On nomme Gaucho 1 habitant des campagnes né dans le pays
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Le plan de San Martin, aussi grandiose dans sa conception qu’admirable dans son exécution, constitue l’action extérieure de la révolution argentine. Convaincu de la nécessité d’arriver jusqu’à Lima, et de l’impossibilité d'atteindre cet objectif par le chemin terrestre du Haut-Pérou, le hardi général conçut l’idée de former une armée des trois armes à Mendoza, sur le versant môme des Andes ; de traverser la Cordillère et de reconquérir le Chili, dont la révolution avait été vaincue à Rancagua (1814) ; et, une fois maître du Chili, de former une alliance offensive et défensive avec cette nation, créer une escadre, dominer le Pacifique, débarquer au Pérou, l’affranchir et livrer la bataille décisive qui devait assurer l'émancipation américaine.
Il lit comme il avait pensé, surmontant les obstacles de la nature et l’insuffisance des moyens par son inébranlable constance et sa volonté inflexible.
Il forma son armée, la disciplina, l’arma, l’habilla, l’équipa, et sut parer au défaut d’éléments, grâce aux ressources de son esprit ingénieux et fertile. Quand tout fut prêt, quand il eut tout prévu et calculé, il entreprit le passage de la Haute Cordillère, gagna les plaines chiliennes, surprit le président du Chili, Marco del Pont, déjà désorienté par ses manœuvres insidieuses, s’avança jusqu’à la côte de Chacabuco, sur le chemin de Santiago, et là, sur le terrain même qu’il avait choisi longtemps à l'avance, il livra et gagna la mémorable bataille qui a gardé le nom de la côte (février 1817).
Le Chili était délivré, et l’année suivante, dans les plaines de Maipu, son indépendance était à jamais assurée par la
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déroute complète de la dernière armée espagnole (avril 1818).
La campagne du Pérou, réalisée en 1820, fut moins heureuse. San Martin réussit à s’emparer de Lima, mais il ne put parvenir à déloger de la montagne les royalistes qui s’y étaient réfugiés en nombre et avaient àleur tête les meilleurs généraux qu’ait envoyés l’Espagne pour écraser l’insurrection de ses colonies.
Les troupes argentines et chiliennes s’avancèrent jusqu’à l’Equateur, où elles se réunirent à celles de la Colombie, et illustrèrent leurs armes à Rio-Bamba et à Pichincha.
Cependant, San Martin n'eut pas la gloire de terminer la guerre de l'Indépendance. Dans la région de l’Equateur, à Guayaquil, il se rencontra avec Bolivar, le libérateur de la Colombie, (pii ambitionnait la même gloire et disposait de ressources plus considérables.
Le libérateur argentin lui céda la place avec modestie et abnégation.
Il renonça à son commandement du Pérou, et s’éloigna de la scène, considérant sa mission comme terminée. Il avait compris que sa présence constituait un obstacle et que sa retraite était nécessaire pour décider Bolivar à descendre dans l’arène où devait se livrer la bataille finale.
Il eut la grandeur d’âme de se résigner à son propre effacement dans la plénitude de sa gloire.
Un an plus tard, une armée composée de Colombiens, de Péruviens, de Chiliens et d’Argentins, sous les ordres du général Sucre, triomphait à Ayacucho (décembre 1824).
La guerre de l’Indépendance était terminée, car la résistance était réduite à des forces isolées et dispersées dans quel ques forteresses.
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Mais pour organiser la nouvelle nation, une autre lutte s'engagea, plus longue et plus meurtrière.
Il n’v eut tout d’abord que de simples mouvements pacifiques, parfois appuyés par les troupes ; ils se bornaient à modifier la composition des gouvernements ; quelquefois aussi, ils les renversaient.
Mais, en 1814, pendant le siège de Montevideo, les habitants de la campagne de la Bande Orientale 1 refusèrent l’obéissance à l’autorité centrale et se levèrent en armes.
Ce soulèvement coïncida avec la concentration du pouvoir exécutif en une seule main, concentration décrétée par la première assemblée nationale qui s’était réunie en 1813 et avait voté les lois fondamentales.
La création du « Directoire » mit fin au système des conseils ( juntas ) et des triumvirats, discrédité par quatre années d’expérience. C’était un nouveau pas dans le sens de l’organisation, problème dont la solution préoccupait vivement les pati'iotes de l’assemblée, et que la guerre civile vint compliquer, en révélant la tendance séparatiste des mouvements provinciaux.
Dans la vaste étendue du territoire argentin, alors peuplé d‘un demi-million d’hommes, les villes éparses et fort éloignées les unes des autres, étaient comme des oasis de la civilisation, au milieu de la demi-barbarie des campagnes. Et comme, dans cos villes mêmes, fermentait une évidente hosti-
1. C’est ainsi qu’on appelait la province qui forme aujourd’hui l'LIruguay.
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iité contre l’influence absorbante et la prépondérance de la capitale, les éléments incultes qui partageaient les mêmes sentiments appuyèrent les prétentions locales.
L’anarchie s’étendit rapidement aux provinces d’Entre- Rios, Corrientes et Santa-Fé, et plus lard, elle gagna toutes les autres. Les multitudes se soulevèrent et arborèrent le drapeau du fédéralisme, ignorant le mécanisme de ce système ; mais leurs chefs ou caudillos en possédaient une notion rudimentaire. Ils savaient qu’il consacrait l’autonomie locale, et, pour eux, l’autonomie locale représentait surtout l’autorité féodale, le gouvernement irresponsable, le pouvoir personnel.
La lutte, interrompue seulement par quelques trêves, à travers des alternatives diverses, continua, ardente et acharnée, jusqu’en 1820.
Elle battait son plein quand un Congrès fut réuni à Tucuman. Ce Congrès auquel Artigas et les chefs du littoral qui lui prêtaient obéissance, refusèrent leur approbation, et où les provinces qu’ils occupaient n’envoyèrent pas de députés pour les représenter, proclama néanmoins, le 9 juillet 181G, l’indépendance argentine.
Il fallut véritablement un courage civique, digne d’admiration, pour rompre ainsi les liens qui unissaient le pays à la métropole, au moment où les armées révolutionnaires, vaincues, étaient forcées de reculer, et où 1’anarchie menaçait d’amener une conflagration générale.
Le Congrès nomma « directeur suprême » le général Juan Martin Pueyrredon, avec Buenos-Ayres pour résidence. La nécessité de communications fréquentes entre les deux autorités obligea le Congrès à transférer le siège de ses délibérations à Buenos-Ayres, où il s’occupa de préparer la loi fondamentale de la nouvelle nation.
Le spectacle de la guerre civile et la crainte d’un énergique effort que l'Espagne pouvait tenter pour étouffer la révo-
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lution, décidèi'ent le parti du Diz’ectoire et du Congrès à rechercher en Europe des combinaisons dynastiques, comme on avait fait déjà quelques années auparavant, afin de terminer d’un seul coup la guerre de l’Indépendance, de résoudie en même temps le problème de l’organisation et enfin d’établir l’ordre par la solidité des institutions.
Ces menées secrètes, exploitées par les ennemis du Directoire et du Congrès, exaspérèrent les passions qui se déchaînèrent tout à fait, quand fut volée la constitution unitaire de 1819.
L’armée du nord, qui arrivait de Tucuman pour protéger la capitale, se débanda à Arequito (Santa-Fé) ; une partie de l’armée des Andes se souleva à San Juan, et le reste, sous le commandement de San Martin, désobéit aux: ordres du Directeur suprême et resta au Chili pour effectuer la dernière étape du plan de campagne continentale de son chef.
Le directeur Rondeau, livré à ses propres forces, fut vaincu à Cepeda (1820) par les chefs du littoral, Ramirez et Lopez.
Le Congrès et le Directoire tombèrent. Puis, survint une période d’agitation convulsive, d’anarchie, de décomposition, de véritable crise politique et sociale, connue dans l’histoire argentine sous le nom de « l’an 20 », qui comprend, dans sa concision, le procès complet et douloureux de cette époque.
Quand le calme fut rétabli, l’ancien régime avait disparu et l’évolution sociale était accomplie.
Au moment où éclata la guerre civile, un décret du Directoire avait divisé en huit provinces les intendances de la vice-royauté, dans le but do satisfaire les aspirations locales. En 1820, les huit provinces en formèrent quatorze, y compris la Bande Orientale. La province de Jujuy restait encore unie à celle de Salta.
A part celte exception, chacune des principales cités, nous pourrions dire des seules villes, qu’avaient fondées les trois courants de la conquête auxquels nous avons fait allusion,
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fut élevée au rang de capitale de province, et chaque province apparut avec son caractère particulier. Toutes étaient d’ailleurs animées du même esprit de jalouse autonomie.
Le germe de cette évolution existait depuis la conquête, il s'était développé durant l’époque coloniale >fc4.’a!ï'4Ulle conduisit à sa maturité.
Ap rès qu’on eut établi les gouvernements provinciaux, et tandis que l’intérieur du pays végétait encore dans la pauvreté, la province de Buenos-Ayres, qui disposait des revenus de l’unique douane de la nation, vit naître, sous l’administration du général Rodriguez, une époque fertile en progrès considérables.
L’âme de cette administration féconde fut Bernardino Rivadavia, efficacement secondé par Manuel José Garcia.
Bans l’espace de trois ans, une foule de grandes réformes furent réalisées ou entreprises, ou bien encore mises à l'essai.
On créa l’Université de Buenos-Ayres, qui, pour la première fois, y centralisait l’instruction ; on fonda la banque d’escompte ; des améliorations furent introduites dans la ville; on fit venir d’Europe des cabinets de physique et de chimie ; on introduisit des moutons de race mérinos et des chevaux frisons ; on étudia le projet du port de Buenos- Ayres ; on institua la Société de Bienfaisance qui confiait à la femme le soin des orphelins, des enfants abandonnés, et lui donnait la gai'de de l’hôpital des femmes ; on augmenta le nombre des écoles aussi bien dans la ville que dans les campagnes ; les industries naissantes furent protégées,
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l’administration régularisée, et l’on établit la publicité des comptes ; la liberté de la presse fut garantie ; on fit des lois sur l’inviolabilité des personnes et du domicile, on promulgua la loi de l'oubli (ley de olvido), qui jetait un voile sur les discordes du passé ; en un mot, on ne négligea rien pour élever Buenos-Ayres à la hauteur delà civilisation contemporaine. Si l’on ne lit pas davantage, c’est qu’il y avait impossibilité absolue, et bien certainement, plus d'un décret du gouvernement de Rodriguez introduisait de savantes innovations et appliquait pour la première fois des idées que l’Europe accepta seulement plus tard.
Après cette courte période d’agitation progressiste, on put songer de nouveau à réunir les provinces et à constituer la nation.
Un Congrès national se réunit eu 1825. Ce fut lui qui créa la présidence de la république et, à la presque unanimité des voix, choisit, pour occuper ce poste élevé, Bernardine Rivadavia, l’illustre ministre du généi’al Rodriguez.
Deux questions devaient occuper, avant tout, l’attention du Congrès et du pouvoir exécutif : la guerre contre leBrésil, et la Constitution.
Les Brésiliens s’étaient emparés de la Bande Orientale, en 1816, pendant la domination portugaise, et, après l’émancipation du Brésil, ils l'avaient incorporée à l’empire, sous le nom de « province Cisplatine », réalisant ainsi par la force, et grâce à nos dissensions intestines, leur ancienne et persistante ambition.
Les Orientaux supportaient leur domination avec impatience et désiraient voir leur pays faire de nouveau partie des Provinces Unies, auxquelles les rattachaient les mœurs, la langue et l’origine commune. Secourus en secret par le gouvernement du général Las lieras qui avait succédé au général Rodriguez, ils envahirent le territoire oriental et soulevèrent la campagne, livrèrent bataille aux impériaux
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à Rincon de las Gallinas el à Sarandi, réunirent une assemblée provinciale à La Florida, et proclamèrent leur volonté de se joindre aux Provinces Unies, le 2b août 182b.
Le Congrès argentin admit dans son sein les députés orientaux, et le Brésil déclara la guerre. Les armées nationales, sous le commandement d’Alvear, furent victorieuses à Iluzaingo, et une division de l’escadre brésilienne fut battue par Brown, à el Juncal. Cependant, cette campagne, si glorieusement commencée, se termina deux ans plus tard par une transaction imposée par les circonstances. 11 était en effet devenu impossible de continuer la lutte au milieu du déchaînement des passions qui avaient provoqué la chute de Itivadavia et la dissolution du Congrès.
La province orientale fut déclarée nation indépendante.
Une des causes qui amenèrent cette solution fut la forme unitaire du gouvernement, que le Congrès avait établi par la constitution de 1826, et que repoussèrent les peuples et leurs chefs.
La nation s’étant de nouveau divisée, la chute de Rivadavia porta au pouvoir dans la province de Buenos-Ayres, le colonel Dorrego, chef des fédéraux au congrès de 1826.
Une révolte militaire conduite par le général Lavalle, le déposa à son tour (décembre 1828). Le gouverneur Dorrego s’enfuit dans la campagne, pour y chercher des éléments de résistance. 11 fut poursuivi, atteint, vaincu et fusillé.
Le général Lavalle et les unitaires dont il avait pris conseil crurent ainsi sauver le pays, mais ce sang répandu fut le signal delà guerre à mort, sans merci, qui ne devait se ter-
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miner que par la destruction d’un parti et par la ruine de la république.
Sur le cadavre de Dorrego, s’éleva la personnalité de Juan Manuel de Rosas, riche éleveur du sud de Buenos-Ayres. Il jouissait d’un certain prestige comme chef reconnu des Gauchos , sur lesquels il s’appuya pour s’élever au pouvoir, au milieu du découragement et de la fatigue produits par cette interminable lutte. Représentant naturel des campagnes, son triomphe était en môme temps celui des masses incultes et demi-barbares.
Rosas se maintintà la tête du gouvernement pendant vingt années, avec la somme des pouvoirs 'publics, que lui accordèrent des législatures soumises, pour lui permettre de déguiser sa tyrannie sous des formes légales.
L’histoire delà domination de Rosas n’est qu’une longue suite d’injustices et de cruautés ; on y rencontre tour à tour des persécutions qui conduisirent en exil les hommes les plus importants par leur situation ou par leur talent, des confiscations frappant les ennemis politiques du dictateur, des révolutions étouffées dans le sang, des complications internationales avec la France, l’Angleterre, la Bolivie et le Brésil ; c’est, en un mot, une histoire faite d’avilissement et de ruines.
Fédéral de nom, mais centraliste de fait plus que personne au monde, Rosas étendit son influence jusqu’aux confins de la République, bien qu’il fût seulement gouverneur de la provincede Buenos-Ayres et chargé des affaires extérieures de la Confédération. Il était beaucoup trop puissant et redouté . pour qu’aucun de ses lieutenants de l’intérieur osât lui faire aucune opposition.
Pendant les dernières années de sa tyrannie, qui furent relativement tranquilles, les ressorts de la machine qu’il avait montée commencèrent à donner des signes de fatigue. Ses anciens ennemis, complètement vaincus, se battaient pour défendre Montevideo, alors assiégé par le général Oribe qui
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réclamait la présidence delà république orientale, avec l’appui de Rosas à qui il avait rendu d'importants services : il était, en effet, à la tête des troupes qui mirent en pièces l’expédition libératrice du général Lavalle.
Montevideo était devenu le dernier rempart de la liberté sur le rio de la Plata.
Le siège durait depuis neuf ans déjà quand se produisit le mouvement qui contraignit Oribe à l’abandonner et mit à bas la tyrannie de Rosas.
Le général Urquiza, gouverneur d’Entre-Rios, se mit d’accord avec les principaux chefs de l’armée assiégeante, il traversa le fleuve Uruguay et s’avança jusqu’à Montevideo. Oribe, réduit à l’impuissance, dut capituler.
Après avoir supprimé cet obstacle, le général Urquiza, allié au Brésil et à la République Orientale, forma une armée de 24.000 hommes, dont les trois quarts étaient argentins, et remporta, à Caseros, une victoire complète sur les troupes que le tyran y avait réunies (3 février 1852).
Le général Urquiza, en formant la coalition qui devait renverser Rosas, avait promis d’organiser la nation. Il tint parole.
Il convoqua un Congrès constituant qui se réunit dans la ville de Santa-Fé et dicta, en 1853, la constitution qui, sauf quelques modifications, nous régit encore
La province de Iîuenos-Ayres, qui éprouvait une certaine défiance à l’égard du vainqueur, s’était soustraite à l’autorité qu’avait assumée provisoirement Urquiza, et elle avait refusé d’envoyer ses députés au Congrès de Santa-Fé, ne
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déclarant, par un organe de sa législature, qu’elle ne reconnaissait aucun de ses actes.
Par suite de celte attitude, la province de Buenos-Ayres se trouva séparée du reste de la confédération.
La constitution de 1853 fut acceptée par treize provinces et le général Urquiza, élu président de la République, établit le siège du gouvernement dans la ville de Parana.
Des hostilités de tous genres se produisirent entre Buenos- Ayres et le gouvernement de la confédération, et amenèrent à la fin une déclaration de guerre. Buenos-Ayres, dont les troupes furent vaincues à Cepeda, prit l’engagement de rentrer dans l’union nationale, sous la condition d'une réforme préalable de la constitution par une convention provinciale.
La réforme se fit et fut acceptée dans toutes ses parties, par une Convention nationale ad lioc réunie à Santa-Fé ; mais la non-admission des députés que Buenos-Ayres envoya au Congrès de Parana, jointe à d’autres circonstances, ralluma la guerre civile.
Le général Mitre, gouverneur de Buenos-Ayres, triompha à Pavon (1861). Le docteur Derqui, président de la confédération, dut abandonner le pouvoir.
L’année suivante, le général Mitre était élu président de la République Argentine par le vote des quatorze provinces. La nation était enfin constituée d'une manière définitive.
Malgré la guerre que la République Argentine, alliée au Brésil et à la République Orientale, entreprit contre le tyran du Paraguay, Lopez, qui, en pleine paix, s'était emparé de deux navires argentins dans le port de Consentes, la présidence du général Mitre régularisa l’administration et commença d’utiles travaux.
Mitre remit le pouvoir au général Sarmiento; à celui-ci succéda le docteur Avellaneda, puis le général Roca, et enfin le président actuel de la République, le docteur Juarez Celman. Toutes ces transmissions du pouvoir s’effectuèrent
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régulièrement aux époques voulues, c’est-à-dire tous les six ans.
Pendant le cours de ces administrations successives, le principe d’autorité s’est affirmé ; le désert a été conquis et les dernières résistances des sauvages ont été domptées; l’œuvre de l’organisation a été couronnée par la fédéralisation de la ville de Buenos- Ayres, proclamée capitale de la République; on a encouragé l’immigration qui est arrivée et arrive chaque jour au pays, attirée par la richesse de ses terres, la douceur de son climat et la libéralité de ses lois qui garantissent tous les droits de l’homme, et mettent sur le même pied l’étranger et le citoyen, pour la jouissance des droits civils; les communications ont été facilitées parla construction de voies ferrées qui sillonnent tout le territoire.
La République a marché rapidement, non sans quelques faux pas, mais d'un mouvement continu, dans la voie du progrès, pour arriver à l’état florissant qu’elle présente aujourd’hui.
L’immense avenir qui lui est réservé apparaît clairement à tous ceux qui la connaissent, et ceux qui liront ce livre, ceux qui prendront la peine d’en interpréter les chiffres et de méditer les renseignements qu’il renferme, ne douteront pas un instant des brillantes destinées qui attendent la jeune nation américaine.
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