Ibid. — De gloria confessorum, c. lxxil
BELSONANGUM, villa in medio Ardoennensis silvae siia. — C'est en ce lieu que le roi Childebert réunit un plaid pendant la session du concile de Mâcon, en 585*. Les savants du xvi** siècle, guidés par une lointaine analogie de noms, ont cru pouvoir identifier Belsonancum avec Bastogne, ville du Luxembourg-, et ils faisaient tout au moins preuve, en cette occasion, d'un certain sens géographique, car Bastogne est véritablement situé en pleine région ardennaise. Jacobs fut moins bien inspiré dans sa préférence pour Bulson près de Sedan, village qu'il dit avoir a trouvé sur la carte de France au milieu des vestiges nombreux de la forêt des Ardennes^ » ; mais égaré sans doute par la trompeuse appellation du département dont Mézières est le chef-lieu, Une se rendait pas compte que la silva Arduenna ne s'étendait pas au sud en deçà de Sedan. Il paraît évident, en effet, qu'il ne faut pas chercher en France une localité qu'un auteur du vi® siècle place au milieu de la forêt des Ârdennes.
Il est impossible de ne pas rapprocher du texte qui nous occupe la mention, par un diplôme de 770, du locus qiiae dtcitur Benutzfeldj infra centina Belslango, infra vasta Ardimia^; le nom de Belslangum n'est évidemment qu'une forme plus moderne de celui de Belsonancum, dont Yo atone précédant la tonique est tombé et dont Vs finale s'est adoucie : Belslangum = Bels{oy nancuîn est situé in vasta Ardinna, et c'est assez pour permettre d'identifier la villa royale de Childebert avec le chef-lieu de la centaine signalée dans le diplôme de 770, c'est-à-dire avec le village actuel de Beslingen ^ (grand-duché du Luxemboui^, district de Diekirch, canton de Clervaux). Beslingen ou Nieder- Beslingen^, connu aussi sous le nom français Bas-Bellain, ne
i. Historia Francorum, 1. VllI, c. xxi.
2. Déjà le président Fauchet, parlant de Belsonancwn, disait : c Ce peut estre fiasteigne. » (Les Antiquités gatUoises et françaises, édit. de 1611, p. 26i.)