De gloria martyrumy c. xc
284 LA GAULÉ AU SLXIÈME SlÊCLfc:.
miraculeuse d'un aveugle, et, à ce propos, Thistorieu rappelle qu'il a parlé de cet aveugle daus un livre de la Vie de saint Nizier, « car il est convenable, dit-il, qu'un miracle commun aux deux saints soit rapporté dans les écrits qui les concernent* »• La Vie de saint Nizier, écrite par notre auteur, contient en effet le récit de cette guérison, et dans cette seconde relation Grégoire nomme le lieu du miracle. C'était la paroisse de Paternacus, où, lors de la dédicace de l'église, il avait déposé quelques fils d'un mouchoir que saint Nizier portait à son lit de mort; mais ici il n'est plus question de saint Julien. Les paroles attribuées par Grégoire à celui qui conseillait à l'aveugle d'implorer le secours de Nizier peuvent même donner à penser que l'église de Paternacus était, peu de temps après sa fondation, désignée sous le nom de basilka sancti Nicetii : a Si tu veux être guéri, disait cet homme, va te prosterner, en priant, devant la basilique de saint Nizier et tu recouvreras la vue ^. » Ainsi, malgré l'intention du fondateur de l'église, saint Julien était déjà descendu à un rang secondaire, ou du moins il y tomba lorsque le bruit de la puissance de saint Nizier se fut répandu. Quoi qu'il en soit, il est curieux de constater que, jusqu'aux temps modernes, les deux saints honorés à PaternacuSy aujourd'hui Pernay (Indre-et-Loire, arrondissement de Tours, canton de Neuillé-Pont-Pierre), sont restés dans la même situation l'un vis-à-vis de Tautre. En effet, les documents consultés par Mabille pour la confection de son pouillé du diocèse de Tours s'accordent à désigner Téglise de Pernay sous le nom de Saint-Nizier ^, et, tandis que le bienheureux évêque de Lyon présidait à l'église paroissiale, saint Julien demeurait le patron d'une petite chapelle rurale située à 200 mètres au nord du bourg, sur la route de Saint-Mard-la-Pile*. Cette chapelle, entièrement