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AGRICULTURE, INDUSTRIE

Par suite de la variété de constitution géologique , d'altitude et d'exposition , les richesses naturelles de la Haute-Garonne sont trèsmultiples. D'après les publications statistiques les plus récentes , le sol peut en être divisé comme il suit :

Terrain sablonneux. . 137,000 hectares. Terrain argileux . . . 110,000 Craie ou calcaire. . . 10:),0U0

Gravier 75,000

Sol de montagne . . . 51,000

Sol pierreux 45,000

Landes ou bruyères. . 38,000

Riche terreau 3,000

Les cantons pyrénéens possèdent des richesses minérales dont quelques-unes d'une trèshaute importance : roches , métaux , sources.

Ror/ics. — Les principales roches des Pyrénées sont le granit, le marbi-e, le calcaire, les schistes feuilletés. L'exploitation des marbres y devient de plus en plus active.

Il faut placer en première ligne les marbres de Saint-Beat, dont le gisement est situé dans le flanc méridional de la montagne de Rie , par bancs épais de 0'"30 à 5 mètres , sur une longueur de 100 mètres environ, donnant des blocs qui atteignent plus de 4 mètres de long. Le marbre de Saint-Béat est lamelleux, cristallin , présentant quelquefois une légère teinte grisâtre. Les carrières de Saint-Béat ont été exploitées dès Tépoque romaine. Non-seulement un grand nombre de fragments antiques, découverts dans la région voisine, sont en marbre de Saint-Béat ; mais un monunient votif, actuellement déjiosé dans le musée de Toulouse, apprend formellement que Quintus Julianus et Publicius Crescentinus taillèrent les premiers des colonnes de vingt pieds de long , dans les carrières de Saint-Béat , et en assurèrent l'exportation. L'exploitation de ce marbre avait continué , avec intermittences , pendant le dixième, le douzième et le treizième siècle : certains bas-reliefs romans incrustés dans les murs de l'église Saint-Sernin, de Toulouse sont en marbre de Saint-Béat. Les longues guerres du treizième et du quatorzième siècle interrompirent les travaux ; au seizième siècle on remit la main à l'œuvre , et quelques blocs descendirent la Garonne sur des radeaux. C'est ainsi que furent transportés les marbres consacrés i)ar les capitouls à la construction de la fontaine Saint-Etienne. Louis XIV donna une impulsion très-vive à l'exploitation des marbres français; la

montagne de Rie a fourni aux jardins de Versailles dos escaliers et des bordures de bassin. Cependant, en dehors de ces royales magnificences, Tusage du marbre s'était peu répandu dans le pays. Un voyageur français, qui écrit en 1 6l>7, signale, comme une merveille, une clieminée de marbre dans un château de la vallée de Luchon. Depuis la Restauration, rexj)loitationdu marbre pyrénéen s'est beaucoup développée et l'emploi s'en vulgarise de plus en plus. Le marbre de Saint-Béat a été adopté par Bosio pour sa statue de Henri IV enfant, par David d'Angei'S pour la figure équestre du général Gobert , par Dantan pour les figures du palais de justice de Tarbes ; on l'a également employé à la colonnade de l'établissement thermal de Luchon.

Outre le marbre de Saint-Béat , qui est le plus beau « t le plus connu , il existe encore du mai'bre blanc dans la Haute-Garonne, à Izaut, du marbre gris à Saucetcne, à Gnurdan, à Saint-Bertrand , Fomjcnon „ Lcye; du marbre noir à Sauvcterre^ à Saint-Bertrand^, à Cicr-de- Hiiière ; du marbre rouge veiné de blanc à Argut-De.ssus ,, du marbre griotte à Cierp; enfin du marbre nankin à Mancioux.

L'amélioration des routes et l'extension des chemins de fei" ne pourront (ju'accioitie l'exploitation et l'exportation des marbres dans le Midi.

La llaute-(Jai'(Uine n\i jias de belles earrièi'es de pierre à bâtir; les régions de plaine en sont même entièrement dépourvues et n'ont que

des constructions de briques. Les pierres du pays, qui sont le plus souvent utilisées dans les constructions, sont celles de Roquefort et de Cabardos.

Métaux. — De nombreux métaux sont disséminés dans les montagnes de la Haute- Garonne ; mais aucun ne donne lieu à une exploitation importante.

Le minerai de fer, beaucoup moins riche que celui de l'Ariége , s'y exploite de la même manière, par la méthode catalane : c'est-àdire que le fer est extrait directement du minerai dans des bas foyers de petites dimensions. Par suite du manque de capitaux, et de la dissémination des gisements métalliques , les hauts fournaux sont entièrement inconnus dans la contrée.

Diverses mines de plomb existent dans les vallées de Saint-Béat ^ à Montauban, près Bagnères-de-Luchon et à Couledoux ^ dans la vallée du Ger. On extrait annuellement à Bagnères-de-Luchon environ 1,500, 000 kilogrammes de minerai brut qui donnent, étant cassés au sortir de la mine et réduits en morceaux uniformes, 75,400 kilogrammes (\QscJilick ou minerai l'iche destiné à la calcination. Le résidu de cette opération préliminaire, ou minerai pauvre , est livré au commerce sous le nom d'aïquifoux , eX en\\)]oyé par les potiers à faire lu couverte vernissée des vases de terre et de grès.

Quelques gisements de cuivre ont été signa-

RICHESSES NATl'RF.LLES. 133

lés -à MellcSj Ardfjucs , Esténos; du plomb argentifère dans les vallées du Lys et de Larboust ; du zinc à Montauban et dans la vallée du Lys ; du cobalt à Juzel-de-Luchon.

Sources.— Les eaux minérales sont une des grandes richesses de la partie montagneuse du département. Elles attirent, depuis le commencement de Tété jusqu'à la fin de l'automne, une nombreuse population cosmopolite qui se distribue d'après ses goûts et ses besoins dans les diverses stations thermales.

La plus fréquentée de toutes est aujourd'hui celle de Bagne) es-de-Luchcm. On n'y compte pas moins de quarante-quatre sources dont trente-huit sulfureuses , une source saline froide et cinq sources ferrugineuses. Quelques-unes de ces sources atteignent une température de bl", 58o, 68«.

La station (VEncausse, dans la vallée du Job, aftluent du Ger, possède trois sources d'eau thermale saline dont la température s'élève à 22° ou 28».

Barbazati, près Saint-Bertrand-de-Comminees , a trois sources d'eau Ihei maie , saline et ferrugineuse; mais cet établissement est peu fi'équeiité.

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