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RIVIÈRES

Quatre principales rivières, navigables et flottables, arrosent le département de la Haute- Garonne :

La Garonne , le Salât , VAn'ége et le Tarn.

Les trois dernières sont des affluents de la Garonne (rive droite). Aucune de ces quatre rivières n'a sa source dans le territoire du département, deux seulement y ont leur confluent ; le Salât et l'Ariége.

Le Salât, TAriége et le Tarn forment les bassins secondaires les plus importants.

On peut choisir les deux confluents du Salât (à Boussens) , et de TAriége (à Porlet) , comme points de repère pour diviser en trois régions naturelles le cours de la Garonne dans retendue du département et faciliter les études de détail.

Dans la première région, du Pont du Roi à la bouche du Salât , la Garonne reçoit sur la rive droite, le Ger; sur la rive gauche, la Pique j V Ourse ^ la Aeste , le Lavet j la Noue.

Dans la deuxième région , de la bouche du Salât à la bouche de TAi'iége , la Garonne reçoit sur sa rive droite le Yolp , la Rize ^ \c Laiinac ; sur sa rive gauche, la Louge.

Dans la troisième région , de la bouche de l'Ariége à la limite du département, le Garonne reçoit sur sa rive di'oite Vffcrs, sur sa rive gauche , le Touch , Y Aussonnelle , h Save, le Murgastaud,

Ajoutons, pour compléter ces linéaments généraux de l'hydrographie du département , qu'un dernier affluent secondaire , la Gimone, arrose quelques territoires de la rive gauche , et, comme le Tarn, prolonge son cours hors des limites de la Haute-Garonne.

Tous les affluents secondaires que nous venons de mentionner et qui sillonnent plus ou moins profondément les vastes dépôts lacustres du bassin sous-pyrénéen , découpés en longues vallées d'érosion , présentent le caractère des torrents. Presque à sec pendant la saison d'été , ils croissent souvent hors de toute mesure à la fonte des neiges ou à la suite de pluies prolongées , et occasionnent de graves dommages dans la partie basse de leurs bassins.

Voici , dans l'étendue du département , la longueur des quatre rivières principales :

Garonne.. . . 198,038 mètres.

Ariége .... 40,040

Salât 17,453

Tarn 21,034

La Neste , qui est également classée au nombre des rivières navigables et flottables du département , n'en parcourt le territoire que sur une longueur de 600 mètres.

Nous croyons devoir compléter ces renseignements par une étude sommaire des cours d'eau et des bassins.

BASSINS

Garonne. Naît dans la vallée d'Aran , en Espaijne, de deux ruisseaux, dont l'un, formé lui-même de deux sources appelées los ojos (les yeux) de Garonn, sort des rochers de Peyreblanquc, près de l'ermitage de Montgarry, au point de partage des eaux atlantiques et des eaux médileri'anéennes {Nogiiera Pallaressa) au sud-est de la vallée , et dont l'autre , au sud-ouest , descend des glaciers du Néthou , s'engoulTre dans le trou du Taureau, et, après une course invisible , reparait au Goueil de Jouèou, prés de l'ermitage d'x\rtigue-de-Lin. — Entre en France et dans la Haute-Garonne au Pont du Roi , par une gorge étroite que resserrent les rochers de Racanére et de Tenlenade , à 585 mètres d'altitude ; laisse à gauche un petit plateau appelé Plan d'Arfin {de heremo , du désert), où les frontaliers de France et d'Espagne se réunissaient autrefois pour conclure leurs traités de passerie ou lilire transit pendant la guerre ; — coule entre deux murailles de rochers qui s'ouvrent à l'entrée de la vallée de Rarousse et du petit bassin de Saint-Rertrand ; reçoit la Neste à la pointe de Mazéres sous Montréjeau , puis se diiige brusijuement vers l'ouest, à travers la plaine de Uiviéi'e, où elle décrit plusieui's couibes, rejoint le pied des montagnes, sur sa rive droite, à Valcnline ; — reprend la direction du nord vers Leslellc et passe dans un dernier étranglement

entre les deux promontoires deMontpezat et de Roquefort, qui dominent le confluent du Salât; entre alors dans une longue plaine qui se continue jusqu'à Toulouse , toujours flanquée sur la rive droite de hautes collines , en partie boisées , dont les rameaux finissent à Saubens et font place à la plaine de TAriége ; — sur la rive gauche, la plaine s'étend vers l'ouest et se borde de terrasses alignées ; — à partir du confluent de l'Ariége , les collines reparaissent sur la rive droite (massifs de Vieille-Toulouse) pour s'abaisser à l'entrée des faubourgs de Toulouse ; — la rivière s'infléchit nettement vers l'ouest, au sortir de la ville, et va baigner, au delà du confluent du Touch , les terrasses de la rive gauche , couvrant et découvrant tour à tour de vastes plantations de peupliers et de saules, des îlots verdoyants , des bancs de gravier, qui lui donnent sa physionomie définitive pour le reste de son cours ; — sort du département à Ondes (103 mètres d'altitude) au-dessous du confluent de la Save, à 48'^ mètres plus bas que le Pont du Roi.

Partout où elle coule en plaine, la Garonne est très-capricieuse , et l'on reconnaît aisément les traces de plusieurs déplacements successifs. Les îles et les grèves qu'elle laisse à découvert, les berges qu'elle ronge et qu'elle envahit témoignent de ces variations.

Entre le Pont du Roi et Ondes , la Garonne arrosequatre-vingts communes appartenant aux trois arrondissements de Saint-Gaudens, Muret et Toulouse , et huit communes du déparle-

ment des llaules-Pyrénécs. En voici la série, parcourant le département tout entier, du sud au nord :

Fosj prairies et jardins, scieries où se débitent les bois de la montagne ; Melles , bourg bâti sur le flanc des roches ; Argut-Dessous ; Arlos , foi'êts de sapins et de hêtres ; Saint- Béat, chef-lieu de canton , ruines féodales , carrières de marbre blanc ; Lez; Eup, voisin du lieu de Bavart, autrefois considérable, ancien chef-lieu de la vallée de Bavartès ; Marignac ^ confluent de la Pique.

Chaum ; Estôtios ^ plaine cultivée; Fronsac , tour de l'ancienne châtellenie (Saléchan , Siradan , Sainte-Marie, — Hautes-Pyrénées); Front ignan , bourg ancien qui avait imposé au territoire de Fronsac le nom de Frontignés ; Baginj; Galié (Bertren , — Hautes-Pyrénées) ; Luscan (Izaourt, Loures , — Hautes-Pyrénées); Barhazan, vieux château dominant le bassin , lief de la maison de Mauléon ; eaux thermales ; Labroquére^ pont de marbre ; Valcabrcre, ruines antiques ; — Saint-Bertra.nd- DE-CoMMiNGES , chcf-lieu de canton , ancienne ville épiscopale , antérieurement capitale des Convcnœ (Tibiran , Hautes-Pyrénées); (Mourdan (Mazères, — Hautes-Pyrénées, confluent de la Nesle).

MoMuÉJEAU , chef-lieu de canton ; /i»^s«o«, Ifuus, P(tiiitis-de-nivière , Ponlal-TaillehoKrg, Clarac, Bordes, Villeneuve, Laharlhe , Valenfine , dans la riante nlainc de Rivière; SAINT- GAUDENS, chef-lieu (l'arrondissement, ancienne

26 IIAUTE-GARONiNE.

capitale du Nébouzan; Mir amont ; Estancarhmi; Pointis-lnard ; Labartlie-Inard ; Montespan, ruines féodales , ancien marquisat, devenu célèbre sous Louis XIV; Beauchalol ; Figarol ; Lestelle ; Montsaunès, ancien établissement des Templiers; commanderie de Saint-Jean de Jérusalem , dépendant du grand prieuré de Toulouse ; Arnaud- Gui l hem ; Saint- M ar tory , chef-lieu de canton; Mancioux ^ dominé par les ruines du château de Montpezat ; Le Fréchet, Boussens, confluent du Salât.

Roquefort , pierre à bâtir , tour féodale ; Martres, ancienne ville murée dont le territoire a été la plus riche mine de marbres antiques de tout le sud-ouest de la France (basreliefs , statues, bustes, fragments d'architecture, déposés aujourd'hui dans le musée de 'Tou\o\ise); Montclar, Maurauj collines boisées; Palaminy ; Cazéres , chef-lieu de canton , vergers estimés; Couladère; Gensac; Saint-Julien^ ancienne châtellenie; Salles; Rieux , ville sur la Rizc , chef-lieu de canton, ancienne cité épiscopale ; Carbonne, bouche de la Rize.

Marqucfavej Capens, Noé, plaine monotone; Montaut, Mauzac^ Le Fauga ; MURET , cheflieu d'arrondissement , ancienne capitale du comté de Comminges ; bouche de la Louge.

Saubens, Roques , Pinsagucl, bouche de TAriége. Portet ; Vieille-Toulouse, sur les collines; ancien oppidum celtique dont le sol a donné d'innombrables médailles phéniciennes, ibériennes , grecques , romaines, des poteries et des vestiges antiques de toute nature ;

NOTIONS GÉNÉHALES. 27

TOULOUSE , chof-lieu du département , ancienne capitale de la province de Languedoc ; Blagnac, Beauzellc ; Fcuoiu'llet et Cognac, anciennes baronnies ; Scilh ; Merville ; Saint- Jonj, bureau de leude sous les comtes de Toulouse ; Grenade , chef-lieu de canton , bouche de la Save; Ondes, bouche de THers.

Dans ce long parcours , la Garonne est franchie par neuf grands ponts en maçonnerie : Chaum, Labroquère, Montréjeau, Miramont, Sainl-Martory, Cazères, Carbonne, l'insaguel, Toulouse; — trois ponts de bois : Fos, Saint-Héat, Valentine; — neuf ponts suspendus : Fourc , Boussf'ns, Saint-Julien, Capens, Muret, Toulouse, Blagnac, Grenade, Layrac ; — six viaducs de chemins de fer : Montréjeau, Valentine, Apas, Saint- Martory, Pinsaguel, Empalot.

De tout temps, la Garonne a été le véhicule le plus naturel entre les Pyrénées centrales et là basse plaine ; avant le développement actuel des routes, la navigation y était trés-active ; et toutes les bourgades riveraines entretenaient une population de bateliers ou de conducteurs de radeaux , rayiers, charriant les arbres, les pierres et les plâtres de la haute région. Diverses entraves féodales avaient été établies à Muret, à Saint-Jory, à Grenade, et occasioimèrent de longues luttes entre les seigneurs et les vassaux. Ajoutons que, depuis la voie romaine de Toulouse à Dax par Lugdunum jusqu'au chemin de fer de Hayonne, louliS les routes de Toulouse aux Fvrènées centrales ont

suivi le tracé naturel que leur indiquait la rivière, en s'écartant à peine l'une de l'autre.

Pique. — Cette rivière, qui se jette dans la Garonne à Marignac , recueille toutes les eaux des montagnes de Luchon. Elle descend des sommets de l'Escalette et du pic de la Mine , et traverse les communes de : Bagnêres-de-Luchon, établissement thermal déjà fréquenté à l'époque romaine et trés-tlorissant depuis quelques années ; Saint-Mamel , Monlauban , Cazaril- Laspéne , Juzet , ancien établissement de Templiers ; Moustajon, Antignac, Salles, Cier, Cazaux , Lége , Guran , Burgalaïs ^ Éaclios- Binos , Signnc ^ Gaiid , Cierp, ancienne chàtellenie , Marignac. La plupart de ces lieux ont fourni des marbres épigraphiques , votifs ou funèbres, au musée de Toulouse.

Sur sa rive droite, la Pique ne reçoit que des cours d'eau sans importance, dont le principal est le ruisseau de Burbe.

A gauche elle se grossit du Lys . qui réunit les eaux des Graouès et de Crabioules (lac Bleu, lac Vert, cascades du Cœur et du Lys) et de VOnCj accrue elle-même de la.Vesfe de l'Arboust^ qui vient des pics du port d'Oo (lac Glacé, lac de Sausat. d'Espingon , de Séculéjo. — Communes d'Oo , Cnzeaux-de-Larboust , Casfillon-de-Luchonj Sainl-Aventin , Trébons, Cazaril ; et de la Nested'Oueil , descendant du cap de Pierrelitte et passant par Bourg-d'Oueil, Cirés, Caubous, AJairégne, Saint-Paul , Bcnque, Sacourvielle, Saint- Avenlin .

^er. — Descend du pic de Peyrenère, à la limite du département de l'Ariége , passe par les conimuni'S de Couledoux , Senyuuagnet , Milhas , AspET , chef- lieu de canton , ancienne baronnie , Soueich , LespHeau , Ricucazé , Pointis-Inardj où il entre en plaine et se jette dans la Garonne.

Le bourg (\'Lncaussc , qui doit quelque notoriété à son établissement thermal, est bâti au bord du ruisseau de Job ^ allluenl du Ger.

jVoue. — Nait dans la commune de Punlat ^ se jette dans la Garoime àMancioux , en décrivant de grandes courbes du sud-ouest au nordest-sud-est. Comnmnes de Saux et Pumaréde, Sainl-Ignan , Latoue , Aulon , Saini-Elix, Ca~ zoieuvc, BouziHj Auzas, Laf/ltte-Toupière.

Salât. — Nait dans les Pyrénées près de Condens (Ariége), entre dans le département à Castagnède, arrose les conununes de Mânes, Salies, Mazères , se jette dans la Gai'onne au Fourc ; flottable de Samt-Girons à Lacave , navigable de Lacave au Fourc. Les eaux du Salai sont très-rapides et très-bruyantes par suite des fragments de roches qui en obstruent le cours.

Le principal allluent du Salât dans le déparlement est l Arbas.

Hize, — Nait dans les gorges sauvages de Durban (Ariége), coule au nord-ouest, dans une vallée riante, entre dans le déparlement au

sud de Montcsquieii-Volvestre j traverse les communes de Rieux et de Carbonne.

Longe. — Naît dans la commune de Villeneuve-de-Lécussan , d'un contre-fort du plateau de Lannemezan , passe dans les communes de FranqueviellCj Loudet, Le Cuing, Lodes, Lalouret , Larcan, Saint-Marcetj Cassagnabère, Peyroiizet , Boussan , Bâchas , Montoulieu, Alan , ancienne résidence des évoques de Comminges. Terrebasse j entre deux rangées de collines dirigées du sud-ouest au nord-est; entre en plaine au Pousser et, reçoit la Nére à Montonssin , traverse Marignac-las-Clares j Gratens j Lavcrnose , Laçasse, Sainl-Hilaire, Muret j se jette dans la Garonne à Muret, dont elle défendait autrefois le château.

Deux aiîluents principaux : VàNère, qui nait au plateau de Sarremezan j et passe par CardeilhaCj Charlas , Saman , Saint-Lary, Cassagnabère, Esparî'on , Saint-André , Eoux , Pey- 7'issas , Benque , Liissan, Fustignac, Montêgut , Monloussin ; — le Rieutorl, qui traverse les communes de Castelnau-Picampeau , Marignac-las-Clares , Gratens , où il se jette dans la Louge.

AuiÉCE. — Entre dans le département à Cintegabelle, bouche du grand Hers ; passe par les communes à'Auterive, Grêpiac , Venerque . bouche de la Ilize; Le Vernet , Clermont , Labart/ie, bouche de la Lèze ; Goyrans ^ Phis- Justaret, Lacroix-Falgarde , Pinsaguel^ Portet.

Le chemin de fer de Toulouse à Foix suit lu rive gauche, qu'il doit quittera Saverdun.

Le grand Hers , qui passe par les communes de Calmout et Cintegabelle, baigne, à son confluent avec l'Ariége , les ruines de Tabbaye de Boulbonne , dans un site très-pittoresque.

La Rize , qui se jette dans rAriége au-dessous de ri'troit plateau deVenerque, coule à travers les collines terreuses du Lauragais, en passant par les communes de Saint-Léon , NoucHles, Issus, Venerque.

La Lêze , qui vient du haut pays de Foix et occupe le fond d'une vallée accentuée , entre dans le département sur le territoire de Massabrac , y parcourt les communes de Castagnac ( Saint-Ybars, Lézat , — Ariége) , Saint- Sulpice, Montaut , Beaumont , Lagardelle , Le Vernet j Laharthe. Lp bassin de cette rivière portait anciennement le nom de Lézadois.

Touch. — Nait dans la commune de Lilhacj longe la forêt de Fabas , et coule du sud-ouest au nord-est, traversant les communes de Fabas, La liastide-Paumés , Polaslrou , Scnarcns , Saint-Araille , Casliis-Labraude , Poinj-de- Tougcs , Savères, Labaslide-Cltnnont , liera t ^ Poucliarramet , L'IIerm , Saint-CAar, Labaslidette, Laniasquère, Saint-Lys, Fnnsorbes, Plaisance , Tourne feuille , Saint-Martin ^ se jette dans la (iaronne au château du Touch , ancienne dépendance du prieui'é de la Daurade (Bénédictins).

Âussonnelle. — Naît au-dessus de Bonrepos , canton de Saint-Lys, coule du sudouest au nord-est, passe à Sainte-Foy , Fontenilles , La Salvetat- Saint-Gilles , Cornebarrieu , Beauzelle , se jette dans la Garonne près de Svilh.

Le Courbet, affluent de l'Aussonnelle, passe par les communes de Léguevin, Pibrac et Aiissowie.

Ifers. — Naît dans le département de l'Aude, couîe du sud-est au nord-ouest, entre dans la Haute-Garonne près Beautemllc , canton de Villefranche, est franchi par le canal du Midi, traverse les communes de Villefranche ^ Montgaillard , Saint-Rome, Villenouvelle , Montesquieu , Baziége , Montgiscard , Montlaur , Donneville , Deyme , Pompertuzat , Belbéraud , Labége , TOULOUSE , où il n'est séparé de la Garonne que par une étroite zone de collines, remonte vers le nord, passe par les communes de Launaguet, Caslelginest , Saînt- Alban , Brugnières , reçoit le Girou dans la commune d'0m/e5^ et s'y jette lui-même dans la Garonne.

Le principal affluent de Vl/ers , le Girou, naît dans les environs de Puylaurens, et trace une longue vallée diagonale entre la vallée du Tarn et celle de l'IIers, traversant les communes de LoubenSj Vendinc, Francarvilk, Bourg- Saint- Bernard , Saint-Pierre , Verfeil , Saint- Marcel , Bonrepos , Gragnague , Garidech , Monlberon , Bazus , Labastide-Saint-Sernin ,

Villariès , Gardas, Cépet^ Saint-Sauveur , Villeneuve , Castelnau-d'Estretefons.

La Marcassonne , qui se jelte d-ins l'Hers à Montaudran, pivs Toulouse, naît dans la commune de Beauville et |)asse par celles de Touteus, Mourvilles-Basses , Tarabel , Labnutide- Beauvoir , Fourquevaux , Prèserville , Odars , Auzielle, Lauzerville, Saint-Orens.

La Saune, troisième aflluent de l'Hers, traverse les communes de Cambiac , Sêgreville , Caragoudes , Maureville , Tarabel , Aurin , Lanta , Sainte-Foy, Saint-Martin, Lauzerville, Saint-Orens, Quint, Toulouse.

Save. — Nait dans les Hautes-Pyrénées, coule par une vallée orientée du sud au nord-est parallèlement à celle de la Garonne , entre deux lignes de terrasses. Communes traversées : Lècussun , Villeneuve-de-Lêcussan, Saint-Plancard , Larroque ^ Montmaurin , Lespugne j Saint-Pé-del-Bosc , Ciadoux , Escanecrabe , Montbernard , Saint-Laurent, Anan, Vhle-en- Dodon, Mirambeau; entre dans le dèpai'tement du Gers, où elle passe à Lombez et Samatan , rallie la Haute-Gai-onne à Sainte-Livrade, et y parcoui't les communes de Castéra et Grenade , où elle se jelte dans la Garonne.

Son principal affluent de la rive gauche, la Gesse , passe par les communes de Boudrac , Saint-Loup , Gensac , Blajan, Boulogne, Afondilfuni , Piguilhan , Saint- Firriol , Pugmaurin ^ Molas , Boissède ^ et pénètre dans le déparlement du Gers.

Gimone. — Naît dans le département , commune de Saint-Loup , sur la limite du Gers , traverse les communes de Gensac , Boulogne , Lunax , Nénigan ^ et rentre définitivement dans le département du Gers.

TARN. Vallée orientée du sud-est au nordouest dans rétendue du département : rive droite , massif de collines , très-voisines des berges , la séparant du vallon du Tescou ; rive gauche, rideau de hauteurs ondulées , courant à distance , et dont la ligne de faite s'écarte de plus en plus dans la direction de l'ouest ; mamelons isolés formant pivots, autour desquels s'étendent des plateaux étalés vers le nord.*

Communes appartenant au bassin du Tarn ; rive droite : Mirepoix, Laijrac , Villemur , Le Born ; rive gauche : Buzel ^ Paulhac , Montjoire , y acquiers, Villaudric , Fronton,

A^CIE^KES DIVISIO\S TERItlTORIALES.

Pendant la période gallo-roraaine, au delà de laquelle l'incerlilude des renseignements liistoriques ne permet pas de remonter, les territoires actuellement compris dans le département de la Haute-Garonne ont fait partie de trois cités, civilateSj ou groupes féderatifs.

Au nord, la cité des TolosateSj chef-lieu Tolosa, occupant le pays de plaine et les collines ondulées des deux rives de la Garonne , et confrontant, avec des limites variables selon les temps : au nord les cités d'Agen et de Cahors , a Test les cités d'Albi et de Narbonne , au sud les cités de Couserans et de Comminges, à Touest la cité de Lectoure.

Au sud-ouest, la cité des Convenœ (Comminges) , de création romaine, occupant toute la région montagneuse et les hautes vallées de la Garonne, chef-lieu Lugdunum, aujourd'hui Saint-Berlrand-de-Comminges.

Au sud-est, la cité des Consorani , occupant le bassin du Salat, et dont Tancienne capitale, toute voisine de la ville actuelle de Saint-Li/.ier, ."St comprise dans le département de l'Ariége. La tradition à peu prés fidèle des limites respectives de ces divers leri'itoires nous a été conservée par la délimitation même des anciens diocèses , Toulouse, Comminges , Cou-

serans j telle qu'elle existait avant l'année 1317, où furent créés , par le pape Jean XXII , de nombreux diocèses qui dénaturèrent complètement l'ancienne géographie (Rieux, Mire|>oix, Lombez, Montauban).

Toute la région située sur la rive droite de la Garonne , depuis l'embouchure du Tarn jusqu'à celle du Salât, se trouva incorporée dans la première province romaine de la Gaule, la Provincia , désignée plus tard sous le nom deNarbonnaise. Les territoires situés à gauche appartenaient à l'ancienne et primitive Aquitaine, On retrouve encore aujourd'hui , dans l'idiome populaire , d'une rive à l'autre de la Garonne, des différences de dialecte qui trahissent l'ancienne division des races.

En 419, le pays de Toulouse et l'Aquitaine jusqu'à l'Océan ayant été cédés aux Wisigoths par l'empereur Ilonorius , Toulouse demeura pendant quatre-vingt-huit ans capitale d'un royaume goth qui comprit un moment toute l'Espagne et s'étendit jusqu'à la Loire. La domination des Goths fut détruite par Clovis à la suite de la bataille de Vouillé; mais un grand nombre de familles appartenant au peuple vaincu demeurèrent dans le pays.

Pendant les premiers siècles de la monarchie franque, le territoire désigné sous le nom de pays toulousain , pagus tolosanus, avait acquis un très-grand développement. Les limites précises en seraient diflicilemcnt déterminées ;

mais on peut afllrmer qu'elles atteignaient la frontière d'Esj)agne.

A la suite de nombreuses métamorphoses de la société féodale, des changements notables furent apportés aux anciennes limites; des dénomin. liions nouvelles surgirent, les unes empruntées aux rivières qui sillonnent la contrée , pays de Savès , Snvensis , vallée de la Save; pays de Gimoës , Gimoeusis, vallée de la Gimone; pays de Tougés, Togesii, vallée du Touch ; pays de Volvestre , Volvcstro , vallée du Volp , etc.; les autres tirant leur origine du nom d'une place forte chef-lieu, Lauragais , Laurariuesii , de Laurac-le-Grand.

Le pays de Toulouse fut constitué en comté; il en fut de même du pays de Comminges el du pays de Foix. Divers démembrements , occasionnés par des alliances ou {\qs transactions féodales, donnèrent naissance à d'auties fiefs, qui eurent une organisation distincte et qui formèrent des ensembles séparés.

A la mort d'Alphonse de France , dernier comte de Toulouse, le comté se trouvait divisé en bailliages, bajnlui', d'étendue très-variable, dont les cliefs-lieux appartenant actuellement à la Haute-Garonne étaient :

Auriac, Avignonet , Auterive , Huzet, Calmont , Caraman , Cintegabelle , Montgiscard , Saint-Félix , Villemur; un bailliage situé à gauche de la Garonne f)oi'lait le nom de bailliage de Gascogne.

En dehors du département , le eomté comprenait les bailliagr'S de Castelnaudary, Castel-

sarrasin, Hautpoiil, Fanjeaux , Laurac, L'Iled'Albi, Lavaur, Penne, Puylaurens, Rabastens, Verdun.

Après la réunion du comté de Toulouse à la couronne en 1^71, Fadministration monarchique introduisit de nouvelles divisions, et la province de Languedoc se trouva constituée en diocèses.

Le territoire de la Haute-Garonne étant situé sur les confins des deux provinces de Languedoc et de Guyenne, la division n'en demeura pas immuable; ainsi les communes de l'ancien diocèse de Rieux, situées sur la rive gauche de la Garonne, après avoir fait primitivement partie du Languedoc , furent attribuées par Louis XI à la Guyenne; il en fut de même du comté de Cnraman , dont les seize communes firent retour au Languedoc seulement en 1780.

En prenant pour date l'année 1780, voici quelle était la répartition des territoires du département entre les deux grands gouvernements de Guyenne et de Languedoc.

Sur trente-neuf cantons dont se compose actuellement le département de la Haute-Garonne, dix-sept sont entièrement languedociens.

Ce sont les cantons de Toulouse nord, Toulouse centre, Toulouse sud, Toulouse ouest, Castanet, Fronton, Montastruc, Verfeil, Villemur; Auterive, Cintegabellc; Caraman, Lanta, Montgiscard , Nailloux , Revel , Villefranche. Treize cantons sont mixtes et se partagent

inégalement entre la Guyenne et le Languedoc.

Ce sont les cantons de Grenade , Léguevin ; Carbonne, Cazéres, Fousseret, Montesquieu- Volvestre, Muret, Ilieumes, Rieux, Saint-Béat, Saint-Bertrand, Saint-Gaudens , Salies.

Neuf cantons sont entièrement gascons.

Ce sont les cantons de Cadours ; Saint-Lys ; Aspet , Aurignac , Bagnères-de-Luchon , Boulogne , L'Ile-en-Dodon , Montréjeau , Saint- Martory.

Voici, du reste, le détail des anciennes divisions :

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