Historia Francorum, I. VI, c. xvi
598 i.A GAULE AU SIXIÈME SIËGL"?.
§ 15. — aVITAS TURBA UBI CASTRUM BIGORRA.
Cette cité, habitée à Tépoque de la conquête romaine par les Bigerrones^^ — les Begerri de Pline*, — est ordinairement désignée par Grégoire sous le nom à'urbsBeorretana pour Begorretana^. Une fois cependant on trouve le nom Begorra; mais alors notre auteur reproduit sans doute les termes mêmes du traité d'Andelot, qui fournit de précieuses indications sur le sort de ce pays au temps des fils de Clotaire. Begorraj qui avait probablement fait partie du royaume de Charibert de 561 à 567, fut Tune des cinq cités que Chilperic donna en 567 à son épouse, Galsuindc, pour le don du matin (morgengabé). Après le meurtre de cette princesse, un jugement du roi Contran avait attribué le Bigorre à la reine Brunehaut, femme de Sigebert et sœur de Calsuinde ; mais Chilperic le ressaisit sans doute à la mort de Sigebert, car on le trouve plus tard aux mains de Contran, et le traité d'Andelot, conclu en 587, décida que ce souverain en jouirait sa • ie durant, et qu'ensuite il rentrerait sous la domination de Brunehaut et de ses héritiers^.
Il n'est pas douteux que la civùas Turba ubi castrum Bigorra ne soit représentée par l'ancien diocèse de Tarbes, mais on s'est trompé en considérant le nom de Tarbes comme l'équivalent de celui de Turba. Toutefois l'identité des deux noms n'ayant jamais été contestée, il parait indiscutable d'entrer ici dans quelques explications.
Plusieurs raisons font douter de la corrélation de ces deux noms : 1** la mutation de \u en a ne paraît pas rationnelle; et cependant aucun des nombreux manuscrits de la Notice des cités ne fournit la variante Tarba; 2** l'évêché de Bigorre n'est pas désigné sous le nom de Tarbes avant la seconde moitié du