DIOCÈSE DE TOULOUSE
Sept éléments avaient anciennement comj)Osé le diocèse civil de Toulouse, savoir : la viguerie de Toulouse, la temporalité archiépiscopale, lajugerie de Lauragais, la jugeric de Villelongue, la jugerie de Verdun , la jugerie de Rieux, la jugerie de Rivière.
Vifjucn'c de Toiilnnsi'. — Les liuiites en furent réglées en \'l'2ij dans rassemblée des consuls : elles conij)r<Miai( ni \v [m'iUnm de !;» ville,
celui du garcliage ou banlieue, ancienne sauvegarde ou terre franche de Toulouse, et celui des cinq châtellenies de Castelginest , Castelmaurou, Auzielle, Castanet et Portet ; châtellenies réduites à quatre lorsque celle de Castelmaurou fut possédée par les archevêques. Ce territoire embrasse toute la plaine de Toulouse avec la basse vallée de l'Hers. Il renfermait les communes suivantes :
Aigrefeuille, Aussonne, Auzeville, Auzielle, Beauzelle, Blagnac, Bruguières, Castanet, Castelginest, Colomiers, Cornebarrieu, Cugnaux, Drémil , Escalquens , Fenouillet, Flourens , Gagnac, Goyrans, Gratentour, Labastide-Saint- Sernin, Labége, Lacroix-Falgai^le, Launaguet, Lauzerville, Mons , Montberon, Pechbonnieu, Pechbusque, Pibrac, Plaisance, Portf^t, Quint, Ramonville, Rebigue, Saint- Alban (Gafïelaze), Saint-Loup, Saint-Orens-dc-Gameville, La Salvetat-Saint-Gilles, Tournefeuille , Vieille-Toulouse, Villeneuve-lez-Cugnaux.
Ces communes se trouvent actuellement réparties entre onze cantons : Toulouse centre , nord, sud, ouest; Castanet, Fronton, Grenade, Lanta, Léguevin, Montgiscard, Muret.
Tous les lieux de la viguerie de Toulouse jouissaient anciennement du privilège de ne pas recevoir de troupes à loger.
Temporalité ai'chivpiscnpalc. — Composée en majeure partie des fiefs donnés à révèque de Toulouse par Simon de Montfort après la guerre des Albigeois ; comprenait les quatre
baronnios de Castelmaurou , Balma, Verfeil et Monlbriin ; occupait une portion des vallées de rilers et du Girou. Les communes du département qui ont fait partie de la temporalité des archevêques de Toulouse sont les suivantes :
Azas, Balma, Beaupuy, Bonrepos, Bourg- Saint-Bernard, Castelmaurou, Corronsac, Donneville , Le Fossat , Gauré , Gragnague , Lavalelte , Saint-Marcel, Montbrun , Mondotizil , Montpitol, Montrabe, Paulel, Pechabou, La Peyrouse, Le Pin, Roulliac , Saint-Geniès , Saint- Jean-des-Pierres, Saint-Jean-de-lHerm , Vallégue, Verfeil.
Ces communes sont actuellement réparties entre les cantons de Toulouse sud , Toulouse centre. Fionton, Verfeil, Montastruc, Monlgiscard, Villefranciie.
Jtif/crie (le Lauraf/ais. Démembrement considérable de Tancien pays de Lauragais, qui tirait son nom île sa première capitale, Lauracle-Grand (Aude). Occupait les massifs de collines terreuses, entrecoupées de cours d'eau, qui s'étendent depuis la haute vallée du Gimu jusqu'à la rive droite de l'Ariége et du grand Ilers.
La jugerie de Lauragais a donné au département soixante et une communes dont voici la liste :
Auragne, Auriac, Aui'in, Auterive, Baziége, lieauville, Bclbérauel, Bclbéze, Bélesla, LeCabanial , Cessales, Clermont, Ueynie, Lsj)anés , Le
Faget, Le Falga, Fourquevaux,Gardouch, Issus, Juzes, Labruyère, Lagarde, Laiita, Lux , Mauremont, Maurens, Mauvezin , Montégut, Montesquieu, Montgaillard , Monigeard, Montlaur, Mourvilles-Ilautes,Nailloux,Nogarot,Noucilles, Odars, Pompertvzat, Pouze, Préserville, Rieumajou, Roumens, Saint-Félix , Saint-Germier, Saint-Julia, Saint-Léon, Saint-Rome, Saint- Vincent, Sainte-Foy-d'xVigrefeuille, Seyre, Tarabel, Toutens, Trebons, Yalesville, Varennes, Le Vaux, Venerque, Vieillevigne, Villefrancbe, Villenouvelle.
Ces communes sont actuellement réparties entre les cantons de Castanet, Montgiscard , Lanta, Caraman, Nailloux, Villefrancbe, Auterive.
Le pays de Lauragais avait été acbeté dans le courant du onzième siècle par les comtes de Tîarcelone aux comtes de Carcassonne , qui le reprirent quelques années plus tard. Vers la iin du douzième siècle, ce fief se trouva placé sous la suzeraineté des rois d'Aragon. 11 fut cédé, en 1258, par le roi Jacques d'Aragon au roi Louis IX, en vertu du traite de Corbeil (11 mai 1258). C'est alors qu'il fut constitué en judicature, faisant partie de la sénécbaussée de Toulouse et comprenant quai'ante bailliages.
En 1445, on signale , parmi les principaux seigneurs de Lauragais, ceux d'Engarravaqu<'>, Montlaur, Monlclar, Peyrens, Belflou, Plagne, Las Bordes, Vaudreuille , Gardoucb, Montes- (luieu, Auragne, LesVarennes, Lanta, le vicomte de Caraman , les seigneurs de Fourquevaux ,
Grépiac, Calmont, Auterivo, Ycnerquo et Le Veriiet, Villppoinlf ol Sorèze, Saint-Léon ot Caussidières, Villt'lt\ Fanjaux, etc.
En 1478 le roi Louis XI érigea le Lauragais en comté et en sénéchaussée, et le donna à Bertrand de la Tour, comte dWuvorgne et de Boulogne, en échange du comté lie Boulogne. La famille de la Tour en conserva la possession, sauf quelques interruptions temporaires jusqu'au seizième siècle, époque où la dauphine Catherine de Médicis en devint héritière. Cette princesse le donna par testament à Charles de Valois, fils de Charles IX. Mais la reine de Navarre Marguerite de Valois, fille de Catherine de Médicis, obtint, par arrêt du parlement de Toulouse, cassation du teslamfnt maternel, et posséda l^ comté de Lauragais de Tannée 1601 à raiinée iGUi;. Elle le donna alors au dauphin Louis Xlll, qui le réunit définitiveiTient à la couronne.
Comlv de Caraman. — Il faut placer à la suite du pays de Lauragais le fief de Caraman, qui en a été distrait au (juatorzième siècle. Avant celle époque, la terre de Caraman n'était qu'une des baroiHiies dont le titulaire jouissait de l'entrée aux états d»* Languedoc. Par lettres patentes du moisde mai loOi), le roi Philippe le Bel érigea cette terre en vicomte, avec les seize villes ou villages qui en dépendaient, et la donna, h titre d'échange, à Herti'and de Lautrec. I^lus lard , le roi Charles \'lll en fit, par l'adjonction des baronnies de Saint-Félix, Auriac et Beauvillc, un comté relevant du roi suus la redevance
d'une paire d'éperons d'or à chaque mutation de seigneur. Le premier comte de Caraman (Carmaing) a été Jean de Foix, qui descendait d'un frère du pape Jean XXII.
Les communes suivantes , du département de la Haute-Garonne, ont fait partie de l'ancien comt!^ fie C; raman :
Albiac, Cambiac , Caraman, Caragmides, Francarville, Loubens, Laclastre, Mascarville, Maureville , Mourvilles-Basses , Prunet , Las Bordes, La Salvetat, Saussens, Ségreville.
Toutes ces communes font actuellement partie du canton de Caraman , à l'exception de ceir3 de Mourvilles-Basses, comprise dans le canton de Revel.
Jufjcrie de Villelongue. — Comprenait les territoires situés entre le Girou et le Tarn. Voici les communes du département qui en faisaient partie :
Baziis, Bessières, Bouloc, Buzet, Castelnaud'Estretefons, Cépet, Fronton, Gargas, Garidech , Gémil, Montastruc, Montjoire, Oncles, Paulliac, Roqueserrière , Saint-Jory, Saint- Rustice, Saint-Sauveur, Vacquicrs , Villariès, Villaudric, Villeneuve.
Ces communes appai'tiennent aujourd'hui aux cantons de Fronton et de Montastruc.
L'ancienne jugerie de Villelongue débordait notablement non-seulement du territoire actuel de la Haute-Garonne (Banières, Grisolles, Orgueil, Pompignan, Saint-Sulpice-de-la-Pointe), mais encore du diocèse de Toulouse; car elle
comprenait Castelsarrasin, Montech , Lavaur
tt Puylaurens.
Jufjcrie de Verdun. — Ce territoire, qui fut distrait de la province de Languedoc pour «Hre rattaché à la (luyenne, a fourni au département trois communes^ situées sur la rive gauche de la Gai'Oiine :
Le Burgaud, Grenade, Merville.
Jugeric de Rivière. — Détachée également du Languedoc pour entrer dans la composition de l'élection de Rivière-Verdun en Guyenne , a donné au département huit communes, à gauche de la Garonne :
Bon repos, l'onsorbes, Lamasquère, L'Herm, Saint-Glar, Saint-Lys, Sainte-Foy, Seysses.
JiKjerie de Rieux. — Partie du diocèse de Toulouse qu'il ne faut pas confondre avec le diocèse civil de Rieux. A donné au dépai tement quatre communes, dans la plaine de TAriége et la vallée de la Léze :
Beaumont, Lagardelle, Miremont, Le Vernit.
2° DIOCÈSE DAS-MONTAL'IJAN.
Compi'enait les tcrritoii'os d«' la l'ive di'oitc du Tarn à partir du conlUient de TAgout jusuu'au Tescou et au Teseounet. — A fourni au uépaitemont ([uatre communes , riveraines du Tarn , actuellement comprises dans h' canton de Villemur.
4G IIALTE-GARONNE.
ViLLEMLR, Le Born, Layrac, Mirepoix.
La première de ces villes a été, pendant plusieurs siècles, chef-lieu d'un fief important.
Vicomte de Villemur. La terre de Villemur , ancienne dépendance du comté de Toulouse , portait primitivement le titre de baronnie, et doimait droit d'entrée aux états de Languedoc. Eile fut concédée en 1319 par le roi Philippe V au chevalier Pierre de la Vie , neveu du pape Jean XXII (Jacques d'Euse de Caliors) , en échange de quelques châteaux. Le roi Philippe VI, en 134'2, érigea celte terre en vicomte en faveur d'Arnaud de la Vie. Elle demeura quatre-vingt-quatorze ans dans celte famille , et fut achetée, le 23 juil'ot 1425, à son dernier descendant par Jean de Grailly, comte de Foix, au prix de ^ 3,000 écus d'or.
Pendant cent vingt-trois ans, la vicomte de Villemur appartint à la branche de Foix-Lautrec , qui tenait ses archives dans le château. En 1548, faute de descendants directs, elle ])assa au roi de Navarre, Antoine de Bourbon, et à son lils Henri IV, qui la réunit momentanément à la couronne.
Elle en fut détachée quelques années après , en faveur de François de Bonne, duc de Lesdiguiéres, pair et maréchal de France, engagistc des terres de Uoquemaure et de Villebi'umicr. Lo duc venditces divers fiefs au roi Louis XIII en 1G21, pendant le siège de Montauban , au prix de 700,000 livres. Depuis celle époque , le loi de France fut seul vicomte de Villemur.