rf., l. XXXI, p
G. 11 ne devait pas y avoir de roule mesurée pour relier la colla de Patrocle au monastère que ce religieux fonda ensuite à Colombier (Allier); cependant Grégoire dit que Go-
d'exactitude dans l'énonciation des distances. H résulte toutefois des diverses indications données par Tévêque de Tours que, sous sa plume, le mot 7nilliarium signifie une distance de mille pas romains et non d'une lieue gauloise : à plus forte raison, doit-il en être ainsi chez le continuateur italien de Prosper. Si Ton veut ensuite chercher Mauriacus à une distance de cinq milles romains, soit 7405 mètres, de Troyes, on est bien vite convaincu, en raison de la configuration topographique des environs de cette ville, de Timpossibilité de trouver la campania Maurnacensis de Frédegaire dans un rayon aussi étroit.
Le texte du continuateur de Prosper contient très-certainement un chiffre erroné, et cela n'offre rien d'étrange, si Ton considère qu'il nous a été conservé seulement par un manuscrit du xi^ siècle, et qiie les chiffres de distance sont quelquefois manifestement altérés endos ouvrages dont nous possédons plusieurs copies anciennes *. Une chose reste cependant acquise : c'est que, d'après ce nouveau document, Mauriacus était situé dans la Champagne {in Campania) et à une assez faible distance de Troyes. Quant à ce qui est de l'adjectif numérique auquel s'est substitué le mot quintum^ on est réduit aux conjectures. La plus simple serait assurément celle qui corrigerait quinte en quinto decimOy et Ton aurait ainsi l'indication de Mauriaciis à quinze milles, c'est-à-dire à 22215 mètres de Troyes, ce qui convient parfaitement à l'intervalle qui sépare Moirey de cette cité.
MAURIOPES, vicus. — C'est le nom sous lequel est désigné le lieu où Tranquilla , veuve de Sichaire, citoyen tourangeau, se retira chez ses parents et où elle se remaria. Sichaire possédait des biens en Touraine et en Poitou, et il résulte suffisamtment des paroles de Grégoire que MawHopes n'appartenait à aucun de ces
lombier était situé a guinque milliaribu^ de la cella {Vitae Pairurthy c. ix, § 3), et cetle distance est évidemment exagérée, car on ne compte aujourd'hui que 5 kilomètres de la Celle [-Saint-Patrocle] à Colombier. L*évéque de Tours donne aussi en milles romains la dislance *de Tours à Montlouis, d'ivoy au monastère fondé par VVulGlaïc, de Poitiers à Vouillé, de Clermont à Cournon et de Clialon à Tournus.
1 . H en est du moins pour le De gloria maritjrum, où les manuscrits portent que Tournus est situé « quadragesimo a Cavî/Zon^mi ur6^mt7/iario>, tandis que Grégoire avait sans doute écrit W^ (vicesimo) pour xvm.
CIVITAS TRICASSIUM. 341
deux pays, où l'on ne rencontre, du reste, an moyen âge, aucune denoniînalion analogue*. Ruinart^, et après lui Jacobs^, nous semblent avoir été heureusement inspirés en rapprochant le nom de Mauriopes de celui de pagus Mauripensis ; mais ils se sont trompés à la suite de Valois en identifiant ce pagus avec le Hiirepoix. On ne doit en effet tenir nul compte de l'analogie prétendue de Mauriopes et de Mérobes, nom d'une simple ferme de la commune de Sermaises (Loiret, arrondissement de Pithiviers, canton de Malesherbes) , que Jacobs dit être comprise dans le Uurepoix ; il ne semble pas en effet que Mauriopes ^ avec Taccent tonique sur r2 bref, ait pu donner un autre produit que Mauroy. Le pagus Mauripensis , dont Tappellation primitive , dérivée de Mauriopes j serait alors Mauynopensisj faisait partie de la civitas Tricassium^ et son territoire correspondait à peu près à celui du doyenné de Pont- sur-Seine, au diocèse de Troyes. Son nom s'est conservé au moins jusqu'au milieu du xm*" siècle dans celui du mont Morvois, montagne boisée qui domine Pont-sur-Seine et dont une partie fut enclose en 1 245 dans le parc de Pont, qu'établit le comte Thibaut IV. La comparaison du nom de mont Morvois avec ceux de mont Lassois et de mont Auxois que portent encore les montagnes où s'élevaient jadis Latisco et Alesia, chefs-lieux primitifs du Lassois et de TAuxois , nous autorise à croire que Mauriopes pouvait être situé sur le mont Morvois, et nous ne désespérons pas de voir, un jour, des fouilles heureuses confirmer notre hypothèse. En attendant, nous avons indiqué la situation du mont Morvois dans Tangle formé par deux voies romaines qui se réunissaient sans doute au pied de la colline : l'une de ces voies, la route de Troyes à Meaux par Chailly, longeait la montagne à Test, et traversait la Seine à Pont, tandis que l'autre venait de Sens par Traînel *.
1. c Tranquilla, conjunx Sicharii, relictis filiis et rebus viri sui in Turonico sive in Pictavo, ad parentes sues Mauriopes vicum expetiit. j {Historia Francoi^m, 1. ÏX,
2. Gregorii episcopi Turonensis Opéra omniay col. ^38, note e,