Historia Francorum, 1. II, c. xxxvi
CIVITAS ECOUSMENSIUM. * 553
au nouveau roi de Paris, Charibert, qu'on sait avoir dominé sur les cités de Poitiers, de Saintes et de Bordeaux, limitrophes de la civitas Ecolismensium. Dans ce cas, lors du partage du royaume de Charibert entre les trois fils survivants de Clotaire (567), elle serait passée au pouvoir soit de Sigebert, soit de Chilperic, car son territoire fut en 575 le théâtre d'un des épisodes de la lutte fratricide de ces deux souverains : Théodebert, le propre fils de Chilperic, y trouva la mort en combattant et y reçut la sépulture*. Mais si Ton considère qu'Angoulême obéissait en 585 au roi Contran*, tuteur du jeune fils de Chilperic, et que le traité d'Andelot, conclu en 587 entre le roi de Bourgogne et le roi d'Austrasie, ne mentionne aucun différend sur la possession de cette cité, on n'hésitera plus à la compter^ de 567 à 584, au nombre des annexes du royaume de Chilperic.
Grégoire mentionne la cellule construite à Angoulême par le reclus Eparchius, qui y réunit quelques moines, et il raconte dans VHùtoria Francorum la délivrance miraculeuse d'un supplicié en l'attribuant aux prières du saint abbé ; il déclare avoir appris cet événement de la bouche même du comte [cornes) qiii prononça la condamnation ^. Le même fait est également rapporté dans le De gloria confessorum ; mais, d'après le second récit, le condamné aurait dû son salut aux prières que les religieux avaient prononcées sur le tombeau du bienheureux Eparchius*. Ce rapprochement, qu'aucun des commentateurs de l'historien des Francs ne paraît avoir fait jusqu'ici , démontre que la mémoire de l'évêque de Tours n'était pas toujours aussi sûre qu'on aimerait à le croire. Quoi qu'il en soit, sa dernière narration nous apprend que, bien peu d'années après le décès d'Eparchius, mort en 581 , la réputation du pieux reclus s'étendait déjà au loin. Le monastère qu'il avait fondé et où il avait reçu la sépulture fut plus tard connu sous son nom*, Saint-Cybar en