‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 29 sur 597 · Historiae, 1. V, c. xxxiv · texte numérisé non relu

Historiae, 1. V, c. xxxiv

i. Historia mUuralis, 1. lil, c. xvii. — Depuis deux siècles, les érudits ont cru reconnaitre le pays des Vertacomicori dans une contrée du diocèse de Die, encore connue aujourd'hui sous le nom de Vercors (Vercarium); mais celte dénomination n'a en réalité aucun rapport avec celle de la peuplade gauloise, dont il vaut mieux avouer qu'on ignore la demeure précise.

5. «Laus caseo Romac, ubi omnium genlium bona cominus judicantur, e provinciis Nemausensi praecipua, Lesurae Gabalicique pagi. ^ (Historia naturalisa 1. XI, c. xlii.)

6. Ce fait résulte de plusieurs passages de César relevés par d'Anvillc {Notice de fùTicienne Gaule, v^ Gabali); mais la mention qu'on trouve des Gabali chez Strabon et Ptolémée semble prouver qu'ils formèrent, peu de temps après la conquête, une cité particulière. Aussi est-il probable, contrairement à l'opinion exprimée par Jacobs (Géographie de Grégoire de Taurs, p. 58), que Pline n'aurait pas dû attribuer le rang de pagus au territoire des Cabales.

7. c Deinde Menapii, Morini, Oromansaci juncti pago qui Gessoriacus vocatur. » {Historia fMluralis, 1. V, c. xvii.)

8. Sur la distinction à établir entre Gessoriacum et Bononiaj voyez la Géographie historique de la Gaule romaine (t. I^ p. 364-375), où M. E. Desjardins démontre que Gessoriacum ou plutôt Gesoriacum était situé à Bréquerecque, près de Boulogne.

C'est bien encore une subdivision de la civitas qu on doit reconnaître dans les pagi mentionnés par un certain nombre d'inscriptions de la Gaule remontant à l'époque impériale et parmi lesquels nous trouvons le pagus Vennectis^ chez les Rémois ; le pagiLS Toutactus^ chez les Senones; le second joaj/w^ du municipc d'Auxerre {pagus secundus municipii Autessioduri) ; le pagus Condatensisy chez les Segiisiaves ; puis, dans la Province romaine, le pagus Aletanvs, le pa^us Bag[ensis]y le pagus Epotius et le pagus des Julienses^ chez les Voconces ; le pagus Ligirrus (cité de Cimiez), le pagus Lucretius (cité d'Arles), le pagus Maiavonicus (cité de Riez) et le pagus Vordensis (cité d'Apt*).

Les /?a^2 de Tépoque romaine étaient de véritables divisions territoriales, ayant une administration propre. Les anciens auteurs latins, les textes des lois, les monuments épigraphiqucs qui parlent des magistri, des pjraepositij et des praefecti pagorum^y ne laissent aucun doute à cet égard; mais on aurait tort de croire que les pagi de l'époque franque dérivassent en aucune façon de ces pagi romains, dont la circonscription, tout au moins pour la partie de la Provence voisine de la Durance, où le territoire de la civitas était lui-même assez exigu, ne devait guère avoir une étendue plus considérable que celle de nos cantons modernes. Nous quitterons donc ce sujet pour parler du pagus des temps mérovingiens.

Dans les monuments diplomatiques de cette époque, et des le vi"" siècle, le mot pagus est appliqué à un territoire plus vaste que la circonscription ainsi qualifiée par les textes épigraphiqucs de l'âge antérieur; il désigne le territoire régi par un comte et qui, à l'origine, n'avait d'autres limites que celles de la civitas.

Cependant Grégoire n'emploie pas pagus dans un sens aussi arrêté. Cet écrivain, de race sénatoriale, imbu qu'il était des institutions du monde romain, emploie assez fréquemment ce terme en parlant du finage de localités d'ordre inférieur, telles, par ej^emple, que les vici : le pagus de l'évêque de Tours pour-

1. Deloche, Études sur la géographie historique de la Gaule, p. 373-376 du tome IV, \^ partie, des Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des inscriptions.

2. Ihid.y p. 378-380. —Voyez aussi Jacohs, Géographie de Grégoire de Tours, p. 6:2-63.

raît être, dans ce cas, à peu près Tanaloguc du pagus mentionné par les inscriptions de Tépoque impériale. Quelquefois aussi notre auteur, se conformant au langage des actes publics, appelle de ce même nom le territoire de la civitas ou mieux du pays régi par un comte; ailleure, enfln, le territoire d'un castrum^ ou bien certaines régions naturelles sont également désignées sous ce nom de pagus.

Le moipagits est attaché, huit fois au moins, à des noms de vici; aussi trouve-t-on, mais chez Grégoire seulement, la mention du pagus Balbiacensis^ du pagus Berravensis^^ du pagus Camonensis^y du pagus Iciodorensis^y du pagus Lipidiacensis^, du pagus Nobiliacensis^ j du pagus Transaliensis'^ et A\\ pagus Vosagensis^, que M. Guérard a fait figurer, ainsi que les pagî des textes épigraphiques, dans son tableau des divisions territoriales de la Gaule franque.

Il désigne le territoire d'une cité dans les six cas suivants : pagus Biturigi territorii^j pagus Pictavensis *®, pagus Reinetisis ", pagus Suessioniais^^y pagus Tholosanus^^ Qi pagus Tornacensis^^.

Il représente seulement une fraction de la civitas ^ c'est-à-dire la circonscription dont un castrum est le chef-lieu, lorsqu'il est joint aux noms de M^//rfwwwm*^ (Melun), de S/a/wjoa^ *^ (Etampes) et de Temodorum^'^ (Tonnerre). Les territoires dépendant de ces châteaux sont ce que nous appellerons des pagi mérovingiens . de la seconde époque.

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