Ibid,, 1. V, c. L
l'assassinat du roi de Neustrie, et Gontran domina à son tour sur Bordeaux, dont les habitants concoururent à Texpédition que ce prince dirigea en 589 contre les Goths*. Toutefois le traité d'Andelot régla dès 587 le sort de Bordeaux, et il fut convenu qu'à la mort de Gontran, cette ville ferait retour à la reine Brunehaut et à ses héritiers*.
Grégoire parle de trois basiliques qui, de son temps, existaient à Bordeaux : l'une était dédiée à saint Martin, une autre à saint Pierre, la troisième à saint Séverin, l'un des premiers évêques de la ville.
Il paraît difficile de dire où était placée la basilique de Saint- Martin, dont on ne connaît pas d'autre mention qu'au troisième livre des Miracula beati Martini^.
La basilique de Saint-Pierre occupait sans doute le même emplacement que l'église actuelle de même nom, située non loin de la Gironde, en face de la rue de la Devise. L'évêque de Toors rapporte que l'autel de cette basilique était élevé sur une sorte d'estrade dont la partie inférieure, en forme de crypte, se fermait par une porte : la crypte avait aussi, paraît-il, mi autel particulier renfermant des reliques de saints*.
La basilique consacrée à saint Séverin, évêque de Bordeaux, était construite hors de la ville ^. On y établit une abbaye de l'ordre de Saint -Augustin, qui plus tard fut sécularisée*, et Saint-Seurin, telle est la forme vulgaire du nom de Saint- Séverin, subsista jusqu'à la Révolution comme église collégiale. C'est aujourd'hui l'une des églises paroissiales de Bordeaux, et l'on y voit encore une curieuse crypte avec tombeaux, moulures et sculptures de l'époque mérovingienne. L'église de Saint- Seurin jouissait, au xii* siècle, d'une grande réputation, car les traditions populaires ou les trouvères y indiquaient les tombes du vieux Fromond, du roi Girbert et de beaucoup d'autres héros