‹ Géographie de la République ArgentineChapitre 17 sur 119 · CARACTÈRES GÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉOLOGIQUES

lieu une nouvelle surélévation du territoire argentin. C’est un fait prouvé par l’existence de bancs de coquillages qui n’ont pu vivre que dans l’eau salée, et qui se trouvent sur plusieurs points du littoral, jusqu’aux environs de Rosario, à une hauteur de plusieurs mètres au-dessus du niveau de la mer.

On doit en conclure qu’à la fin de la période diluvienne, la mer pénétrait beaucoup plus avant dans les terres, et son mouvement de recul vei*s l’est ne peut avoir eu d’autre cause qu’un soulèvement post-diluvien. Les grands lacs diluviens qui existaient alors entre les montagnes pampéennes ont été séparés de la mer; ils sé sont desséchés et ont donné lieu à la division des terres et des eaux et au système hydrographique que l’on observe aujourd’hui. Les dépôts de galets que l’on trouve mêlés à l’argile de la pampa, dans le voisinage des montagnes, la masse des sables avec ses collines mouvantes ou médanos , les vastes plaines de la partie centrale, de même que les salines, doivent leur origine a la dernière période de formation de la République, au Ti formations d ' alluvion.

Pour ce qui est des salines, il faut se rappeler que, si la plaine couverte d’argile pampéenne s’élève graduellement vers l'ouest, elle subit aussi, à de certains intervalles, des dépressions assez considérables.

Ainsi, par exemple, tandis que la pampa atteint, sur le bord oriental de la sierra de Cordoba, une altitude de 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, elle s’abaisse, à l’ouest de cetle chaîne jusqu’à 160 mètres, pour s’élever de nouveau, plus à l’ouest, à la hauteur que nous avons citée.

Dans l’une de ces dépressions, celle qui se trouve entre la sierra de Cordoba, d’une part, et les sierras de Catamarca et de la Rioja, d’autre part (entre le 28° et le 32e degré de latitude), s’étend, sur une surface de S. 000 kilomètres carrés, la saline la plus vaste du pays. On en rencontre d’autres plus petites dans différentes terres basses de la pampa.

Çes salines sont presque entièrement dépourvues de végé-

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tation, et se présentent sous divers aspects, suivant les saisons. Pendant les mois de sécheresse, le sol est argileux et dur, et l’on observe à sa surface une sorte d’efflorescence formée d’une couche de sel de quelques millimètres d’épaisseur, de sorte qu’à première vue, on dirait un champ couvert de^ neige. La mince croûte cristalline consiste surtout en chlorure de sodium (sel commun), sulfate de magnésie et sulfate de chaux. Dans la saison des pluies, cette croûte disparaît, les sels dissous pénètrent dans l’argile et se portent avec l’eau vers les points les plus bas où ils forment de petits lacs salés. Ceux-ci, à leur tour, se dessèchent au commencement de l’hiver, les sels cristallisent et se séparent d’une manière très caractéristique. Les sulfates se concentrent sur les bords des lacs, et le chlorure de sodium forme, au centre, des bancs assez solides que l'on exploite pour la consommation des villages et pays voisins.

L’origine des salines n’est pas encore suffisamment expliquée. Ce sont, ou bien les restes des lacs salés qui, dans la période d’alluvion, ont couvert les parties basses de la pampa; ou bien des produits d’extraction et de dissolution des dépôts salins qui se trouvent dans les formations sédimentaires des montagnes pampéennes, entraînés successivement vers les plus fortes dépressions par les cours d’eau qui naissent dans ces montagnes. Comme les rivières sont, pour la plupart, très salées, et comme, d’un autre côté, on trouve aussi des salines dans les montagnes, même sur les hauts plateaux des Cordillères où n’arrivaient certainement pas les eaux de la mer pendant la période diluvienne, on peut en conclure que cette seconde hypothèse sur la formation des salines est plus probable que la première, au moins en ce qui concerne le plus grand nombre d’entre elles.

FLORE

FLORE

L’infortuné docteur Lorentz distingue dans la flore argentine neuf formations différentes, qu’il dénomme respectivement, en suivant du sud au nord : la formation des bois antarctiques , la formation pat agonique, celle de la pampa, celle du chanar, la formation sub-tropicale, celle de la puna, celle du chaco , la formation paraguayenne et la formation mësop otamique.

Nous mentionnerons ici les caractères principaux de chacune de ces formations, en suivant l’ordre dans lequel Lorentz les a décrites. Seulement, vu le caractère du présent ouvrage, force nous sera de donner à la description de l’illustre botaniste une forme plus concise que celle qu’il a adoptée.

Le climat marin et l’humidité qui l’accompagne, ont produit à l’extrémité sud du territoire argentin, dans les replis de terrain abrités des vents furieux si fréquents dans ces régions, une active végétation arborescente qui consiste surtout en bois de hêtres. Cette végétation prend lin probablement à l’endroit où le continent s’élargit, c’est-à-dire, vers le 39e degré de latitude.

Sur les collines exposées au vent, on ne rencontre que des ronces et des broussailles.

Les seuls arbres qui croissent sur les côtes du détroit do Magellan sont des hêtres, mêlés d’une magnoliaeëe ( Drimys ) qui s’élève à une certaine hauteur.

Dans les endroits plus plats, où l’eau n’a pas d’écoulement, il se forme une épaisse couche de tourbe, qui se renouvelle sans cesse, grâce à deux arbustes [matas) dont les pousses, fortement ramifiées n’ont que quelques décimètres de hauteur. Cette tourbe peut être utilisée comme combustible.

La flore de l’intérieur de la Patagonie est encore très peu

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connue. Le plateau patagonique, entre le rio Colorado et le Chubut, présente, en général, l’aspccl d’une plaine plus élevée que la pampa. La végétation affecte le caractère des climats secs. Seules, les vallées possèdent de véritables prairies et une végétation qui rappelle celle des pampas.

On rencontre quelques glumacées, dont les plus remarquables sont le gynérium ( cortadera ), le glaieul [ Phalaris ] ( carrizo ), la lo\.or<x[Typhà), et quelques véritables graminées.

Dans la vallée du rio Negro, on trouve le saule américain (sauce americano) [Salix Humboldtiana ] utilisé comme bois de construction.

Dans les vallées où se trouvent des salines, on rencontre aussi la végétation propre à ces terrains, comme les salicoies qu’on appelle ici jume. Les cendres contiennent une grande quantité de soude et servent à la fabrication du savon.

La formation palagonique est un mélange de plantes herbacées, d’arbustes et d’arbres.

La formation herbacée se compose surtout de graminées auxquelles viennent se joindre en second lieu les synanthërèes. Il n’y a de gazon nulle part. Pendant l’hiver, on trouve ici une plante annuelle, appelée alfilerillo (petite épingle) : c’est une espèce à' erodium qui fournit un excellent pâturage pour les moutons. La végétation ligneuse consiste en buissons qui atteignent la hauteur d’un homme ou d’un cavalier. Tous ces arbustes épineux et tortueux sont caractérisés par le faible développement de leurs feuilles, qui manquent parfois totalement.

Les espèces les plus communes sont : le clianar [G ourliæa decorticans ), la una de gato (griffe de chat), le caroubier, ( Prosopis ), V algarrobillo (petit caroubier), l 'arbre à encens ou molle ( Duvana)', le piquillin ( Gondolia microphylla ) la matanegra (buisson noir), le maba-caballo (lue-cheval) et la jarrilla ( Larrea dioaricata). Toutes ces plantes donnent

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d'assez bon bois. L'écorce d’un buisson queles Indiens nomment elcui, contient beaucoup do cire. Les Indiens la fondent et la mâchent ensuite.

Les tunas ( cactus ) se trouvent en grande quantité sur ce plateau où leur présence est très caractéristique.

Dans le sol d’alluvion, humide et bas, le blé et la vigne prospèrent admirablement.

Les pentes des vallées promettent d’être encore plus favorables à la culture de la vigne. L’énorme quantité d 'algues (fucus) que l’on trouve sur les côtes peut devenir plus tard l’objet d’une exploitation importante à cause de leurs cendres qui servent à fabriquer l’iode.

La formation de la pampa, aussi bien au point de vue pétrographique qu’au point de vue phytologique, est l'antithèse de la formation patagonique.

Elle est complètement privée de plantes ligneuses indigènes, et les graminées y prédominent.

Les limites nord et sud de cette formation ne sont pas bien déterminées. A l’est, elle est arrêtée par le Parana et le rio de la Plata. A l’ouest, sa limite est une ligne irrégulière qui, dans sa partie septentrionale, suit à peu près le méridien 63 de Greenwich (entre liosario et Cordoba) tandis qu’elle se transporte plus à l’ouest, dans sa partie méridionale.

Sans parler des caractères phylographiques qui différencient la formation de la pampa de celle du Chanar, on doit observer que la première est plus favorisée par les pluies que la seconde.

Les gens de la campagne distinguent, dans la pampa, deux sortes de pâturages qui sont en effet très différents, le 'pâturage dur ( pasto duro ), et le pâturage tendre ( pasto tierno). Le premier se compose de véritables graminées, et constitue un excellent aliment qui convient mieux aux bœufs et aux chevaux qu’aux moutons. On connaît comme pâturages durs le revienta caballo (Solarium elœni folium), le camambu

Ci GÉOGRAPHIE ARGENTINE.

( Physalis viliosa), la quinoa ( Ghenopodium murale), le yuyo de sapo ( Pascalia glanea ) et le yuyo amarillo (ooimenesia microptera ).

Le pâturage tendre, que les gens du peuple appellent encore les gramilles ( las gramillas ), est, lui aussi, constitué par des graminées, mêlées à d’autres plantes herbacées. Parmi ces dernières figurent le trèfle ordinaire ( trebol ) [Trifolium polymorplmm ] et le trèfle odorant , Yalfilerillo et le chardon panaché [Car do asnal). Ces plantes forment un excellent aliment pour les moutons. On connaît en outre: la carretilla [Medicago denticulata) , la fougère mâle (mastuerzo) [Capsella bursa pastoris], la fougère femelle ( Senebiera pinnatifida) , la moutarde ( Drassica negra ), la ciguë ( C onium maculatum) le fenouil ( Corian drium fæniculum) , la biznaga, le capriquiiSlellaria media), le chamico (Datura stramonium ), le cuerno del diciblo ( Martynia lutea ), la lengua de vaca ( Rumex ), Y ortie ( Ortica ), le yuyo del pajarito ( Lepidium pubescens), la herse (abrojo) ( Xanthium italicum ), et le cepa caballo ( Xanthium spinosum) .

Dans les parties les plus basses de la pampa, prédominent le trèfle et les graminées tendres. Dans les endroits marécageux, croît une végétation vaseuse que les gens de la campagne appellent herbes aigres, pour la distinguer des herbes douces des terrains secs.

Au bord des salines se trouve le jume, déjà cité plus haut.

Dans la sierra del Tandil, depuis Tandil jusqu’à Mar Chiquita d’un côté, et jusqu’à la lagune de los Padres de l'autre côté, s’étend une région où pousse en abondance un arbuste nommé Curumamuel (une rhamnêe ) qui atteint la hauteur d’un homme. C’est un arbuste épineux et dépourvu de feuilles.

De Buenos-Ayres à Mar Chiquita, s’étend le long de la côte

une longue bande boisée où l’on rencontre principalement le tala , la coronille (coronilla) et V espinillo.

Après les graminées, la famille qui compte le plus d’individus dans la pampa est celle des Composées. Ce sont généralement des demi-arliustes, aux fleurs mesquines.

Parmi les arbres qui se multiplient facilement et dont la croissance est rapide, on doit mentionner le durazno , sorte de pêcher à fruits durs qu’on cultive pour ses fruits et pour son bois, plusieurs espèces d 'eucalyptus, le robinia, le parais o e t le peuplier d’Italie ( alamo ). L’attention est encore attirée par un autre arbre, Yombu ( Pircunia dioica ), que l’on plante dans la pampa pour l’ombre que projette son épais feuillage.

Après la formation de la pampa, en allant vers le Nord, on en trouve une autre, composée surtout de bois, de ronces et de broussailles, que Grisebach a nommée la formation du clianar.

Cette formation, qui est particulière aux provinces de Cordoba, Santiago, Catamarca, La Rioja, San Juan, Mendoza et San Luis, se rapproche de la formation patagonique par son aridité et par la prédominance des plantes ligneuses .

On n’a pas encore réussi à expliquer comment le climat sec de cette formation a pu engendrer des bois, tandis que la pampa est dépourvue d’arbres malgré l’humidité qui y règne, car, dans toute la République, si telle ou telle formation l’emporte, c’est bien plutôt par suite de l’abondance de l'eau ou de sa rareté qu’à cause des différences de température.

Presque tous les arbres ou arbustes qui constituent la formation du clianar sont de taille mesquine et peu élevée, leurs branches hérissées et diffuses sont garnies d’épines et de feuilles épineuses. La famille qui présente particulièrement ce caractère est celle des Mimosèes .

Au point de vue pratique, on doit ici une mention spéciale aux caroubiers (algarrobos). Le plus utile et le plus estimé

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est le caroubier blanc ( Prosopis alba), dont le bois dur est d'une application constante dans les constructions. Les fruits, qui servent d’aliment pour les animaux, sont encore employés à la préparation d’une sorte de pâte comestible appelée patai, et d’une boisson, la loja, qui fermente et devient alcoolique.

À la même famille appartient le nandubay ( Acacia cavenia)r dont les fruits renferment beaucoup de tannin, tandis que le bois sert à faire des clôtures. Après ces mimosées, la plante la plus commune est le tala, que l’on rencontre aussi dans la formation sub-tropicale, dans le Chaco, et dans la formation mésopotamique. Les différentes variétés du tala appartiennent au genre celtis. Ils n’ont pas d’autre utilité pratique que leur ombrage et l’emploi qu’on en fait pour enclore les propriétés. Leur bois a peu de valeur.

Viennent ensuite trois espèces de quebrachos qui n’appartiennent pas à la même famille.

Le quebracho flojo ou quirilin ( Jodina rhombif ’olia) est un arbuste qui,, hors la construction des clôtures, n’a pas d’application industrielle.

Le quebracho blanco (Aspidosperma quebracho ) forme des forêts d’une certaine étendue. Son bois est fort utilisable et on l’a récemment appliqué à la xylographie. Son écorce amère est un des nombreux remèdes populaires usités contre la lièvre intermittente.

Le quebracho Colorado ( Loxopterygium Lorentzii ) appartient plutôt à la formation suivante. Dans cette formation, le molle ( Duvana ) est un arbre d’une grande importance. L’espèce la plus caractérisée est le molle à beber ( molle à boire): On prépare, avec ses fruits, une liqueur douce, rafraîchissante et aromatique. Cet arbre ne se plaît que sur les montagnes; c’est le plus beau de toute la formation.

Nous devons mentionner encore le molle à curtir ( molle à tanner) dont les feuilles fournissent une substance précieuse pour le tannage sans couleur.

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Une espèce qui se rapproche du molle est 1 ' alvarillo des champs ( Ximenea americana), remarquable par ses fruits savoureux qui ressemblent aux prunes.

L’espèce la plus commune de la famille des Verveinacées est le pouliot (poleo) [ Lippia turbinata\ dont on consomme les feuilles en infusion à la manière du thé ; l’ oranger des champs (azahar del campo) [ Lippia lycioides\ élégant arbuste qui fait l’ornement des champs et les embaume du parfum vanillé de ses fleurs blanches; le pouliot de Castille (poleo de Caslilia) [. Lippia palystachia ] est un médicament tonique fort estimé des gens de la campagne.

L’arbuste le plus caractéristique de cette formation est le chanar ( Gourliæa décor ticans), qui appartient à la famille des P apilionacêes . Il produit un fruit doux, de saveur agréable ; son bois est résistant et fort apprécié. C'est seulement dans les régions subtropicales que le chanar se présente sous la forme d’un arbre élevé.

La b rea ( Cæsalpina præcooc), qui ressemble beaucoup au chanar, abonde dans la province de Catamarca ; elle produit une espèce de résine.

La lagana de perro ( Ponicinia Gilliesii ) est un des arbustes les plus communs de la campagne ; les fleurs en sont jolies; on la rencontre aussi dans la formation subtropicale et dans celle du Cliaco.

Deux sortes de jarilla ( Larrea divaricata) forment de grandes étendues de broussailles. Ces plantes contiennent beaucoup de résine, c’est pourquoi elles brûlent à flamme vive, même lorsqu’elles sont vertes.

Le gaiac (Guayacan) [Porliera hygrometrica ] pousse dans le voisinage de Cordoba, et plus au nord où on l’appelle cucharera (arbre à cuillers). Il possède un bois dur qui sert à fabriquer toute sorte d’objets taillés et particulièrement des cuillers.

Le genêt ( Bulnesia rétama ), plante propre aux déserts,

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est dépourvu de feuilles pendant la plus grande partie de l’année. On en utilise le bois.

Dans la famille des Rhamnées, on remarque surtout le piquillin ( Condolia microphylla) dont les fruits sont comestibles et employés comme tels par les habitants de la campagne.

Une autre plante, également très commune, surtout dans la province de Santiago, est Y atamisqui ( Atamisquea marginata ), arbuste élevé qui, pour toute particularité, produit des feuilles, des Heurs et des fruits d’une odeur fétide, et n’a d’ailleurs aucune utilité.

La famille des Solanées est représentée par de nombreuses espèces. Une sorte de piment, Vaji ( Ccipsicummicrocarpiim .), a aussi la forme d’un arbuste; ses petits fruits rouges sont employés comme condiment.

Le romerillo ( Lie lero tha la m us brunioides), arbuste très bas, avec des feuilles en forme d’aiguilles, et des fleurs jaunes, appartient à la famille des Composées.

Parmi les Euphorbiacées figurent quelques espèces de croton, dont la graine est connue comme purgatif puissant. Celte même propriété, moins énergique, il est vrai, mais plus salutaire, se retrouve dans le ricin (Ricinus), qui, dans cette formation, croît au bord des rivières.

On trouve aussi des cactées dont une espèce produit les fanas ou ligues de Barbarie. Sur d’autres vit la cochenille dont l’exploitation rationnelle pourra être de quelque importance dans les industries tinctoriales.

Le rnistol ( Zizyplius mislol ) est un arbre assez élevé qui produit des fruits comestibles ; son écorce est employée en guise de savon.

Il faut mentionner en outre le cocotier (coco), le saule (sauce) de Humbolt, arbre splendide qui croît au bord des rivières; le sureau (sauco) dont on fait souvent des haies, et la quehoa ( Polylepis racimosa).

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Dans les salines, on trouve les juntes en abondance. Parmi les plantes ligneuses, figurent encore les 'palmiers (palmeras) qui forment des bois entiers dans les régions montagneuses. Ils s’élèvent jusqu’à trente pieds environ. Do leurs feuilles, on fait des écrans ; le bois n’a pas grande valeur.

Parmi les plantes herbacées, figurent le cabello de angel (cheveu d’ange) [Clematis Hilari\, dont les fruits sont employés comme vésicants,et le tasi {Morrenia brachy stephana ) qui est très commun.

Le mechoacan ou rhubarbe blanche ( Ipomœa megapoiamica) de la famille des Convolvulacées , possède une grosse racine qui est un des purgatifs les plus efficaces de la médecine populaire. C’est en outre un ornement des champs sablonneux et déserts.

La cuscuta ou barbe de moine sert de transition entre les plantes grimpantes et les véritables parasites.

Parmi les plantes épiphytes du genre tillandsia, on doit mentionner les fleurs de l'air (flores del aire) que tout le monde connaît.

Les Graminées, base de l’élevage, forment la plus grande part des herbes qui couvrent le sol.

Le mata pulga (tue-puce) (Schkuhria abrotanoides ), de la famille des Composées, est employé comme insecticide. Les Solanées sont également riches en espèces et en individus. Quelques-unes sont diaphorétiques, le raisin des champs , (uva del campo) \Salpichoa rhomboidea\, par exemple, dont les fruits ont la même forme et la même saveur que le raisin, mais ne forment pas de grappes.

Les monocotylèdonêes , graminées à part, sont pauvrement représentées.

Partout où l’eau ne manque pas, dans les endroits où les montagnes donnent naissance à des rivières ou à des ruisseaux, Je sol produit d’excellentes récoltes.

Les vallées, au milieu des montagnes, remplissent toutes

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les conditions voulues pour la culture des arbres fruitiers, du tabac, des plantes médicinales et tinctoriales ; en même temps que les prairies alpines donnent dès aujourd’hui d’excellents résultats et réservent un brillant avenir à l’élevage des bestiaux et à la production du fromage et du beurre, absolument comme dans les Alpes suisses.

La formation subtropicale constitue ce qu’on pourrait appeler le jardin de la République par la magnificence de ses paysages et l’étonnante fertilité des terres.

Cette région doit sa i-ichesse aux hautes Cordillères dont fait aussi partie la chaîne de Y Aconquija. Ces chaînes arrêtent les vents chargés d’humidité qui viennent de l’océan Atlantique et s’emparent de leurs eaux qui se précipitent sur les flancs des montagnes et fournissent de l’eau, de la rosée, des pluies et de nombreuses rivières et ruisseaux aux terres situées au pied des hauteurs et à une grande partie de la plaine, alimentant ainsi cette splendide végétation.

On distingue dans celte formation : le bois subtropical situé dans la partie inférieure des montagnes; le parc , à l’endroit où celles-ci se confondent avec la plaine; la zoneduce&iV, dans la plaine elle-même ; plus loin, la zone du quebracho Colorado ; dans les montagnes, la région de Yalysson (aliso) et celle de la quenoa, et, au-dessus d’elles ou à leurs côtés, la région des prairies alpestres.

Le bois subtropical se rencontre seulement sur le versant oriental des montagnes et ne s’étend pas au delà de 3.500 pieds d’altitude. Il se compose d’une grande quantité d’arbres magnifiques à l’ombre desquels croît une riche végétation d’arbustes. Dans les parties les plus sombres de la forêt, le sol se couvre de fougères (helechos), tandis que dans les endroits où pénètre la lumière, croissent en abondance les graminées et autres plantes herbacées. Le tronc des arbres se couvre en général d’épiphytes appartenant à diverses familles telles que les orchidées, les broméliacées, les cac -

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fées, les pipêracêes, les mousses et les lichens. Des lianes gigantesques s’enroulent autour des troncs et laissent tomber sur le sol leurs racines adventives, tandis que leurs rameaux renversés pendent aux branches des arbres où brillent, au printemps, leurs fleurs extraordinaires de magnificence. Tucuman connaît ces merveilles et s’en enorgueillit. Cependant, les forêts d’Oran surpassent en beautés celles de Tucuman.

Parmi les arbres du bois subtropical, on remarque surtout le splendide tipa [Machærum fertile ) dont le feuillage donne beaucoup d’ombre. Il se couvre, au printemps, de nombreuses fleurs papilionacêes . Dans les cols de Monteros, le tipa s’élève jusqu’à 50 mètres et ses branches ne commencent qu’à 20 ou 2o mètres de hauteur.

Le laurier (laurel) [ Nectandra porphiria ] est presque aussi abondant. C’est encore un arbre magnifique, mais sa couronne a moins d’ampleur. Près de Lules ou dans Y alto de las satinas, il forme des bois entiers.

Un troisième élément est le noyer (nogal) [Juglans nigra], semblable au noyer d’Europe ; il produit des fruits comestibles dont la coquille est très dure. Puis vient le ramo blanco ( Cupania uruguensis), puis le ramo Colorado, et le cèdre (cedro) [Cedrela brasilensis ], dont le bois est fort apprécié dans l’ébénisterie.

Il faut mentionner ensuiteles acacias connus sous les noms de cebil blanco , cebit Colorado , horco cebil et plusieurs autres.

On trouve encore deux magnifiques espèces de myrtacées, le mato ( Eugenia Mato ) et Y arrayan ( Eugenia uni fiord) , arbres majestueux qui donnent des fruits comestibles de la grosseur d’une guigne.

Nous devons mentionner aussi le palo de San Antonio {Myrsine floribunda ) (bâton de Saint Antoine) et la lanza blanca (lance blanche) \Myrsine margigata]. Parmi les

arbres élevés, ilconvientde citer 1 e palo borracho (boisivre), [Chorisia insignis ], espèce de bombacée au tronc renflé, garni d’épines quadrangulaires, do feuilles digitées, avec de grandes fleurs blanches et des fruits remplis d’une sorte de coton blanc aux fils peu consistants qui ne sert qu’à la fabrication des mèches.

Le lapacho, espèce de bignoniacée, est encore un ornement des bois subtropicaux. C’est un spectacle merveilleux de voir ces arbres gigantesques, quand leurs branches, noires et dénudées pendant l’hiver, se couvrent au printemps de millions de grandes fleurs roses ou jaunes qui annoncent la prochaine apparition des feuilles.

Il fauf citer aussi, commearbres de haute taille : l 'urunday ; la quina-quina, qui renferme une résine aromatique ; le cascaron, légumineuse colossale , le roble (chêne-rouvre) ; la mora, le tatanê, Yespinillo, arbre magnifique de la famille des légumineuses ; le palo mortero qui ressemble beaucoup au tipa ; le pacay ( Juga uruguensis ) ; le suiquillo, et quelques autres. Tous ces arbres fournissent des bois précieux à l’industrie.

Parmi les arbres moins élevés que les précédents, figurent : le zapallo caspi ( Pisonia ) dont le bois est très poreux ; le duraznillo blanco, le coronillo, le vicaru (Jiuprechtia excelsa), le chalchal ( Sclimidelia edulis ), le runacaspi (Achatocarpus nigricans), et la coca del monte (coca des bois) [Erithr oxyton ovatum].

Un des éléments principaux de quelques-uns de ces bois est Yoranger silvestre ( naranjo silvestre ) qui est apparu dans ces régions et s’y est acclimaté ; il provient sans doute de quelques graines apportées là ou jetées par hasard.

Le cocotier des montagnes de la province de Cordoba s’appelle ici cochuchu. Il forme comme une bande qui marquerait la limite supérieure du bois subtropical.

Le tala et le garabato ( Acacia tucumanensis) , ce dernier

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appartenant à la famille des Mimosêes, croissent parmi les grands arbres de ces bois. Une variété du garabato se rencontre sous l’aspect de lianes suspendues aux arbres.

On trouve encore, dans les bois de Tucuman, un certain nombre de magnifiques plantes grimpantes. Dans le pays, on donne le nom de vejuco aux plus grandes d’entre elles qui appartiennent, pour la plupart, à la famille des Bignoniacées ; les plus petites l’eçoivent le nom du enredadercis.

La tripa de fraile (tripe de moine) \Canavalia gladiata ], de la famille des légumineuses est une jolie enredadera, également connue dans la province de Cordoba.

Quant à la végétation épiphytique, qui vit sur les troncs des arbres, on doit noter une grande abondance d 'orchidées , mousses et lichens, plantes qui comptent un grand nombre d’individus, mais peu d’espèces différentes.

Les fougères et les graminées forment presque toute la richesse des herbages, d’ailleurs peu nombreux, à cause de l’ombre que projettent les arbres.

Le parc se distingue du bois en ce qu’il présente alternativement des bouquets de bois, des broussailles, des prairies et des arbres épars. La région du parc est très fertile et on l’exploite en y cultivant la canne à sucre, le maïs, le riz et le tabac.

Les arbres de cette formation sont, en général, les mêmes que ceux du bois subtropical; on y trouve cependant quelques espèces nouvelles, comme par exemple, \e lecheron ( Sapium aucuparium ), le pacara ( En terolobium Timbawa), dont les fruits et l’écorce fournissent un savon naturel ; la higuerita ( Carica quercifolia) ; le tarco ( Jacaranda chelonia), remède populaire contre les maladies vénériennes ; le ceibo{Erithrina cresta Galli) dont les grandes fleurs rouges font l’ornement du paysage; le sombrero del toro (chapeau du taureau) espèce de myoschilus qui donne des fruits comestibles et savoureux.

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Dans les broussailles des parties les moins fertiles de la région du parc , figurent surtout deux espèces : le tala et

Y espinillo .

On admire dans les prairies de celte région, la riante verdure de leur épais gazon, composé principalement d'une seule graminée, le Paspalum notatum, qui constitue un excellent aliment pour les animaux.

Dans la zone du cebil (acacia), cet arbre est tout à fait prédominant, et c est à peine si le guayacan (Porliera hygrometrica ) et quelques autres arbustes lui tiennent compagnie. Le cebil est un des arbres les plus utiles au pays, grâce à son écorce si riche en substance tannine.

La végétation herbacée diffère de celle du par'c , surtout en ce que le paspalum y est remplacé par une autre espèce de graminée qui ressemble à celle de la pampa.

Dans la zone du quebracho Colorado ( L oocop 1er y g ium Lorentzii), figure principalement cet arbre, avec les talas et le mistol. Le quebracho Colorado est un arbre élevé et splendide, dont la couronne est peu touffue. Son bois est un article important d’exploitation industrielle.

Au-dessus du bois subtropical , et sur les versants escarpés des Cordillères plutôt que sur ceux de l’Aconquija, s’étend la zone du pin ( Podocarpus angusti folia). C’est un arbre de hauteur moyenne, très ramifié, à couronne compacte, mais il ne ressemble à aucune des espèces européennes. Son bois peut être utilisé.

La zone de Y aliso (aulne) [Alnus ferritgineus\ est un peu moins uniforme. Cet arbre forme des bois épais et sombres sur les pentes escarpées et dans les cols profonds ; il ressemble beaucoup aux aulnes de l’Europe.

La zone de la quenoa s’élève au-dessus de celle de l’aulne dont elle se sépare assez nettement. Elle doit son nom à l’arbre qui la caractérise. La quenoa ( Polylepis racemosa) est une espèce de rosacée, très noueuse et très ramifiée, dont

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la hauteur atteint 16 et 20 pieds. Son bois est très dur et son écorce squameuse ressemble à la feuille sèche du tabac, ce qui lui a fait donner, dans la sierra de Cordoba, le nom de tabaquillo.

Les prairies alpestres occupent le versant occidental et les cimes des montagnes ; leur limite supérieure varie entre 10.000 et 11.000 pieds, tandis que leur limite inférieure descend jusqu'aux vallées. Les éléments principaux de cette végétation sont les graminées ; on peut y étudier un grand nombre d’espèces.

Les broussailles se rencontrent parmi les prairies alpestres jusqu’à une altitude considérable, particulièrement dans les cols où elles se composent principalement de solanées, de composées et de berbéridées.

Dans les régions des Cordillères, plus élevées encore que les prairies alpestres, où règne un climat rude et désagréable, où le sol est stérile et l’eau rare, on rencontre une flore pauvre, composée de quelques buissons caractéristiques formés par des actées gigantesques, avec une végétation herbacée très restreinte ; c’est la formation de la puna.

A quelque distance à l’est des Cordillères, le climat devient plus sec que sur le versant oriental de ces montagnes et l’on observe tout à coup un changement dans la végétation : c’est que nous commençons à pénétrer dans la formation du Chaco.

Les plantes magnifiques du bois subtropical sont remplacées par des arbres moins élevés, tandis que la proportion des broussailles augmente. Les bois et les broussailles alternent fréquemment avec des plaines couvertes de graminées. L’arbuste le plus caractéristique de cette formation est le duraznillo ; il est assez élevé et très ramifié; son bois est dur et son écorce a la couleur de tabac. Un autre arbre également caractéristique est le ]palo santo (bois saint) espèce de zygophillée, dont le bois est très résineux et à laquelle les gens de

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la campagne attribuent des vertus médicinales ; vient ensuite

le palo mataco.

Le vinal ( Prosopis ruscifolia ) et le quilino, deux mimosées de forme grotesque, armées de grandes épines, sont très communs dans le Chaco et dans le nord de la province de Santa-Fé. Le vinal est particulièrement estimé; en effet, ses fruits sont un aliment pour les animaux, ses feuilles guérissent certaines maladies des yeux, et le tronc est utilisé comme bois à brûler.

On doit mentionner encore le chaguary , une broméliacée ; ses fibres sont utilisées par les Indiens qui en confectionnent des cordes et des tissus divers, et surtout ces sortes de chemises qui leur servent de cuirasses contre les flèches.

La formation paraguayenne s’étend au nord de la province de Corrientes et sur le territoire national des Missions. Elle est fort peu connue. Des bois semblables à ceux de la formation subtropicale couvrent ces régions. L’arbuste de la Yerba a donné autrefois des profits considérables aux jésuites qui ont exploité ces contrées à la manière féodale.

La formation mésopotamique est celle qui domine dans les provinces de Corrientes et d’Entre Rios. Cette formation diffère, en général, de celle de la pampa par la présence d’un grand nombre d’arbres et d’arbustes. Les bois et les broussailles n’y manquent pas. La grande forêt de Montiel, par exemple, est assez connue. Une partie de la végétation, au bord des rivières, se compose de bois dans lesquels domine un arbre appelé Yatay. Dans les prairies, l’élément principal est le paspalum noiatum et quelques autres herbes caractéristiques de celte formation.

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