Gallia christiana, t. II, col
langue vulgaire, et ce vocable s'étendit depuis à tout le faubourg qui s'éleva autour de Tabbaye.
SIROJALUM. — L'autel de l'oratoire de ce lieu [oratorium Sirojalense) ayant été consacré par les mains de saint Martin de Tours*, cette circonstance parut suffisante au premier traducteur des œuvres complètes de Grégoire, l'abbé de MaroUes, pour placer Sirojalum en Touraine et l'identifier avec Ciran-la-Latte (Indre-et-Loire) •. Cette identification a été adoptée par la plupart des commentateurs de Grégoire, qui n'en reconnaissent pas moins aussi dans Ciran-la-Latte la monasterium Latta de VHistona Francorum '. D'autres auteurs du xvii* siècle, trompés sans doute par ce nom de Ciran, crurent que Sirojalum n'était autre que Saint-Cyran du Jambot (Indre) *•
Il est presque inutile de discuter ces deux opinions. Saînt- Cyran est un vocable religieux ; il indique une église dédiée à un saint abbé du Berry, Sigirannus , dont le nom a pris en français la forme de Cyran ou plus correctement Siran*^. Quant au nom de Ciran-la-Latte, il est certainement le produit du nom CisornaguSj qu'on rencontre aussi dans Grégoire. Sirojaluniy enfin, est un vocable qui, dans les pays de langue d'oïl, n'a pu produire qu'une forme, telle que Sireuil, ou par exception, Sireil ou Sireau ; c'est dire qu'il n'existe aujourd'hui en France que deux communes sur lesquelles puisse porter notre attention : l'une d'elles faisait partie du diocèse d'Angoulême, l'autre de celui deSarlat et, avant 1317, de celui de Périgueux.
Il est assez difficile d'attribuer à l'une plutôt qu'à l'autre de ces localités l'oratoire consacré par l'apôtre de Tours. Cependant le diocèse d'Angoulême étant limitrophe des diocèses de Poitiers et