Fredegarii Historia Francorum epitomata, c. xxx
9i LA GAULE AU SIXIÈME SIÈCLE.
pour siégea Au reste, la possession de la am/ew At/r^/tawort/m par Clodomir est prouvée par le fait de la déportation de Sigismond, qui fut mis à mort sur remplacement du village actuel de Saint- Sigismond* (Loiret). Tours est, après Orléans, la seule ville que Ton puisse avec assurance attribuer au royaume de Clodomir : ce prince en conféra Tévêché à Ommatius, qui le gouverna de 521 à 526 ^ On tire de Grégoire la preuve que Tours appartint ensuite à Clotaire, tandis que les conciles démontrent qu'Orléans passait alors à Childebert, de sorte qu'on pourrait ajouter foi à la réalisation du partage égal du royaume de Clodomir entre ses deux frères germains. C'est là tout ce qu'il y a de positif sur le premier royaume d'Orléans ; mais certaines considérations tirées surtout de la composition des Etats voisins permettent de désigner avec quelque certitude les cités qui formèrent avec Orléans et Tours le gros du royaume de Clodomir.
La Touraine et l'Orléanais représentent un peu plus du tiers de la partie du pays que les Francs possédaient alors sur le cours de la Loire, et, ce qui plus est, le tiers moyen. Cette circonstance, unie aux exigences stratégiques, qui ne durent pas être complètement sacrifiées lorsque Ton composa la partie principale de chacun des nouveaux États, permet d attribuer au royaume d'Orléans tous les pays francs arrosés par le grand fleuve central de la Gaule.
Ainsi, la cité d'Auxerre, située sur la rive droite de la Loire entre le royaume de Bourgogne et la cité d'Orléans, devait obéir à Clodomir, sous peine de n'avoir aucun lien direct avec celui des autres royaumes francs dont elle aurait alors dépendu. La cité de Sens a dû faire également partie du royaume d'Orléans, et ce serait à la suite du partage de cet État entre les frères de Clodomir qu'elle aurait elle-même été divisée en deux portions : Tune, avec la ville épiscopale rattachée, au royaume de Théoderic; l'autre, comprenant Melun et' Château-Landon, attribuée au roi de Paris. La possession du Blésois, pays placé à cheval sur la Loire, entre
i. Historia Francorum, h IV, c. xxn.
2. Voyez plus loin, dans la pariie topographique, l'article consacré à Columna vicus,