Géographie de Grégoire de Tours et de Frédegaire, p
6. A. delà Borderic, Annuaire historique et archéologique de Bretagne^ année 1861, p. 18.
3fJ« LA GAULE AU SIXIÈME SIÈCLE.
Rennes, mort en 530 : les chrétiens, dit-il, l'avaient surmonté d'une construction (fabrica) extraordinairement élevée, que l'incendie détruisit sans endommager la tenture de lin (palla imea) qui recouvrait le sépulcre du bienheureux confesseur*. Saint Melaine avait été enseveli dans un monastère fondé à Bonnes, de concert avec Paternus, évêque d'Avranches, et qui fut depuis connu" sous son nom^ : l'église abbatiale de Saint- Melaine, qui subsiste encore sur le point le plus élevé de la ville, entre l'archevêché et la promenade du Thabor, est placée depuis 1845 sous l'invocation de Notre-Dame.
CORNUTIUS, viens. — En l'an 579, les Bretons dévastèrent le pays de Rennes et s'avancèrent victorieux jusqu'au village de Comutius que Grégoire dit êlre situé in regione Rhedonica^, et dont le P. Lecointe traduit le nom par celui de Cornus^. Jacobs, après avoir d'abord cherché inutilement à fixer la situation de ce lieu, dit pouvoir, grâce à Tobligeance de Lejean, « en préciser remplacement sur la rive gauche de la Vilaine entre la Seiche et la Bruc, à 20 kilomètres sud-est de Rennes (llleet- Vilaine) *. »> Cette indication est légèrement inexacte, car le vicus CornutiuSj situé, il est vrai, entre la Seiche et la Bruc, ne se trouve pas cependant sur la rive gauche de la Vilaine, qui coule à 12 kilomètres de là. Jacobs aurait dû, en outre, j faire remarquer que l'orthographe actuelle du nom de Cornus j
est Corps-JXuds, orthographe assurément absurde, bien que consacrée par l'administration. Ce village (llle-et— \ ilaine, aiTondissement de Rennes, canton de Janzé) est encore nommé Cormitiiis dans les actes du xii'' et du xiii*' siècle®.
CIVITAS NAMNETIJM. 309
§ 5. — CIVITAS NAMNETUM.
Namnetas , forme accusatïve *, et urhs Namnetica ^, sont les noms que Grégoire emploie pour désigner Nantes, dont il appelle le territoire urbs Namnetica^, civitas Namnetica^, terminus Namneticae urbis ^, territorium iirhis Namneticae ^, territorhim Namneticum^ et Namneticum^. \J^(ï]ecX\i Namneticus est le seul ethnique dont il se serve ^.
Grégoire nous révèle, en termes fort clairs, une divergence
entre les limites de la civitas Namnetica du vi*" siècle et le diocèse
de Nantes tel qu'il subsistait en 1789 : « Sur le territoire de
Poitiers qui touche à la cité de Nantes, dit-il, c'est-à-dire dans
le village de Rézé (m vico Ratiatensi)^ repose un certain Lu-
pîanus qui mourut dans les aubes du baptême ^^. » Rézé étant
situé sur la rive gauche de la Loire, en face de Nantes, ce texte
prouve que le fleuve formait encore, comme au temps de Stra-
bon et de Ptolémée, la limite des cités de Nantes et de Poitiers.
On sait, du reste, que l'extension du diocèse de Nantes au delà
de la Loire fut le résultat de la cession du pagus Ratensis^ ou
pays de Retz, au roi de Bretagne Erispoé, en 852 ".
L'évêque de Tours rapporte que la ville de Nantes fut assiégée par les Barbares « au temps du roi Clovis ^* » . Ces paroles suffiraient, pensons-nous, à montrer que la civitas Namnetum fit partie des Etats du conquérant, lors même que Téveque Epi-