‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 19 sur 597 · CASTRUM. — VICUS · texte numérisé non relu

CASTRUM. — VICUS

et ces lieux sont presque toujours pourvus d'une basilique. Afin de rendre ce fait plus saisissable, nous donnons ici une liste des vtci mentionnés par Tévêque de Tours, en accompagnant d'un astérisque les noms de ceux dont Téglise existait assurément au VI* siècle :

* Allngavitty Langeais.

* Ambacia, Âmboîse.

* Arisiiumy Mais.

Arthona, Artonne.

Atroa, Anie.

Avallociumy Ilavelu.

' Balatedo, Balesmes.

BecciacnSj Bessav.

' Bricca, Brèches.

* Briotreidis, Brizay.

Brioa Curretia, Brive-la-Gaillarde.

' Brivae, Brives, à Bourges.

" BrivaSy Brioude.

'BrixiSy Braye, auj. Beignac.

* Caino, Chiiion.

' Calatonnum,

* Cerate, Géré.

* Cisomagtis, Ciran-la-Lalte.

Co/MW»a, Saint-Père Avy-la-CoIj :i1jj.

* Condate, Carides.

Comulius, Gorps-Nuds.

Cracatonnum, Graon.

Crovium,

Dolunij Déols.

* Dolu$y Doius.

Etaunum, Évaux.

*Evena, Es?res.

Gaudiacus, Joué.

Geina, Gennes.

Iciodoruniy Issoire.

' hiodorum, heure.

Lambriy Laml)res.

' iMudiaciiSf Montlouis.

* LicaniacuSf Saint-Gerniaia-Lembron.

Lipidiacus,

* Luccae, Loches.

LuciliacuSy Luzillé.

MantolomaguSy Manthelaii.

MauriopeSy Pont-sur-Seine.

* Mediconnum, Mougon.

* Musciacae, Moissat.

*Nazarii {vicu$ beati)y Saint-Nazaire.

' Nemptodoj*umy Nanterre.

' NereuSy Néris.

NobiliacuSy \ Neuillé-le-Lierre, Ncbillé-

NoviliacuSy > le-Pontpierre et Neuillé-

NoviliacuSy ) Je-Noble.

Octavus, Saint-Symphorien d*Ozon.

* OrbigniacuSy Orbigny.

' PiHSciniacuSy Pressigny-Je-Pelit.

Ratiatumy Bézé.

^Reontiurriy Bions.

* Ricomagus, Biom.

'RotomaguSy Poiit-de-Ruan.

Sexciacus,

* SoUmacuSy Sonzay.

Talva, Tarbes.

' TaunacMy Thuré.

* TomomaguSy Tournon-Saint-Narlin.

TramaliurHy Trezelle.

* Vemadurriy Vernou.

* Yibriacus,

* VodollacuSy Bouliac.

Vultaconnumy Voullegon.

Parmi ces nombreux viciy on en remarque deux, Chinon [Caino) et Loches {Luccae)^ qui portent aussi chez Grégoire le titre de castrum. Or, au dernier chapitre du livre X de VHistoria Francoruniy Chinon, de même que Loches, étant nommé en compagnie d'autres vici que les évêques de Tours pourvurent d'une église, on pourrait supposer que le nom vicus ne leur est donné en cet endroit que par généralisation ; cependant il n'en est pas ainsi, car, ailleurs et par deux fois, Chinon est encore qualifié vicus.

18 l\ GAULE AU SIXIÈME SIÈCLE.

Victis s'entendait donc parfois d'un groupe quelconque d'habitationSy sans égard aux ouvrages de défense qui pouvaient enclore cet ensemble de constructions, et il paraît même que Tévêque de Tours emploie une ou deux fois ce terme pour désigner le chef-lieu d'une cité. C'est du moins le sens qu'il pourrait avoir dans cette phrase de Grégoire : c< Marcel, évêque de Paris {a?'bîs Parisiacae)^ qui jadis, comme on le lit dans sa Vie, chassa un serpent de la ville [ab opido)^ repose maintenant in ipsius civitatis vico. » Mais on peut, avec M. Bordier, traduire in ipsius civitatis vico par «dans le faubourg de cette ville», d'autant plus aisément que la sépulture de saint Marcel se trouvait à une certaine distance de la Cité, sur le mont Cetard, au lieu où une église s'éleva depuis sous l'invocation du bienheureux. 11 est plus difficile d'attribuer ce sens à vicus^ lorsque Grégoire parle du tombeau de Crescentia qui se voyait in vico Parisiorum, non loin du lieu où est l'église qu'on dit la plus ancienne {senior), surtout si celte senior ecclesia était, comme le pensent les commentateurs, l'église cathédrale de Paris.

Suivant Jacobs, Grégoire fait quelquefois de vicus le synonyme de domuSy et il cite à l'appui de son assertion deux exemples de cette prétendue synonymie : c'est d'abord le rapprochement de deux textes dont l'un mentionne Iciodorensis vicus et l'autre Iciacensis domusy que Jacobs * traduit également par Issoire (Puyde-Dôme), quoique le second de ces noms désigne incontestablement Issac-la-Tourette (même département), comme nous le démontrons plus loin. L'autre exemple, tiré des dénominations de Sexciacensis vicus et de Sexciacensis domus, appliquées toutes deux à un lieu du Bigorre, n'est sans doute pas plus décisif; nous ne tenterons même pas d'infirmer le raisonnement de notre devancier, en distinguant le vicus et la domus, ce qui serait assez facile, puisque Jacobs hésitait sur l'attribution du nom Sexciacus entre cinq localités voisines de Tarbes : nous nous contenterons

1. Jacobs aurait pu encore citer à Tappuide son opinion le chap*xîA'in des MiraculA beaii Juliani, où Gré()[oii*c donne indifféremment le nom de dofuus el de vicus ù une localité d'Auvergne : c Nanninus igilur, preshyler donius Vibriacensis, martyris Juliani gloriosi reliquias expetivit, quas... tulit usque ad basilicaiu sancti Ferreoli, quae procul ab ipso vico sita est. >

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