VILLA
Le mot villa s'applique, chez Grégoire, aux localités les moins considérables, aux centres d'exploitation agricole, aux maisons de campagne des rois francs. La t;///a n'est pas pourvue d'une église comme le vicus; on y trouve cependant un lieu consacré à la prière, un oratoriumj n'ayant sans doute qu'un caractère privé, et c'est là le cas de la villa de MarciacuSy en Bordelais, aujourd'hui Marsas (Gironde). La villa dépendait d'un vicus; aussi Grégoire désigne-t-il la villa Themellurrij en Touraine, comme une villa du vicus Ambaciensis (Amboise),
L'historien des Francs n'est pas d'accord avec l'usage de son temps lorsqu'il applique le nom villa à des localités d'un ordre aussi modeste ; il se conforme au sens qu'avait ce substantif chez les anciens auteurs latins. On trouve au contraire des écrivains du v"" siècle, Rutilius Numatianus par exemple, attribuant à villa le sens actuel du mot français village^, en en faisant par conséquent un équivalent de vicus. C'est dans cette dernière acception que le mot villa paraît généralement être employé au vi** et au vu*" siècle, en Gaule du moins, et dans le langage usuel. En effet, les chartes mérovingiennes ne parlent pas ou parlent fort peu du vicus : leurs rédacteurs ne semblent guère connaître immédiatement au-dessous du castrum que la villa^ centre d'habitations accompagné parfois de plusieurs églises. Ainsi, un des plus anciens actes connus de l'époque franque, le diplôme de Childcbert I" donné à l'église de Paris en 558, mentionne la villa Cellas nominatay cum basilicisy appendiciis^ etc. ^.
Nous donnons ici la liste des villae nommées par Grégoire, en