‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 369 sur 597 · Histona Francorum, l. IX, c. xxxvii · texte numérisé non relu

Histona Francorum, l. IX, c. xxxvii

4. Dormay, Histoire de la ville de Soissons (1663), t. !•% p. 244.

CIVITAS SUESSIONUM. 403

l'Aisne* » qu'on doit reconnaître dans celui de Soucy (Aisne, arrondissement de Soissons, canton de Villers-Cotterets) , les autres enfin l'identifiant avec le Mont-Notre-Dame* (arrondissement de Soissons, canton de Braine). Les deux dernières hypothèses sont les seules qui, à notre époque, aient conservé des partisans : Jacobs, suivant en cela le sentiment de Valois et de Ruinart, admit d'abord Soucy comme traduction du nom Sauriciacus; mais il répudia cette assimilation devant les représentations de feu Prioux qui, à l'exemple de Carlier, donnait la préférence au Mont-Notre-Dame. On regrettera sans doute qu'en changeant d'avis, notre savant devancier ait oublié de ruiner la cause de Soucy par quelque raison probante ; il pouvait y réussir en arguant du nom de Soucy, dont l'ancienne forme latine est Susciacus^ et non Sauriciacus. Les érudits qui ont accepté la proposition : « Sauriciacus = le Mont-Notre-Dame », ont cherché à la soutenir à l'aide de divers arguments qui malheureusement ne prouvent rien; leur point de départ même, qui consiste à identifier le nom de Sauriciacus avec celui d'un lieu dit du territoire du Mont-Notre-Dame, Saurèle, appelé SawWaci/m ou Saurea dans les titres latins, ne mérite pas discussion, car il faut distinguer Sauriciacus de Sauriacus*.

Nous croyons aussi, on l'a vu plus haut, que Sauriciacus doit être cherché non loin du siège épiscopal de Droctegisil, et c'est pourquoi nous ferons à peine remarquer que cette dénomination se retrouve dans celle de Sorcy que portent à la fois un village du diocèse de Reims, situé à l'est-nord-est de Rethel, et un village du diocèse de Toul, placé non loin de Commercy. La inlla SawHciacus^ si tant est qu'elle fut voisine de la ville de Soissons,

1. Valois, Notitia Galliammy p. 507. — Ruinarl, Gregorii Turon. Opéra omnia, col. 461, note if.

2. Cette opinion a été exprimée pour la première fois par Carlier {Histoire de ValoiSy t. !•', p. Ul-li2), et elle a été adoptée de nos jours par Jacobs, dans la seconde édition de sa Géographie de Grégoire de Tours.

3. Matton, Dictionn. topogr. du département de VÀisne, p. 2G5.

4. Notons aussi que l'identité des noms Sauriacus, Saurea et Saurèle est plus que douteuse, et que, du reste, on n'indique pas les litres qui font connaître les deux premiers. L'auteur du Dictionnaire topographique du département de VAisne, M. Aug. Matton, qui écrit Sauriacum pour Sauriciacus, en se référant au texte de Grégoire, ne men* tionne aucune charte relative à Saurèle (page 256 du Dictionnaire, v^ Saurèle).

a changé de nom, ou du moins, aura été détruite. Cette dernière hypothèse nous paraît la plus probable, car le nom de Sorcy est encore porté, à six lieues à l'est de Soissons, par un ruisseau qui prend sa source à Longueval (Aisne, arrondissement de Soissons, canton de Braine) et se jette dans l'Aisne après un cours de 4 kilomètres environ, auprès de Villers en Prayères*. Sorcy ne pouvant être à l'origine qu'un nom de lieu habité, nous pensons rester dans les bornes de la saine raison en supposant que le ruisseau Ta emprunté à une localité, aujourd'hui disparue, qui s'élevait sur ses bords et peut-être même à sa source ; dans ce dernier cas, Longueval, que Ton connaît à partir du xn"" siècle, pourrait occuper l'emplacement de Sauriciacus. Notre conjecture tire une certaine force, ce nous semble, de la situation des paroisses de Longueval et de Villers en Prayères dans deux évêchés différents, celle-ci comprise dans le diocèse de Laon, celle-là dans le diocèse de Soissons et à une faible distance, 4 kilomètres, du diocèse de Reims. On a quelquefois réuni en effet des synodes d'intérêt local sur les confins de plusieurs diocèses, afin de ménager sans doute l'amour-propre des prélats qui y prenaient part : c'est ainsi, par exemple, que, vers Tan 590, le synode chargé d'examiner la cause de Tetradia, veuve du duc Desiderius, se tint à la frontière de l'Auvergne, du Gévaudan et du Rouergue*.

§ 3. - CIVITAS CATALAUiNORUM.

Grégoire parle une fois seulement de cette ville qu'il nomme urbs Catalai(ne?isis^y mais il emploie à plusieurs reprises l'adjectif Catalaimensis en parlant de l'évêque et d'un diacre de la cité*.

Chàlons fut sans doute soumis aux Francs en même temps que Reims, c'est-à-dire en 486, à la suite de la défaite de Syagrius.

1. Les caries de Cassiiii et de l'État-inajor ne donnent pas le nom de ce niisseaa, qui est seulement indiqué par M. Aug. Matton» Dictionnaire topographique du départem. de VAisney p. 2G5.

2. Historia Franconim/\, X, c. vin. — Voyez plus loin (chap. XII, § 7) ce que nous disons du lieu où se tint ce syiioiie, au mot Helanus MONS.

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