C AH ACTE H ES G ÉOLOG I GUES
Les éléments caractéristiques de la configuration du pays sont : les plaines, les montagnes isolées ou chaînes de la pampa ( sierras pampeanas), et les Cordillères.
La plus grande partie du pays est constituée par une vaste plaine, la pampa, qui s'élève graduellement dans la direction du sud-est au nord-ouest. Sur la limite ouest de la République, s’étend la Cordillère, dont la hauteur va en diminuant à mesure que ses ramifications s’avancent vers le sud.
Au groupe des chaînes pampéennes appartiennent : la sierra del Piè de Palo (dans la province de San Juan); la sierra de Famatina avec sa continuation, la sierra de la Huer ta ; la sierra de Gulumpaja qui communique au nord avec le plateau bolivien et traverse au sud la sierra de la Rioja ; la sierra de Tueuman et celle de Catamarca avec les sierras de Cordoba et de San Luis que l’on peut regarder comme leur prolongement méridional; et enfin les sierras del Tandil et de la Ventana.
Ces montagnes sont généralement parallèles à la Cordillère. Elles sont caractérisées par les pentes douces de leur vers an L oriental, tandis que le versant occidental est ordinairement
SG
GÉOGRAPHIE ARGENTINE
escarpé; leurs soinmels atteignent rarement la région de neiges perpétuelles.
L’élément essentiel de toutes ces montagnes est le schiste cristallin, surtout le gneiss.
L’inclinaison des couches stratifiées suit généralement la direction principale des montagnes du nord au sud.
Le calcaire, le marbre se présentent en abondance dans les sierras de Cordoba, de la Iluerta et del Pié de Palo.
Le granit contribue aussi pour sa part à la formation des chaînes pampéennes. Il forme de grandes masses^insulaires dans les sierras de Tucuman, de Capillitas, de Famalina, de Cordoba et de San Luis.
Le quartz abonde dans le granit ordinaire des sierras de Cordoba et de San Luis. On rencontre dans les chaînes pampéennes de nombreuses couches de porphyre quarlzeux et des roches éruptives de date récente (roche trachytique et basalte).
Les ramifications trachytiques de ces montagnes ont donné naissance, en plusieurs points, à des filons métallifères d’or, d’argent, de cuivre et de plomb.
Sur la limite de la plus grande partie des chaînes pampéennes, s’étend généralement un rebord de graviers et conglomérats, qui disparait bientôt sous la formation argilosablonneuse de la pampa.
Les Cordillères ont, au point de vue géologique, depuis le 27e jusqu’au 33e degré -de latitude, une arête centrale de granit. Autour de cette arête s’adapte une couche de gneiss et de schistes.
Cette arête centrale, formée de roches cristallines, a été perforée plus tard par du porphyre quartzeux, et telle a été la force colossale de ces éruptions, que le porphyre quartzeux occupe une plus grande partie de la masse que le granit. Les éruptions de porphyre quartzeux n’ont pas eu lieu d’un seul coup, mais successivement, et il est probable qu’elles se
CARACTÈRES GÉOLOGIQUES. b~i
sont pi’oduites dans l’intervalle qui sépare les périodes silurienne et jurassique.
Une autre formation éruptive, la formation trachytique, a puissamment contribué à la composition de la Cordillère. Les roches éruptives do date récente sont celles des volcans encore en activité, et l’on peut considérer l’action volcanique contemporaine comme une continuation tardive des éruptions trachytiques.
Les graviers sablonneux et agglomérés constituent la formation la plus répandue sur le territoire de la république, en dehors de l’argile sablonneuse de la pampa, et ils ont probablement une étendue beaucoup plus considérable qu’on ne saurait le démontrer directement.
Nos roches sédimentaires appartiennent, suivant Stelzner, à cinq formations géologiques complètement distinctes.
La formation cambrienne avec ses nombreux débris de la faune primitive, est très développée dans les provinces du nord. Ces couches reposent sur la formation silurienne inférieure.
A l’extrémité méridionale et sud-ouest de la sierra de la Huerta , s’étendent différentes couches, qui, si l’on en juge par leur flore, appartiennent à la formation r éthique . Celleci a une grande importance pour la république, parce qu’elle est carbonifère.
La formatio7i jurassique n’existe pas dans le pays, sauf dans quelques localités isolées, comme par exemple dans la cordillère de Mendoza, au Pont del Inca ; dans la cordillère de los Patos et à Espmacito (province de San Juan). Ces couches sont remplies de fossiles caractéristiques. Les sédiments jurassiques ont été déposés après les éruptions de porphyx-e quartzeux. Au contraire, les ti’achytes et les basaltes dont l’éruption s’est produite à une époque beaucoup plus récente, l’époque tertiaire, ont perforé les terrains jurassiques.
GÉOGRAPHIE ARGENTINE
La formation tertiaire couvre do grandes étendues. Dans la province d’Entre Rios, sur les rives du Parana, près de la ville de ce nom, on peut l’observer avec tous ses traits caractéristiques. Elle s’y présente en couches alternatives de sable, gravier, calcaire et marne renfermant de nombreux fossiles dans un état de conservation parfaite.
Les calcaires tertiaires ont donné lieu à de nombreuses exploitations qui fournissent la chaux en abondance aux pays du littoral. A partir d'Entre Rios, la formation tertiaire s’étend vers le sud ; on la trouve à Bahia Blanca, à l’embouchure du rio Negro et sur tout le territoire patagonique, jusqu’à Punta Arenas, dans le détroit de Magellan.
On a encore rencontré la môme formation à l’ouest de la République, à Calamarca et à San Juan, par exemple, où elle est fréquemment traversée par d’épaisses couches de plâtre. La plus épaisse de ces couches se trouve dans les cordillères de Mendoza et de San Juan où elle forme plusieurs montagnes, comme à Valle Ilermoso.
Sur toute la plaine argentine, entre l’océan Atlantique et le versant oriental des Cordillères, s’étend, presque sans interruption, une couche argileuse qu’on appelle généralement, à l’exemple de d’Orbigny, formation pampêenne (diluvienne). Son épaisseur atteint lb à 20 mètres. La chaux, qui est d’ordinaire intimement mêlée à l’argile pampêenne, s’est concentrée parfois sous forme de blocs plus ou moins gros, ou bien elle est disposée en petites couches, donnant ainsi lieu à la formation appelée tosca ou chaux d’eau (cal de agua). Cette tosca est très propre à la fabrication de la chaux hydraulique.
On a trouvé dans cette formation des squelettes plus ou moins complets de mammifères disparus, comme, par exemple, de mastodonte, de mégathérium, de mylodonte, de glyptodonte et de toxodonte.
Après la formation de l’argile diluvienne de la pampa, a eu