Yila sancti Caesaris, c. xv
5i LA GAULE AU SIXIÈME SIÈCLE.
près de Barcelone. Théoderic d'Italie, paisible p'ossessenr désormais de ce qui restait du royaume d'Alaric, le gouverna en qualité de tuteur du jeune Amalaric et conserva l'autorité souveraine jusqu'à sa mort, survenue en 526, alors que son pupille était âgé de vingt-cinq ans environ.
Grégoire de Tours rapporte que les Goths envahirent, après la mort de Clovis, une partie des conquêtes qu'avait faites ce prince, et Ton sait, grâce au même auteur, que la cité de Rodez, confinant à la Narbonnaise restée wisigothe, fut reprise par eux antérieurement à Tan 515*. Rien ne prouve cependant, comme le suppose dom Vaissete^, qu'ils aient aussi recouvré le Gévaudan et le Velay, situés en deçà du Rouergue ; TAlbigeois, placé au contraire au sud de ce pays, peut fort bien être retombé à ce moment sous le joug gothique.
A la mort de Théoderic d'Italie, toutes les cités de la Gaule que le grand prince ostrogoth avail réussi à maintenir ou à replacer dans son empire ne retournèrent pas toutes au roi des Wisigoths, qui faisait de Narbonne sa résidence ordinaire, et qui conclut alors avec son cousin germain Athalaric, l'héritier du trône d'Italie, un traité amical dont une des clauses était la cession de la Provence au nouveau roi des Ostrogoths, et qui donnait ainsi le Rhône pour limite aux deux Etats gothiques^. Amalaric songea ensuite à se ménager l'alliance des rois francs en épousant leur sœur Clotilde ; ce mariage causa malheureusement la perte du prince wisigoth, dont la conduite à l'égard de la jeune reine nécessita l'intervention de Childebert, frère de celleci : le fils d'Alaric, battu devant Narbonne par les Francs, périt peu de temps après de mort violente (531) *. Quant à Childebert, il revint en France après avoir pillé la capitale de son adversaire, et il ne semble pas qu'il ait tenté de soumettre à sa nation
1. C'est à celle date que saint Quinlien, chassé du siège épiscopal de Rodez par les Golhs, prit possession de l'évêché d'Auvergne. (Historia Franconim, 1. Ilï, c. ii; Vitae Patnim, c. iv, § 1.)