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LES PARTAGES DE L'EMPIRE FRANC

gnons et les Goths : les Bourguignons encore gouvernés par le vieux Gondebaud, l'oncle de Clotilde^ et dont la domination était demeurée intacte depuis Langres jusqu'à la Durance, depuis les Cévennes jusqu'aux Alpes ; les Goths, dont les possessions en Gaule se réduisaient alors à la Première Narbonnaîse, Toulouse exceptée, et à la Provence. Pendant les treize années qui suivirent la mort de Clovis, l'union des quatre rois paraît n'avoir pas été troublée, et leur prestige s'en accrut de telle sorte qu'Amalaric, le fils et le successeur d'Alaric, l'adversaire de Clovis, rechercha leur alliance et obtint la main de leur sœur. L'un des ennemis héréditaires neutralisé tout au moins pour un moment, la reine Clotilde excita ses trois fils, Clodomir, Childebert et Clotaire, à la guerre contre les Bourguignons, prétendant venger sur les fils de Gondebaud la mort de son père et de sa mère (523). La guerre fut un désastre véritable pour la Bourgogne : le roi Sigismond, fait prisonnier avec sa femme et ses enfants, trouva un bourreau dans Clodomir, qui parvint à entraîner, en 524, contre les restes de la nation bourguignonne, son frère aîné Théoderic que Clovis avait eu d'une femme autre que Clotilde. Cependant Théoderic était le propre gendre de Sigismond, mais c'était seulement par de tels sacrifices que pouvait être maintenue la prédominance des Francs.

Clodomir trouva la mort dans cette seconde campagne contre les Bourguignons, qui, pour une dizaine d'années encore, conservèrent un peu d'indépendance. Le royaume d'Orléans, l'un des quatre Etats démembrés du royaume de Clovis, devait être luimême partagé en trois lots, car Clodomir laissait trois fils en bas âge. Ce fait démontrait le péril contenu en germe dans un système de partage qui, appliqué d'une manière régulière, aurait infailliblement amené en quelques générations l'anéantissement complet de la puissance franque.

Childebert et Clotaire comprirent-ils l'imminence du péril, ou bien la convoitise fut-elle leur unique conseillère lorsqu'ils décidèrent la mort des fils de Clodomir dont Clotilde réclamait instamment l'élévation à la royauté? On l'ignore; toujours est-il que le royaume d'Orléans fut partagé entre eux et Théoderic, non pas

cependant de façon à amener un groupement meilleur des territoires soumis à chacun des rois survivants. L'enchevêtrement des trois royaumes francs s'accrut même à la suite du partage de la Bourgogne définitivement vaincue (534) et de celui de la Provence cédée par les Ostrogoths (536).

Cependant la mort de Childebert (558), qui suivait à trois années de distance la disparition de Théodebald, le petit-fils de Théoderic, dont Clotaire avait seul recueilli l'immense héritage, rétablit pour un moment l'unité de la monarchie franquc. Quand Clotaire fut descendu à son tour dans la tombe, on put croire tout d'abord que, s'ils n'écartaient pas les périls fatalement attachés au morcellement d'un empire, les fils de Clotaire garderaient au moins une certaine mesure dans le fractionnement des provinces méridionades qui attribuait à plusieurs d'entre eux une partie de ces contrées éloignées du centre de leur domination ; mais, à la suite de la mort de Charibert (567) et du partage de ses États entre les trois rois survivants, on vit bientôt reparaître ce bizarre luxe d'enclaves qui avait distingué les royaumes de Théodebert, de Childebert et de Clotaire ; et, cette fois, il fut la cause de luttes acharnées qui coûtèrent la vie à plus d'un prince du sang mérovingien.

On conçoit quel est l'embarras du géographe qui, en face d'un tel système de partage, cherche à reconstituer, à l'aide des rares documents contemporains, la carte de la Gaule franquc sous les fils de Clovis, sous ceux de Clotaire, ou à l'époque du traité d'Andelot (587). Aussi les historiens qui ont consacré quelques mots à la géographie du vi® siècle, sont-ils arrivés le plus souvent à des résultats que ne viennent pas toujours corroborer les textes de l'époque mérovingienne. Il nous a donc fallu, le plus souvent, renoncer à discuter leurs opinions, et nous borner conséquemment à asseoir notre étude sur les historiens, les hagiographes, les diplômes, les chartes, les conciles et les monuments épigraphiques.

Si l'on en croit Grégoire, dont VHistoria Francoi^m forme une solide base de discussion pour la question qui nous occupe, le partage de l'empire franc à la mort de Clovis et le partage de

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