Historia Francorum, L II, c. ix
3. Sigebert le Boiteux, dont le fils Gloderic avait accompagné Clovis dans la guerre contre les Goths en 507 {Hist Prancorumy 1. II, c. xxxvii). Le récit de sa mort et de celle de Gloderic se trouve au chap. xl du livre II de Grégoiie.
i. cErat autem tune Ragnacharius rex apud Camaracum. » {Ibid.y I. II, c. xui.)
5. Nous suivons ici l'opinion commune qui considère Rignomer, frère de Ragnacaire et de Richaire de Cambrai, comme un roi du Mans. Grégoire (ibid,, 1. II, c. xui) ne le dit cependant pas formellement; voici, au reste, ses paroles môroes : « Fuerunt autem supradicti reges (Ragnacharius et Richarius) propinqui hujus (Chlodovechi) : quorum frater, Hignomeris nomine, apud Cenomannis civilatem, ex jussu Chlodovechi interfectus est... », qui ne prouvent réellement qu'une chose, la présence de Rignomer au Mans, lorsque Clovis procéda au massacre des princes de sa famille.
6. Grégoire ne dit pas quelle était la résidence de Chararic, dont il relate le meurtre après avoir raconté la fin tragique de Sigebert le Boileux.et de son fils Cloderic, en débutant par ces mots : < Post haecad Chararicum regem dirigit. > {Hist, Francorum, 1. II, c. XLi.) Chararic était déjà roi en l'an 486, car à cette époque Clovis l'avait inutilement convié à l'expédition contre Syagrius; aussi est-il hors de doute que son royaume doit être cherché dans la partie de la Gaule septentrionale la plus anciennement occupée parles Francs : les villes de Tournai et de Cambrai iippartenant, à cette même époque, la première à Clovis, la seconde à Ragnacaire, il a paru à l'auteur d'un copieux ouvrage sur la Moriuie, publié de 1639 à i65i, que ce pays, compris entre la mer du Nord et les cités susdites, devait avoir formé le royaume de Chararic (Malbrancq, De Morinis, 1. 1, p. 192) ; et l'opinion de Malbrancq est aujourd'hui un article de foi en matière historique, car le plus mince traité d'histoire de France fait de Chararic un roi de Thérouanne. Cependant, si Malbrancq avait tout aussi bien écrit un livre sur l'Atrébatie, il est probable qu'il eût, avec un succès non moins grand, fait régner Chararic à Arras.
de la nation franque comme successeur de son père Childeric, dont le siège royal était à Tournai*.
Grégoire rapporte aussi que Clodion, Tun des premiers rois Francs, habitait, vers 440, le castrum de Dispargiim^ situé dans le pays des Thuringes. De là il se serait avancé dans la Belgique et, à la suite d'une victoire remportée sur les Romains, il se rendit maître de Cambrai, puis de tout le pays situé au nord de la Somme*. Childeric, le second successeur de Clodion, guerroya sur les bords de la Loire à Orléans, à Angers, et il s'emparait de cette dernière ville que venait d'envahir le Saxon Odoacre^. 11 soumit sans doute à sa domination la partie de la Première Belgique voisine des Alemans, car, contractant une alliance avec le chef saxon qu'il avait vaincu à Angers, il subjugua ce peuple, dont l'Italie avait dû subir l'invasion*.
Cependant, suivant VHistoria Francorum^ la Seconde Belgique était loin d'être entièrement soumise aux Francs, car, en 486, sous le règne de Clovis, fils et successeur de Childeric, Syagrius, que Grégoire qualifie « roi des Romains », faisait sa résidence dans la ville de Soissons ; mais, attaqué par Clovis et par l'allié de celui-d, Ragnachaire, roi de Cambrai, le dernier représentant du nom romain vit son armée faiblir et dut céder devant la fortune de Clovis, qui, peu après, le fit périr secrètement. Dix ans plus tard (496), nous voyons le chef franc recevoir le baptême à Reims des mains de l'évêque de cette ville qui
1. Ce fait résulte de la découverte du tombeau de Childeric, qui fut faite à Tournai en 1653 et à laquelle on doit deux curieux livres d'archéologie : XAnasXa'M Childericilj Francarum r^^is, par J.-J. Ghifflet (Anvers, 1655, in-i^'), et le Tombeau de Childeric /'^ roi des Francs, restitué à Vaide de l archéologie, par Tabbé Cochet (Paris, 1859, in-S**). Quelques doutes se sont élevés cependant sur l'identité du prince franc enseveli à Tournai, et certains érudits pensent que le tombeau découvert en 1653 renfermait les restes de Childeric, Tun des fils de Glotaire ^' et d'Ingonde, dont Grégoire a parlé en disant qu'il mourut avant son père {Historia Francorum, 1. IV, c. m). Cette opinion, qui n'est pas aussi étrange qu'elle le paraît tout d'abord, puisque le titre de roi, donné au défunt sur le cachet trouvé dans le sépulcre, étaitalors attribué indifféremment à tout fils de roi, ne peut toutefois élre sérieusement soutenue en face de l'inventaire des objets et surtout des médailles que renfermait le tombeau princier, et qui permettent en réalité de faire remonter celui-ci au dernier quart du v* siècle.