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CIVITAS TURBA

XII* siècle^; 3® dans les anciens textes latins, la deuxième consonne du nom de Tarbes est toujours notée v : exemple, Tarvia. Néanmoins ces raisons ne suffiraient pas pour faire chercher la civitas Turba ailleurs qu'à Tarbes, si un texte de Grégoire de Tours, trop peu remarqué jusqu'ici, ne donnait à cette ville un nom entièrement distinct de celui de Turba et ne nous apprenait en même temps que, à cette époque, Tarbes n'était encore qu'un, vicus du Bigorre *.

La situation du chef-lieu de la civitas Bigarra ne nous paraît pas douteuse. Il faut évidemment le chercher au village actuel de Cieutat (Hautes-Pyrénées, arrondissement et canton de Bagnères de Bigorre). Le nom seul de cette localité, Civitas, mériterait de fixer l'attention : il indique le rang qu'elle occupait à l'époque romaine, et c'est un des noms qui peuvent le moins tromper le géographe étymologiste'. On doit remarquer aussi que Cieutat , qui compte actuellement un peu plus de 1 500 habitants, ne tomba pas au rang de simple paroisse : on le trouve, jusqu'à la Révolution, indiqué comme le chef-lieu d'un des cinq archiprêtrés de l'archidiaconé de Rustan, au diocèse de Tarbes*. Il n'est pas non plus inutile d'observer qu'au moyen âge, Cieutat était traversé par une route remontant sans doute aux Romains, car Froissart peissa par ce lieu en se rendant de Carcassonne a Orthez au mois de novembre 1388^, et il le désigne, sans douto

1. Nous avons consulté sur cette question la Gallia christiana (tome P') et nous y trouvons (col. 1230), dans une charte de 1096 : c Bernardus, praesul Bigorrensis. » Une pièce de 1164 fait connaître : € Heraclius..., Bigorrensis ecclesiae episcopus > (instr., p. 191).— La plus ancienne mention que nous ayons rencontrée d'un < évèque de Tarbes » est de 1175 : c Bemardus Labat de Montesquieu, episcopus Tarvie > (Gallia christiania, t. If, col. 1231); mais ce titre est communément employé au xiii' et au xiy siècle. Dans les énumérations d'évêchés postérieures à 1200, Tévêché de Tarbes est toujours qualiûé Bigorrensis vel Tarviensis (Valois, Notitia Gqlliarumy p. 84).

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