‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 304 sur 597 · Vitae PaU^m, c. vm · texte numérisé non relu

Vitae PaU^m, c. vm

7; Courialon, Topographie historique de la ville et du diocèse de Troyee, t. l*s p. W*

CIVITAS TRICASSIUM. 335

gantes. On vit des érudits soutenir que le Mauriacus de Grégoire n'était pas différent de Mauriac en Auvergne; ceux-ci retrouvaient le nom des campi Catalaunici^ que Jordanès identifie avec les campi Mauricii (lisez Mauriacï)^ dans celui de la plaine de Cantaleix, située entre Mauriac et Aurillac, et ils signalaient au milieu de cette plaine, d'ailleurs très-étendue, une croix appelée « la Croix des batailles » . Un historien des comtes de Toulouse cherchait, d'autre part, les campi Catalaimici sur les bords de la Garonne, non loin de Castel-Sarrazin, dans la plaine d'Escatalens, ou, comme on écrivait alors, de « Catalents ». Il fut bientôt suivi par d'autres rêveurs, qui dérivaient le nom d'une ville voisine, Montech, du latin Mons Aetiiy et qui reconnaissaient le fameux ruisseau dont parle Jordanès, ce ruisseau extraordinairement gonflé par le sang des combattants, dans un petit cours d'eau qu'ils nomment le Ruisseau sanglant*. Les chroniqueurs du Hainaut croyaient que la bataille avait eu lieu dans les Pays- Bas et se prononçaient pour les « Champs des Huns, » près de Bois-lc-Duc^. Il ne serait pas impossible qu'on eut aussi songé à la Catalogne pour représenter les champs Catalauniques.

Cependant dès la fin du xvi® siècle, en face des textes si positifs indiquant la Campania ou les campi Catalaunici, on se résigna généralement à chercher en Champagne le théâtre de la victoire d'Aétius : ce fut alors qu'une certaine analogie entre Mauriacus et les noms de Moru et d'Elmoru (aujourd'hui Maurupt et Heiltz-le-Maurupt), villages du diocèse de Châlons qui ne sont situés qu'à une faible distance (6 kilomètres) l'un de l'autre, fit croire que la bataille s'était livrée à l'extrémité orientale de la Champagne châlonnaise ^; mais on ignorait que Maurupt, dont le nom latin est Malus Rivus^ n'existait pas avant le xii*' siècle*, et qu'Heiltz-le-Maurupt, ou plus exactement Heiltz-

1. Fauchet, le$ Antiquités gauloises et françaises, édit. de 1611, p. 97-98.

2. C'est du moins ce que rapporte Wassebourg, Antiquitez de la Gaule belgicque^

f"» Liv v«.

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