Historia Francorum, 1. II, c. xxiii
CIVITAS LINGONUM. 209
Langres, saint Grégoire, le bisaïeul de Tévêque de Tours, assista en 517 au concile bourguignon d'Epaone,
L'union de Langres au royaume d'Austrasie paraît être antérieure de dix ans à la soumission définitive de la Bourgogne par les Francs*. C'est à tort que M. Bonnell a supposé que cette ville fit partie du lot de Childebert, tandis que Théoderic ou Théodebert aurait eu la portion de la civitas Lingonum où Dijon est situé*. Le vaste territoire des Lingons appartint tout entier au roi d'Austrasie ; le biographe de saint Jean de Réomé démontre le fait en ce qui concerne le Tonnerrois, l'auteur de la Vie de saint Valentin pour le Lassois, Grégoire de Tours pour le Dijonnais, de sorte que le sort du chef-lieu de la cité, plus à portée de TAustrasie que toutes ces régions, ne peut être l'objet d'aucun doute'. A la mort de Théodebald, fils et successeur de Théodebert (555), Langres tomba, avec le royaume d'Austrasie, à Clotaire P% le vieux roi de Soissons*.
Le partage de 561 ne plaça pas Langres sou§ l'autorité du nouveau roi des Francs orientaux : il fit entrer cette ville, avec la plus grande partie de l'ancien royaume de Bourgogne, dans le lot de Gontran. C'est là ce qu'attestent les conciles réunis par les soins de ce prince à Lyon en 567, à Paris en 573, àMâcon en 581 et 585, conciles auxquels l'évêque de Langres prit part; c'est aussi ce que prouvent les circonstances de divers faits rapportés par Grégoire, tels que Tordination de Monderic comme .évêque de Langres avant 573 ^, la confiscation des biens d'un Langrois qui avait tué le diacre Pierre, frère de Grégoire de Tours ^, et enfin la capture de plusieurs fugitifs au tombeau de saint Seine ^.