Historia Francorum, 1. VIII, c. xxx
CiyiTAS LUTEVENSIUM. 613
mais déjà, à la fin du vi* siècle, ce n'était plus qu'un souvenir, car le laurier était desséché*. L'église abbatiale qui s'élevait sur le sépulére de saint Baudile fut réduite en prieuré à la fin du xi^ siècle et placée sous la dépendance de l'abbaye de la Chaise- Dieu : elle fut brûlée par les Calvinistes en 1561 et rétablie cent vingt-huit ans plus tard, en 1 689, dans le vieux palais épiscopal ^. L'église actuelle de Saint-Baudile, de Nîmes, n'occupe donc pas l'emplacement de l'ancien prieuré, qui était situé hors des murs de la ville ^.
§ 6. — CIVITAS LUTEVENSIUM.
Lodève ne figure à aucun titre dans les écrits de l'évêque de Tours; il faut donc chercher ailleurs des renseignements sur le sort qui lui fut réservé pendant le vi* siècle.
La présence au concile d'Agde de Tèvêque de Lodève, Maternus, prouve que la civitas Lutevensium obéissait alors à Alaric. Cette cité fut même de celles qui, après la bataille de Vouillé (507), restèrent soumises aux Goths, et elle devint alors limitrophe de l'empire franc. Les succès de Théoderic l'Amale reculèrent ensuite la frontière gotho-franque en replaçant le Rouergue sous la domination gothique*; mais quelque vingt ans après, les choses changèrent de face: en 533, Théodebert reprenait la cité de Rodez, et Lodève, subissant aussi le joug des Francs, fut rattaché aux possessions méridionales du roi d'Austrasie; c'est du moins ce qu'on peut induire de la souscription de Deuterius, episcopus ecclesiae Lutevensis, au concile de Clermont de 535^.
Vaissete a cru pouvoir établir, d'après l'historien wisigoth, Jean de Biclar, que Lodève avait été recouvré par les Goths au temps de Leuvigilde ^ (572-586) ; il est prouvé toutefois que les
i. De gloria martyrum, c. lxxviu.
2. Gregorii Turon. Opéra omnia, édit. Ruinant, col. 808, noie.
3. Une pièce de 1461 l'appelle encore : c Prioratus Sancti Baudilii secus Nemausom. (Germer-Durand, Dictionnaire topographique du départem. du Gard, p. 196.)