Procope, De hello gothico^ 1. I, c. xiii
4. Historia Francorum, I. III, c. i et x.— Isidori Historia Goihorum, apud Bouquet, t. n, p. 702.
une portion quelconque de la Septimanîc : c'est le nom que nous pourrons donner désormais, avec les auteurs du \f siècle, à la partie de la Narbonnaise demeurée au pouvoir des Wisigotlis.
Deux ans après la campagne de Childebert, celui de ses frères auquel obéissait T Auvergne et autres cités voisines de la province gothique, le roi des Francs d'Austrasie, Théoderic, envoyait son fils Théodebert combattre les Gotlis. Le roi de Soissons, Clotaire, y dirigeait de son côté Tun de ses enfants, Gonthaire; mais ce jeune prince s'avança seulement jusqu'à Rodez et rebroussa chemin. Théodebert parvint au contraire jusqu'au territoire de Béziers, après avoir occupé par conséquent la cité de Lodève, dont l'évêque figure en 535 au concile de Clermont parmi les sujets du roi austrasien, et se rendait maître des forteresses de Dio et de Cabrières, situées dans la partie du diocèse de Béziers qui confine au Lodévois. Il porta aussi ses armes au delà du Rhône, et paraît même avoir été un moment maître de la ville d'Arles, que les Goths recouvrèrent cependant antérieurement à la mort du père de Théodebert, en 534 *. C'est sans doute entre la soumission de Lodève et le passage de Théodebert en Provence que les Francs s'emparèrent d'Alais et du diocèse d'Uzès qui séparent le Lodévois de la cité d'Arles : Alais, cheflieu d'un district de quinze paroisses enlevé aux Goths et évidemment démembré de la cité de Nîmes, fut Tobjet des reven-' dications de l'évêque de Rodez, au diocèse duquel il confinait; mais les rois d'Austrasie en firent un évêché particulier, qui fut réuni au diocèse de Nîmes après que celui-ci eut cessé d'obéir aux Goihs^. On doit peut-être attribuer aussi à cette expédition roccupationdeCarcassonne, qui serait restée soumise aux Francs pendant quelque temps, car on sait que cette place, comprise jusque-là dans la civitas Na?' bonen s mm , fut élevée elle-même au vi"" siècle au rang de ville épiscopale^, et l'on n'établissait guère
i. C'est du moins ce qu'on peut conclure de ceUe phrase do Grégoire : c Arelatensem cniiu lune ur])em Gotthi pcrvaserant, de qua Theudebertus obsidcs retinebat. » (flistoria Francorum, 1. IIÏ, c. xxiii.)
. 2. Voyez, dans la troisième partie de ce travail, l'article consacré à Arisitum (Alais). 3. Le premier évêque connu de Carcassonne est Serge, qui figura au concile de Tolède, en 589.
alors de nouveaux évêchés que dans des castra que les hasards d'un partage ou de la guerre détachaient de la cité dont ils faisaient partie : un fait semhle venir du reste à Tappui de notre hypothèse au sujet d'une occupation franque de quelque durée à Carcassonne sous les lils de Clovis, c'est la facilité avec laquelle cette ville accepta les Francs dans ses murs lors des deux expéditions que Contran dirigea contre la Septimanie en 585 et en 589*.
A la suite de l'expédition de Théodebert (533 à 534), il se passa plus de trente ans sans que la Septimanie fût attaquée par les Francs. Aussi Leuva, gouverneur de cette province, ayant été élu, en 567, roi des Wisigoths à Narbonne, chef-lieu de son gouvernement, ne quitta-t-il pas cette ville, dont le séjour lui était fort agréable. 11 fit plus : il associa son frère Leuvigilde à la couroime, et lui abandonna toute TEspague, ne se réservant que les pays situés en deçà des Pyrénées^. Le nouveau royaume de Septimanie ou de JVarbonne ne dura guère plus de cinq ans, car Leuva étant mort en 572, Leuvigilde réunit de nouveau la Narbonnaise à TEspagne. C'est sans doute à Leuvigilde qu'il faut faire honneur de la reprise de Lodève que Théodebert avait conquis en 533 ; l'historien wisigoth, Jean de Biclar, dit en effet que ce prince rétabht dans ses limites la « province des Coths », et Ton est certain qu'à partir de son règne le Lodévois ne cessa pas de faire partie du royaume wisigothique^.
Les Fi*ancs ne tentèrent plus rien sur la Septimanie avant l'année 585. A cette époque, le supplice d'Hermenigilde, fils du roi Leuvigilde et époux de la princesse austrasienne Ingonde, servit de prétexte à Contran pour porter la guerre chez les Coths. Si Carcassonne ouvrit les portes aux envahisseurs qui, peu de jours après, furent chassés de la ville à la suite de querelles avec