‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 552 sur 597 · Historia Francorum, 1. VII, c. xxxiv · texte numérisé non relu

Historia Francorum, 1. VII, c. xxxiv

6. Ihid., 1. VII, c. XXXVIII. — A cette même époque, Tévêque de Gomminges, Rufinus, assistait au concile bourguignon (?) do Màcon.

7. Vita sancti Bertrandiy § vi. — Celte Vie, écrite vers 1170 par Vidal, clerc du diocèse d'Âuch, a été publiée dans les Acta sanctorum, t. VII Octobris, p. 1173-1181.

mi \A GAULE AU SIXIÈME SIÈCLE.

vint célébrer le service divin après qu'il eut été sacré*. Le nouveau prélat s'attacha à rendre cet édiflce, fort modeste alors, digne du titre épiscopal : il le décora richement, et, tout gêné qu'il était « par l'étroitesse d'un lieu entouré de précipices », il fit construire a côté de l'église cathédrale un cloître où il plaça des chanoines de l'ordre de Saint-Augustin. L'ancienne ville de Convenae était déserte depuis longtemps, mais le mérite de Bertrand y attira une nouvelle population et elle fut bientôt réédifiée ^.

L'évêque Bertrand mourut en i 1 25, dans son église cathédrale, et le concours des fidèles qui se pressaient à son tombeau le fit considérer comme un saint. On l'identifia de telle manière avec la cité qu'il avait relevée, que, dès un demi-siècle après sa mort, la ville épiscopale était appelée la « ville de Saint-Bertrand» {urbs Sançti Berlrandif\ canonici Sancti Bertrandi est à la même époque la dénomination des chanoines que le bienheureux prélat avait institués*.

Depuis le xii'' siècle jusqu'à la Révolution, la ville de Convenae demeura, sous le nom de Saint-Bertrand, le siège de J'évêché du Comminges [Convenicum). Ce n'est plus aujourd'hui qu'un simple chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), dont la population n'atteint pas le chifire de 800 habitants, et Ton y voit encore les ruines du vieux cloître canonial*. La situation de Saint-Bertrand de Comminges sur un rocher isolé qui domine la plaine de la Garonne répond assez à la description que Grégoire a donnée du site de Convenae; mais

1. « Post cujus consecrationis solcmnitatem, cum vir sanctus ad suae civitatis ecdesiam rediisset, divinum ibidem celebraturus mysterium, faclus est de more venientum ingens concursus, gaudium in clero et eratlactitia magna in populo >. {Viia sancti Ber^ trandi, %yn\^ p. 1171).

2. c In monte quippe domus non erant; et ecce temporibus )iujus meritis exigentibus suis, bomines accesserunt et in monte civitatem habitationis reaedificaTerunt ; et juxta prophetam seminaverunt agros et plantaverunt vineas et fecerunt fructum nativitalis; et locus, qui multis temporibus desertus fuerat, habilatores recepit. > (Vita sancti Bertrandi, § VIII.) -Les paroles du prophète auxquelles Vidal fait allusion se trouvent au verset 37 du psaume cvi.

3. Vita sancti Bertrandi, §xv.-^Les mots urbs Sancti Bertrandi y sont employés dans le récit^d'un miracle qui n a pu être écrit avant i 174.

i. Dans Texécution du testament d'Arnaud-Roger, évoque de Comminges, c'est-à-dire vers 1180. (Gallia christiana, t. 1, instr., p. H7.)

5. On voit une représentation de ces ruines au tome Vil d'Octobre des Acta sanctorum.

CIViTAS COiNSORANNORUM. 593

les nombreux vestiges de Tépoque romaine qu'on trouve à Vaicabrère prouvent que l'ancienne ville n'occupait pas seulement la montagne de Saint-BertrancJ et qu'elle s'étendait vers le nordest jusqu'à la rive gauche de la Garonne, c'est-à-dire à un kilomètre de la ville actuelle.

§ n. — CIVITAS CONSORANNORUM.

Consoranis^ et Consoranenses^ sont les noms par lesquels Grégoire désigne la capitale et les habitants de cette cité.

L^évêque de Couserans assista, comme les autres évêques de la Novempopulanie, au concile wisigoth d'Agde, en 506. La civilas Conaorannonim passa peu de temps après sous la domination des Francs et elle fut comprise par le partage de 561 dans le royaume de Paris. Plus tard, en 567, à la mort de Charibert, elle fut donnée à Sigebert, et Chilperic s'en empara sans doute en 575, car Gontran la rendit en 587, lors du traité d'Andelot, à Childebert, fils de Sigebert, ainsi que d'autres cités dont Chilperic s'était saisi après la fin tragique de son frère ^.

La ville épiscopale de Consoranis quitta ce nom dans le cours du moyen âge pour prendre celui de son église cathédrale, alors consacrée à l'un de ses anciens évêques, Glycerius, vulgairement saint Lizier, celui même qui parut au concile d'Agde. Saint- Lizier (Ariége, arrondissement de Saint-Girons) est aujourd'hui une petite ville de 1200 âmes.

Grégoire parle d'un oratoire qui avait été construit sur le tombeau de saint Valerius, premier évoque de Couserans, et qui, considérablement agrandi vers le milieu du vi*" siècle par Tévêqûe Théodore, devint une basilique où les reliques du saint étaient l'objet d'une grande vénération*. Cette basilique n'est peut-être pas difiérente de l'église dédiée plus tard à saint Lizier, car on disait au xvii* siècle que le corps de Valerius se trouvait sous les

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