Sidon. Apolliii., EpistolaOy I. V, c. vi
CIVITAS ARAUSlCOR(îM. 441
§ 6. - CIVITAS ARAUSICORUM.
Orange est à peu près dans le même cas que Vaison : Grégoire ne le mentionne pas, mais d'autres documents nous permettront d'indiquer quelques-unes de ses vicissitudes pondant le cours du VI* siècle.
Durant la guerre qui suivit la bataille de Vouillé (507) et dans laquelle les Francs et les Bourguignons, unis d'abord contre les Wisigoths, eurent ensuite à combattre les Ostrogoths, ceux-ci se rendirent maîtres d'un certain nombre d'habitants d'Orange, que saint Césaire, évêque d'Arles, racheta de la captivité^ On doit voir dans ce fait de guerre la preuve qu'Orange appartenait alors au royaume de Bourgogne : l'évêque de cette ville, Florentins, fut d'ailleurs, en 517, l'un des vingt-cinq prélats qnï assistèrent au concile bourguignon d'Ëpaone.
Le démembrement de la Bourgogne, commencé par la défaite du malheureux Sigismond en 523, livra Orange au roi d'Italie, et ses prélats paraissent dès lors aux synodes ostrogoths tenus en Provence au cours des années 524, 527 et 529, le dernier à Orange même.
Vitigès, troisième successeur de Théoderic, ayant cédé aux rois francs, en 537, ce que les Ostrogoths possédaient en deçà des Alpes, la civitas Araitsicorum fut comprise dans cet abaudon, et passa alors, semble-t-il, aux mains de Clolaire 1^', après la mort duquel elle fit partie du royaume de Gontran, comme il résulte de la participation de l'évêque Trapetius aux conciles de Valence (584) et de Mâcon (585).
§ 7. — CIVITAS CARPENTORATENSIUM.
La civitas C arpenter atensium y que ne nomme pas Grégoire, formait alors un diocèse dont l'évêque résidait peut-être plus souvent à Venasque qu'à Carpentras : en efiet, si les titulaires
1. Vitasancti Caetarii, 1. 1, c. xix, apud Mabillon, s^ec. i, p. 665. S. Voyez page 64.
de ce siège épiscopal prennent indiflFéremment à l'époque franque le titre d'episcopus Carpentoratensium ou celui Xepiscopus Vindascensium ^ y les mots civitas Carpentoratensium^ nunc Vindausca^y que portent un grand nombre de manuscrits de la Notice des cités, semblent indiquer que le titre « d'évêque de Carpentras » était une qualification archaïque.
Au début du vi"" siècle, la civitas Carpentoratensium était soumise aux Bourguignons, comme le prouve la souscription de Tévêque Julien aux actes du concile d'Epaone en 517 : mais elle passa, après les événements de 523, sous la domination des Ostrogoths, car le même prélat participait, en 524, 527 et 529, aux synodes tenus en Provence par les sujets du roi d'Italie. En suite de la cession de la Provence aux rois francs par Vitigès (337), Carpentras dut passer à Clotaire I"*, et, après la mort de ce prince (561), il fit partie du second royaume de Bourgogne^, gouverné successivement par Gontran, Childebert II et Théoderic II.
§ 8. — CIVITAS CABELLIGORUM.
Celte circonscription porte, chez Grégoire, le nom de territorium Cavillonensis urbis*.
Cavaillon était une des cités les plus méridionales de la Bourgogne, lorsque son évêque, Philagrius, assista en 517 au concile d'Epaone. Quelques années plus tard, après les premiers désastres essuyés par la nation bourguignonne dans la lutte contre les fils de Clovis (523), elle passa sous la domination du grand Théoderic, et le même Philagrius souscrivit aiu synodes ostrogoths d'Arles en 524, de Carpentras en 527 et
1. c Tetradius, episcopus ecclesiae Vendascensis », 573 (concile de Paris); cLicerias, episcopus ecclesiae Vindauscensis >, 648 (concile de Chalon). — C'est à Venasque que mourut, vers 540, saint Sifred, évêque de Carpentras {Gallia christiana, t. !•', col. 896). — A la fin du x* siècle, Etienne se qualifie encore évêque de Venasque {ibid,, col. 900).
2. Guérard, Essai sur le système des divisions territoriales, p. 25. — Dans plusieurs manuscrits'de la Notitia civitatum, le nom Vindausca a été altéré par suite delà faute d*un copiste, qui a changé le d en d.
3. C'est ce qui résulte de la présence de Févéque de Carpentras ou de Venasque aux synodes bourguignons de 573, 584 et 585.