‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 215 sur 597 · Historia Francorum, 1. X, c. xxxi, S · texte numérisé non relu

Historia Francorum, 1. X, c. xxxi, S

8. Mabille, Essai sur les divisions territoriales de la Touraine, p. 102-103.'

9. Ruinart, Greg, Turon, Opéra omnia, col. 40. — Mabille (Notice sur les divisions territor. de la Touraine, p. 109) n'hésite pas à placer les deux baptistères près de la

Sancti Joannis Baptistae ecclesia. — Oulrc les deux baptistères, il existait à Tours un autre oratoire muni par Grégoire de reliques de saint Jean-Baptiste. Cet oratoire était situé à T entrée de la basilique de Saint-Martin, et Grégoire rapporte un prodige accompli en ce lieu par le mérite du précurseur du Christ*.

L'oratoire en question, étant un appendice de la basilique, ne peut être identifié avec une abbaye dite de Saint-Jean que mentionnent des documents du ix^ et du xi"" siècle, et qui dès 8o5 dépendait de la collégiale de Saint-Martin^. Ruinart rapporte que, de son temps, on identifiait cet oratoire avec celui où le chapitre • de Saint-Mailin avait coutume de s'assembler, et qui était en effet consacré à saint Jean-Baptiste ^ ; mais il ne donne pas de notions sur sa situation précise, et l'oratoire dont parle Grégoire pourrail êtrç reconnu aussi bien dans une vieille chapelle également

basilique de Saint-Martin. Nous pensons qu*il a été conduit à cette opinion par la présence du mot basilica qui, dans les passages précités de Grégoire, accompagne toujours la mention des baptistères; mais basilica n'est pas employé spécialement par Tévéqae de Tours pour désigner la basilique de Saint-Martin. Pour notre auteur, comme pour ses contemporains, ce mot a un sens aussi étendu que le français église , et, lorsqu'il n*est accompagne d'aucune appellation particulière, il signifie l'église par excellence d'une ville, c'est-à-dire la cathédrale. Dans le texte relatif à la construction d'un nouveau baptistère, il ne peut y avoir aucun doute, car l'expression ad ipsam basilicam se rapporte à l'église cathédrale dont Grégoire vient de raconter la réédification. L'impartialité nous oblige cependant à reconnaître que les deux faits sont séparés dans le récit de Grégoire par deux incidences qui peuvent dérouter un lecteur trop pressé : la première rappelle le dépôt des reliques de suint Cosme et de saint Damien dans la cellule de Saint- Martin contigué à l'église cathédrale; la seconde concerne la réparation des basiliques de Perpetuus détruites par le feu. Or, la première de ces incidences a été mal comprise, même par les derniers traducteurs de Grégoire (Bordier, t. H, p. 305; Guizot, revu par Jacobs, l. Il, p. 160). L'un traduit in cellula Sancti Martini ecclesiae ipsi contigua, par ces mots : < dans la cellule de la basilique de Saint- Martin contiguë à la même église >; l'autre par ceux-ci : c dans une cellule de l'église de Saint-Martin contiguë à la cathédrale»; et Mabille a pu commettre un contre-sens semblable. Le lapsus de Mabille provient surtout, croyons-nous, d'une comparaison de ce texte avec un autre passage de Grégoire {Degloria martyrum), c. xv), où notre auteur mentionne un oratoire renfermant des reliques du précurseur du Christ et situé dans Taitre de la basilique de Sainl- Martin (voyez l'article suivant). — La même méprise a conduit M. Jules Quicherat à écrire, dans son beau travail sur la Restitution de la basilique de Saint-Martin de Tours, la phrase qui suit : «Je donnerai au baptistère [de Saint-Martin] la forme octogone, suivant l'usage du temps; et comme nous savons qu'il contenait des reliques de saint Jean et de saint Serge, j'y ajouterai deux absidioles pour mettre les autels sous lesquels ces reliques furent déposées (G du plan). »

Page 1