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faire naîtro aucun doute. Au nord, vers le pays des Francs, la certitude n'est pas moins grande, car il n'existe aucun motif de supposer que la domination bourguignonne se soit étendue sur les cités d'Auxerre, de Troyes, de Châlons et de Toul* ; enfin, à Test, la frontière est indiquée par les Alpes, qui servaient aussi de limite à la Gaule. Ainsi, sur tout le périmètre des frontières bui^oudes, un point seul peut sérieusement appeler la discussion : la question est de savoir si la civitas Basiliensium , ren fermée entre la courbure du lihin et les diocèses de Besançon et deWindiscb, faisait partie de la Bourgogne.
Sur ce point, les avis sont partagés, et aucun texte, en réalité, ne permet de résoudre la question. Baie faisait, il est vrai, partie de la Séquanaise, et tout le reste de cette province appartenait, en 517, à la Bourgogne; mais on ne doit pas oublier que les guerres du v* siècle rompirent souvent l'unité des provinces: ainsi les Goths possédèrent durant quelque temps une cité de la province, essentiellement bourguignonne, de Vienne. On a objecté d'autre part, contre l'attribution de Bâle à la Bourgogne, que cette ville et son territoire durent faire partie de l'Allemagne^ mais cet argument n'a pas non plus la portée qu'on pense, car, au temps de Gondebaud et peut-être à la suite des victoires de Clovis sur les Alemans, une partie des pays soumis à ce peuple fut rattachée au royaume bourguignon ; la possession de Windisch par Sigismond, en 517, suppose évidemment l'annexion de la cité alemannique d'Avcnches à la Bourgogne*.
1. Les textes prouvent au contraire que ces villes étaient sounnises aux Francs antérieurement à la ruine du royaume de Bourgogne; la limite des deux États est surtout indiquée d'une manière précise, au sud de la civitas Tricassium. En effet, suivant Grégoire, Clovis résidait à Villery {Villariaco), dans le pays de Troycs, lorsqu'il attendait Ciotilde, dont il venait de faire demander la main au roi de Bourgogne, et ce lieu était voisin de la frontière bourguignonne que la jeune princesse donna Tordre de piller et d*incendîer : c Chrotechildis vero cuni adpropinquasset Villarinco, in qua Ghiodoveus residebat, in territorio Trecassino, adhuc autequam termines Burgundiae Ghrotechildls praeteriret, rogans eos a quibus ducebatur, ut duodecim leucas in utrasque partes de Burgundiapraedarentetincenderent... » {Hisiaria Francontm epitomata, c. xix.) Villery (Aube, arrond. de Troyes, canton de Bouilly) était situé au diocèse de Troyes, à 8 kilomètres seulement du diocèse de Langres, dont la possession complète par les Bourguignons a été sérieusement établie par Roget de Belloguet [Carte du premier royaume de Bourgogne, p. 120-Ui).
2. M. Koget de Belloguet {Carte du premier royaume de Bourgogne, p. 102) n*admel
76 lA GAULK AU SIXIÈME SIÈCLE.
On a aussi cru trouver une arme contre les prétentions bourguignonnes dans la participation d'Aclelphius, episcopus Raura— censisy au concile tenu à Orléans en 511 par ordre de Clo vis, et M. Bînding lui-même s'en est servi* ; mais il est démontré depuis plus de deux siècles qu'Adelphius n'était pas un évêque des Rauraciy c'est-à-dire du peuple de Baie, car les meilleurs manuscrits du concile d'Orléans portent de Ratiate au lieu de Rawacensis , et il faut le reconnaître pour un évéque de Poitiers siégeant à Rézé*. Les auteurs modernes penchent généralement, en raison du silence des documents bourguignons, à exclure Bâle du royaume de Bourgogne, et cette opinion acquiert presque le caractère d'une certitude, aux yeux de Roget de Belloguet, car, suivant cet auteur, Childebert II aurait détaché, entre autres pays, l'Alsace et le Sundgau du royaume d'Austrasie, pour en gratifier son second fils Théoderic qu'il faisait roi de Bourgogne^ : or on sait que le Sundgau était formé de la
pas que \Vindisch ait appartenu aux Bourguignons. Suivant lui, Bubulcus, episcopus civi* tatis Vindonissae, qui figure au concile d'Épaone, était un évoque in partibns empêché de résider dans son diocèse que les Alemans occupaient dès lors. On doit voir là le résultat de deux idées préconçues de l'estimable érudit que nous citons, et qui consistent. Tune à supposer que tout l'ancien royaume de Bourgogne fut attribué à Gontran par le partage de 561 (ibid., p. ii), Tautre à croire que TAllemagne {Alamannia) appartint, durant le vi* siècle, aux Austrasiens, qui se montrèrent jaloux de l'intégrité de ce territoire (ibid., p. 43-44). 11 ne veut pas admettre, en conséquence, que les fils de Gondioc, Gondebaud notamment, aient pu soumettre à leur domination une partie du pays habité par la nation alemannique que les rois francs, Clovis et Sigebert le Boiteux, combattirent avec succès vers le même temps dans la Première et la Seconde Germanie, et refuse à la Bourgogne de 517 la partie orientale du territoire d'Avenchcs comprise entre la Sarine et TAar, en prétendant établir {ibid., p. 98-102) que les limites de la langue française en Suisse sont celles du royaume bourguignon. 11 faut évidemment reconnaître que la limite du royaume de Bourgogne au nord-est, vers Windisch et le Rhin, n*est pas connue d'une manière rigoureuse ; mais nous ne pensons pas qu'on puisse sérieusement exclure W*indiscli des Etats de Sigismond. Les désastres subis par les Alemans dans les dernières années du V siècle ont pu faire tomber une partie de leur territoire aux mains des Bourguignons, de même que ceux-ci trouvèrent l'occasion d'un petit agrandissement territorial (le diocèse de Viviers) dans la catastrophe qui faillit amener en 507 la chute complète de la puissance wisigothique en Gaule au profit des Francs. Ajoutons, pour terminer cette note, que la conclusion de Belloguet a été en partie admise par Jahn dans sa carte de Bourgogne en bil (Die Geschichte der Burgundionen und Burgundiens, t. fI),oùcet érudit place Windisch hors de la Bourgogne, en attribuant néanmoins la totalité de la cité d'Avenchcs aux Bourguignons.