Histoire de la Gaule méridionale, t. II, p
Cependant une autre opinion avait cours dès 1699, et FAuinart, tout en mentionnant le sentiment de Hauteserre, n'hésite pas à indiquer Cabarat (sic) comme le nom vulgaire de Caput ArieiisK Cette indication du savant bénédictin a évidemment déterminé Jacobs à ne point se ranger à l'opinion reçue, et à placer le château (lisez les châteaux) de Caput Arietis à Cabarède (ou plutôt la Cabarède)', village de l'ancien diocèse de Castres, situé non loin de la Septimanie; mais nul érudit, à notre connaissance, n'a contesté l'exactitude d'une attribution qui ne répond pas à la pensée de Ruinart et qu'on aurait pu facilement réfuter à l'aide d 'i^ne note de Vaissete^.
Vaissete avait, en effet, établi l'identité des castra de Caput Arietis avec les forteresses de Cabaret, localité qui donna son nom à une portion du diocèse de Carcassonne, le Cabardès, connu dès le règne de Charles le Chauve sous le nom de Cabardense. Cabaret satisfait à toutes les conditions requises : son nom a, dans la langue du midi de la France, précisément le même sens que celui de Caput A?netisj l'un et l'autre se traduisant par « tête de bélier » , et l'on a dit que la forme du « puy » ou montagne de Cabaret qui domine l'Orbiel pouvait justifier cette appellation. Dans les derniers siècles du moyen âge et dans les temps modernes, le pny de Cabaret était surmonté non-seulement de deux châteaux, comme le dit le savant historien du Languedoc, mais bien de quatre forteresses désignées par les noms de Cabaret, de Tour-Neuve (alias Tour-Regine), de Surdespine (ou Fleur-d'Épine) et de Quertigneux, qui figurent toutes quatre dans un état des garnisons de la sénéchaussée de Carcassonne daté de 1260. Ces châteaux subsistent encore aujourd'hui à l'état de ruines, et ils ont valu au chef-lieu de la commune dout dépend le puy de Cabaret le nom de Las Tours, qui a remplacé postérieurement à 1470\îelui de « la Rivière de Cabardès » que portait jadis ce village*.