacré une longue et savante note à la Septimanie et à Torigine de ce nom. Nous ne pouvons mieux faire que d'y renvoyer le lecteur curieux de connaître les opinions des divers auteurs qui se sont occupés de cette question et les critiques qu'on peut leur adresser.
4. Dans cette lettre» écrite à Avitus, Sidoine parle des Goths qui, dégoûtés plus d'une fois de leur Septimanie, font de fréquentes irruptions dans les pays voisins, comme l'Auvergne, pour les soumettre à leur domination : c Quod cujus meriti esse possit..., vel Gothis crédite, qui saepenumero ctiam Septimaniam suam fastidiunt, vel refundunt, modo inTÎdiosi hujus anguli etiam desolata proprietate potiantur. » (Epistolae, 1. III, ep. i.)Dom Vaissete {Histoire générale de Languedoc, t. I«', p. 658) remarque avec justesse que Sidoine appelle ici Septimania ce que, deux lignes plus bas, il nomme les anciennes limites
des Wisigoths : c quia, etsi illi veterum finium limitibus effractis >
i9i LA GAULE AU SIXIÈME SIÈCLE.
bizarre, il paraît désigner chez cet auteur une région toute différente de la Septimanie du vi® siècle, c'est-à-dire le pays que les Romains avaient cédé aux Wisigoths en Tan 418 et qui aurait été composé des six villes de la Seconde Aquitaine et de la civitas Tolosatium\ d'où l'expression Septimania. Le nom de Septimanie, qui semble n'avoir jamais été usité par les auteurs wisigoths ou espagnols, serait donc constamment employé, du v« au VIII* siècle, de ce côté des PjTénées, comme dénomination du pays soumis aux Goths^, quelle que soit l'étendue de ce pays. Après Textinction complète de la puissance gothique^ il demeura durant quelques siècles encore, concurremment avec le nom de Gothie, à la partie de la Première Narbonnaise que les Goths avaient conservée après la bataille de Vouillé.
En dehors des provinces que nous venons d'énumérer, il ne nous reste plus à mentionner qu'une seule contrée importante, la Champagne, originairement région naturelle qui, dès le vi"^ siècle était devenue une circonscription politique.
La Champagne, Campama^ devait son nom à l'immense plaine crayeuse qui mesure une quarantaine de lieues du septentrion au midi, sur vingt lieues environ d'occident en orient, à cette plaine que limitent au nord les dernières ramifications des Ardennes, à l'est l'Argonne^ et la forêt de Lieu, au sud les forêts d'Othe et de Der, à l'ouest la forêt de la Montagne de Reims et la Brie. On ne trouve pas trace de cette dénomination avant le continuateur anonyme de la Chronique du comte Marceilin, qui cessa d'écrire en 566 et qui parle de la Champagne rémoise, Campania RejnemiSj dévastée en 556 par le roi Childebert !•'*. Grégoire parle aussi plusieurs fois de la Champagne de Reims ^, c'est—
1. On peut cependant objecter, à cette explication du nom Septimania, le texte de Prosper d'Aquitaine : c Data Secunda Aquitania et quibusdara civitatibus confînium proyinciarum >; car, malgré ce qu'en dit Vaissete (p. 659), les mots quibmdam civitatibus ne peuvent pas signifier Toulouse et les villes du Toulousain, qui, toutes ensemble, formaient seulement une cité, la civitas Tolosatium.
2. Grégoire, notamment, se sert du nom Septimania dans VHistoria Francorumj 1. VIII, c. xxviii, x\x et XXXV ; 1. IX, c. i, vu, xxiv et xxxi.