LES FRANCS AVANT
lui obéissait sans doute depuis la défaite de Syagrius et, vers le commencement du v* siècle, il eut avec le roi des Wisigoths, Alaric, une entrevue dans une île de la Loire, voisine d'Amboisc, ce qui prouve évidemment que, dès lors, ses États confinaient à ceux de ce souverain. En 507, il entrait en campagne contre les Goths, tuait Alaric à la bataille de Veuille ; puis, cette année et Tannée suivante, il soumettait l'Auvergne et tous les pays situés entre la Loire et le territoire des Bourguignons*. Dès lors Clovis était le maître des deux tiers de la Gaule, et tout faisait présager la grandeur future du nom franc.
Sur ces entrefaites, Clovis reçut de Tempereur Anastase les insignes du consulat. Revêtant alors la tunique de pourpre ainsi que la chlamyde et portant couronne en tête, il se rendit de la basilique de Saint-Martin à la ville de Tours. Ensuite, quittant cette cité, il revint à Paris, où il fixa le siège de son royaume, et il y rendit le dernier soupir le 27 novembre 5H, après avoir soumis à sa domination les villes de Cologne, de Cambrai, et d'autres encore, qui jusque-là obéissaient à de petits rois particuliers*.
Les chroniqueurs et les hagiograpbes ne nous permettent pas d'ajouter beaucoup à ce que nous venons de rapporter en nous appuyant uniquement sur Grégoire. La Vie de sainte Geneviève, écrite vers l'an 518, pourrait cependant faire croire que Childeric domina à Paris ; on y parle, en effet, de la grande vénération du roi franc pour la vierge de Nanterre, qui obtint de lui la grâce de plusieurs criminels dont le supplice devait avoir lieu à Paris même ^. Mais il semble que là, aussi bien qu'à Angers, le père de Clovis figure surtout comme auxiliaire des Romains, dont il paraît avoir été l'allié fidèle et le défenseur contre les autres peuplades germaniques, telles que les Goths, les Saxons et les Alemans*. 11 y a, du reste, d'autant moins lieu de croire à Toc-
i. Historia Francorum, 1. H, c. xxvii, xxxi, xxxv, xxxvii.