‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 60 sur 597 · Historia Franconim, 1. II, c. xxxii · texte numérisé non relu

Historia Franconim, 1. II, c. xxxii

peut induire du concile d'Agde que ce pays était retombé au pouvoir des Wisigoths avant l'an 506*. Tous ces renseignements, rapprochés des indications que Ton possède sur l'étendue du royaume wisigoth, permettent de considérer la Loire, puis le Rhône au sud des sources de k Loire, comme formant en général la limite des deux Etats. Cependant, en 517, la civitas Allé?}siurriy entièrement située à l'ouest du Rhône et formant alors le diocèse de Viviers, obéissait aux Rourguignons, qui s'en étaient vraisemblablement emparés pendant la guerre qu'ils soutinrent contre les Goths après la mort d'Alaric*.

11 ne saurait être question de tracer les limites du royaume de Rourgogne à l'aide des seuls faits que nous venons d'énumérer, mais on peut atteindre à ce but au moyen des souscriptions des vingt-cinq é vêques présents au concile assemblé à Epaone ^ en 5 1 7 par le roi Sigismond*. Les prélats qui figurèrent à cette réunion appartenaient à sept provinces et se répartissaient ainsi :

1. Et même dès Tannée 500, car il est probable qu'Alaric U recouvra ]os cites que lui avaient enlevées les Bourguignons à la faveur de la guerre que ce peuple soutenait alors contre les Francs. (Voyez plus haut, page 51, note 1, et page GO, note 2.)

â. Viviers appartenait encore aux Wfsigoths en Tan i96, comme le prouve une inscription funéraire que nous avons reproduite plus baut (page 49).

3. Nous employons constamment la forme Épaone consacrée par Tusage pour désigner la localité où se tint le concile de 517, parce que le nom latin Epao ou Epaonis ne parait pas être passé dans le français.

i. c Cont'.ilium Epaonetise, Sigismund-i Burgundionum in Gallia régis tempore celebralum a xxv episcopis, xvii kalendas oclobris, Agapito V. C. consule, id est anno Christi Dxvil, Ilorniisdae papae IV, Cbildeberti régis vi

> Sti^scny^^'on^j é^jTÙcoporum; Avitus episcopus conslitutionos nostras, id est sacerdotum provinciae Viennensis, rclegi et subscripsi die xvii kalendas mensis octavi, Agapito V. G. consule, Epaone. — Vivenliolus, episcopus ecclesiae LugdunensiSy cum provincialibus meis, constitutioncs noslrns rclegi et subscripsi, die et consule supradicto. — Silvesler, episcopus ecclcsiaî CabillonensiSy relcgi et subscripsi... — Gemellus, in Christi nomine episcopus VasensiSj r. et s... — Apollinaris, episcopus civitalis Valen^ iinae, r. et s... — Valerius, episcopus civitatis Segestericae, r. et s. — Victurius, episcopus cWitatis Gratianopolitanae, r. et s. — Claudius, (episcopus ecclesiae Vesontio^ nensis, r. et s. — Gregorius, ej-iscopus civitatis LingonicaSy r. et s. — Pragmatius, episcopus civitatis AugnslodunensiSy r. et s. — Gonstautius, episcopus civitatis Octod(h rensis, r. et s. — Gatulinus, episcopus civitatis EbredunensiSy r. et s. — Sanctus, episcopus civitatis DaraniasiensiSy r. et s. — Maximus, episcopus civitatis GenavensiSy |.. et s. — Bubulcus, episcopus civitatis VindonissŒy r. et s. — Saeculalius, episcopus civitatis Deensis, r. et s. — Julianus, episcopus civitatis CarpentoralensiSy r. et s. — Conslantius, episcopus civitatis VappincensiSy r. et s. — Florentins, episcopus civitatis Arausicae, r. et s. — liera Florentins, episcopus civitatis Tricastinaôy r. et s. — Philagrius, episcopus civitatis Cabellicae, r. et s. — Venantius, episcopus civitatis Albensiuniy r. et s, — Praetextatus, episcopus civitalis AptensiSy r. et s. — Tauricianus,

1"* Première Lyonnaise : Lyon, Chalon, Langres, Autun.

2** Qualrième Lyonnaise : Nevers*.

3"* Séquanaise : Besançon, Windisch.

4** Alpes Graies: Sion, Tarentaise.

5^ Viennoise : Vienne, Vaison,- Valence, Grenoble, Genève, Die, Carpentras, Orange, Trois-Châteaux, Cavaillon, Aps (depuis Viviers), Avignon^.

6"" Seconde Narbonnaise : Sisteron, Apt, Gap.

7** Alpes Maritimes : Embrun.

Il est assez naturel de supposer que quelques évoques bourguignons furent empêchés d'assister au concile et qu'il leur fut même impossible de s'y faire représenter. En effet, on ne peut exclure du royaume de Bourgogne les trois évêchés de Mâcon, de Belley et d'Avenches, enclavés tous trois dans les évêchés représentés à Epaone : Mâcon entre les diocèses d' Autun, de Chalon et de Lyon ; Belley entre les diocèses de Lyon, de Genève et de Vienne; Avenches entre les diocèses de Besançon, de Windisch (depuis Constance), de Sion, de Genève et de Lyon.

On ne trouve, en dehors du pays formé par les vingt-cinq évêchés du concile d'Epaone, qu'une seule civitas dont on puisse être tenté d'attribuer la possession aux Bourguignons. Nous avons dit, en effet, dans le chapitre précédent, qu'il ne nous paraissait pas possible de donner à la Bourgogne, postérieurement à l'année 506, aucune des villes situées au sud de la Durance^, et, de ce côté, la limite commune de la Bourgogne et de la Gothienous paraît si nettement indiquée parla rivière, que nous avons admis la division des cités d'Avignon et d'Aix entre les deux royaumes. A l'ouest, la limite des mêmes Etats, on s'en souvient, ne peut

episcopus civitatis Nivomensium, r. et s. — Pelatlius, presbyler, jussu domini Salularis episcopi civilatis AvennicaSy huic dcfinitioni iuterfui el subscripsi. >

1 . l/abbc Leheuf (Dissertation dans laquelle on recherche depuis quel temps le nom de France^ p. 54-56) a essayé de soutenir qu'il fallait corriger les mots episcopus civitatis Nivernensium de la souscription de Tauricianus au concile de 51 7 en ep. civ. Nivedunensium, et que ce prélat était un évéque de Nyon, la civitas Equestrium de la Notice des cités; mais Roget de Belloguct (Carte du premier royaume de Bourgogne, p. 155-1(50) a fait justice des arguments, d'ailleurs très-faibles, du savant chanoine.

2. Sur les raisons qui nous font reconnaître la présence du représentant de l'église d'Avignon, plutôt que celui dWvencbes, au concile de 5 17, voyez plus haut, p. 50, noie i.

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