De gloria martyrum, c. lvi
CIVITAS SANTONUM. 557
retrouva, en 1843, un sarcophage monolithe dont le couvercle présentait l'inscription EVTROPIVS*.
Le tombeau de Tévêque Bibianus, situé, au dire de Grégoire, dans le faubourg de la ville, était sans doute, dès le vi* siècle, renfermé dans une basilique représentée aujourd'hui par l'église actuelle de Saint-Vivien, au nord de Saintes.
On n'a conservé à Saintes aucun souvenir d'un oratoire, voisin de l'église dédiée à saint Trojan, où reposaient dans un grand sarcophage deux corps, l'époux et l'épouse, qui étaient morts encore revêtus de la robe blanche du baptême*.
Il n'est pas non plus possible de déterminer l'emplacement de l'oratoire consacré à saint Martin dans la maison de Cardegisil, citoyen de la ville de Saintes (civis Santonicae urbis) dont Grégoire accepta l'hospitalité ^.
La basilique dédiée à l'évêque Trojanns, mort en 532, n'est également connue que par le témoignage de notre auteur^ ; elle était, semble-t-il, située au faubourg septentrional de Saintes et près de l'église de Saint-Vivien, puisque, selon Grégoire, «Trojanus, réuni à Bibianus dans le ciel, fut son voisin dans le tombeau ' » .
NÀJOGIALUM, villay in territorio Santonicb. — Suivant une tradition que Grégoire recueillit lors de son passage en Saintonge, les habitants de la villa Najogialum étaient obligés, avau le IV* siècle, d'aller tirer de l'eau à un puits situé dans la vallée à mille pas environ de la villa ; mais, grâce aux prières de saint Martin de Tours, qui cheminait dans ces parages, une source immense {forts immensus) jaillit non loin de Najogialumy qu'elle fournissait d'eau au temps de notre historien®.
Bien que l'on compte aujourd'hui dans l'ancien diocèse de Saintes quatre localités dont le nom soit le dérivé naturel de celui
1. Retme archéologique, année d845,p. 569-585, 718-720. — E. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. II, p. 362.