‹ Géographie de la République ArgentineChapitre 55 sur 119 · La Picaza · texte numérisé non relu

La Picaza

GÉOGRAPHIE ARGENTINE

Celte division administrative est représentée graphiquement sur la carte ci-jointe.

Le recensement de la population qui a eu lieu les 6, 7 et 8 juin 1887, et dans lequel je suis intervenu personnellement au nom du gouvernement national, a donné un total de 220.322 habitants* dont 126.254 du sexe masculin et 94.078 du sexe féminin. La capitale de la province renferme, dans les limites de son territoire, 15.099 habitants, et la ville de Rosario, en compte 50.914. Si l’on considère chaque département, on obtient les chiffres suivants :

Département de la Capitale 23.083

— San Javier 14.213

— Las Culonias 39 . 452

— San José 8.283

— San Jeronimo 20.997

— Iriondo 17.341

— San Lorenzo 23.381

del Rosario 39.232

— General Lopez 14.128

De ces chiffres, on peut déduire que la densité moyenne de la population de la province est à peine de 17 habitants par dix kilomètres carrés, soit seulement une population spécifique de 1,7.

A l'époque du premier recensement national, le 'seul qui ait encore été fait, c'est-à-dire le 15 septembre 1869, la population de la province était de 89.117 habitants. L’accroissement annuel, pour les dix-huit dernières années, a donc été de 83 pour mille.

La population des principales villes et villages de la pro-

I. Au point de vue des nationalités, ce chiffre est distribué conime suit : Argentins, 136. H7 — Italiens 57.663 — Suisses 5.729 — Espagnols 5.477 — Français 4.081 — Allemands 2. 8i 6 — Anglais 2.199 — Autrichiens 1.676 — Autres nationalités 4.342.

PROVINCE DE SANTA FÉ

vince, au moment (les recensements de 1869 et 1889, était la suivante :

Santa-Fé 10.670 15.099

Esperanza 344 2.652

Coronda 1.245 2.255

Rosario 23.169 50.914

San Lorenzo. 1.367 1.852

Constitucion 610 457

Le district entier de Villa Constitucion comprend 1.203 habitants. Le chiffre de l’année 18G9 se rapporte probablement à tout le district.

Le système hydrographique de la province se divise en trois bassins, savoir : celui du Pavana, celui du Salado et celui du Garcarana. En somme, si l’on veut, les trois n’en forment qu’un seul, celui du Parana, puisque le Salado et le Carcarana se jettent dans le Parana.

Les nombreux bras du Parana, improprement appelés rios comme ceux de Santa-Fê, Colastinê, Coronda, San Javier et le y'io Pueblo Nuevo, reçoivent les eaux des ruisseaux del Rey, Mal Abrigo, Gusano et autres. Le bras de San Javier communique avec le Colastinê.

Parallèlement au rio San Javier , un peu plus loin dans l’intérieur, court, du nord au sud, le rio Saladillo dulce , après avoir recueilli les eaux d'une zone étendue, apportées par les ruisseaux Caragualal , Espin et San Pedro qui se jettent dans le Saladillo amargo , lequel se déverse à son tour dans le Saladillo dulce.

Aux approches du Parana, toute cette masse d’eau s’étale en quelque sorte et forme la grande lagune Guadalupe qui atteint 15 ou 20 kilomètres de longueur sur 6 ou 8 de largeur.

La lagune Guadalupe, qui se déverse dans le Parana,

reçoit les eaux d'un grand nombre de ruisseaux, dont le plus important est V A guiar.

De tous ces cours d’eau, un seul est navigable, et seulement pour des bateaux d’un faible tirant d’eau, c’est le rio San Javier. Le bras du Parana, dit de Coronda , vient rejoindre le fleuve à la hauteur du rio Carcarana.

Le Salado descend de la province de Salta, où il est connu sous le nom de rio del Juramento , traverse la province de Santiago, pénètre dans celle de Santa-Fé, et se jette dans le Parana en face de la capitale de la province.

L’un des principaux affluents du Salado, est le ruisseau Calchaqui, qui, dans son parcours, donne naissance à un grand nombre de lagunes comme celles de Playas, Sarnosita, Cueva del Tigre et celle del Perro formée par la canada del Quebracho Colorado. Près de la jonction du ruisseau Calchaqui et du Salado, se forme la lagune Blanca, vaste étendue d’eau que plusieurs canaux mettent en communication avec la rivière.

Plus au sud, le Salado reçoit le Pantanoso, la canada de Curupi, les ruisseaux de las Couchas, Vizcacheras , San Antonio, la canada del Espinillar et d’autres cours d’eau de moindre importance.

Entre les rives du Salado et du ruisseau de las Conchas, s’étend une grande forêt nommée Monte Aguara.

Le Salado pourrait devenir navigable pour les embarcations d’un faible tirant d’eau ; il suffirait pour cela de quelques travaux peu coûteux.

Le Carcarana prend naissance dans les montagnes de Cordoba, il traverse cette province sous le nom de rio Tercero, il reçoit les eaux du ruisseau de las Tortugas et de la canada de Jaime. Il se jette ensuite dans le Parana à 5a kilomètres au-dessus de Rosario. Il sert de limite, dans toute son étendue (environ 200 kilomètres) entre les départements Iriondo et de San Lorenzo.

Moyennant quelques frais de nettoyage, dragage, rectification de cours, etc., le Carcarana serait navigable pour des embarcations d’un faible tirant d'eau. Les bords de cette rivière sont riches en fossiles de toutes sortes.

Au sud du Carcarana il y a encore plusieurs ruisseaux peu importants dont les eaux arrivent jusqu’au Parana. Tels sont les ruisseaux de las Saladas, de Luduena , el Saladillo, Frias, Seco, Pavon, ce dernier grossi des ruisseaux Sauce et Cabrai, et enfin le ruisseau ou arroyo del Medio qui marque la limite de la province de Buenos- Ayres. Cette zone comprend en outre de nombreuses lagunes, comme celle de Melincué, Pedernal, Cardoso, Chanar et autres de moindre importance.

En dehors de ces eaux superficielles courantes ou stagnantes, la province est encore pourvue de deux couches souterraines; l’une se rencontre entre S et 10 mètres de profondeur et l’autre, entre 15 et 20 mètres. Cette dernière est inépuisable, et l’eau en est particulièrement pure.

Une telle abondance d’eau explique, à elle seule, les progrès agricoles considérables que cette province a réalisés dans l’espace relativement court de vingt années.

Les rares ressources végétales de cette province au point de vue des applications industrielles et médicales, sont à peu près les mêmes que dans la province de Buenos-Ayres. Le bois manque dans la partie sud et au centre ; il existe, au contraire, en grande abondance, dans les forêts naturelles de la partie septentrionale limitrophe du Chaco.

Les richesses minérales sont nulles, si l’on excepte la tosca, sorte de chaux hydraulique que l’industrie exploite ef dont il existe des gisements assez considérables.

En 1856, il n’y avait pas plus de 1.600 hectares de terres cultivées dans toute la province, et, seulement 31 ans plus tard, les cultures occupaient une superficie de 595.890 hectares, dont 401.652 hectares semés de blé, le reste produi-

GÉOGRAPHIE ARGENTINE

sant de l’avoine, des haricots, de l’arachide, des pommes de terre et des patates, du tabac, du lin, du maïs et de la luzerne.

En 1887, la récolte du blé atteignait 477.826 tonnes de mille kilogrammes.

Yoici le relevé des cultures existant lors du dernier recensement :

Hectares.

Hectares.

Blé.. .

Avoine

Lin

Légumes

Maïs

Seigle. ...

Luzerne . . .

Vignes

Arachide . .

Autres cultures

En ce qui

concerne l'industrie, on trouve dans la

province

plusieurs fabriques de bière, d’huile de manioc et de

poisson,

la première servant à l’alimentation et l’autre à la fabrication des savons; des distilleries d’alcool de maïs et de pommes de terre, des fabriques de glace, de chocolat, de briques, tuiles et carreaux, de chaussures, de liqueurs, de pâtes alimentaires, de biscuits, de meubles, de voitures et de balances, plusieurs fonderies de fer et des tanneries. Les chiffres du recensement de 1887 nous donnent : 20 scieries, 17 tanneries, 158 fours à briques, 11 fabriques de pâles alimentaires, 4 fonderies de fer, 14 imprimeries, etc.

Deux grandes fabriques de sucre établies dans la colonie Ocam'po ont produit l'année dernière 1.500.000 kilogrammes de sucre et 530.000 litres d’alcool. Le recensement du 6 juin 1887 constate l’existence, dans toute la province, de 3.328 maisons de commerce et de 1.734 établissements industriels.

L’élevage, dans cette province, est beaucoup moins important que dans celle de Buenos-Ayres et ses produits annuels n’y représentent pas même la dixième partie de la valeur des produits agricoles.

PROVINCE DE SANTA-FÉ Le bétail y peut être estimé comme suit :

Têtes. Valeur.

Race bovine 2.328.443 $ 24.063.961

— chevaline 528.536 10.709.948

— ovine 2.977.382 5.723.160

Anes et mulets 7.706 194.150

Chèvres 3.310 45.027

Porcs 58.530 483.036

Autruches 2.412 14.472

L’avenir de Santa-Fé est plutôt dans l’agriculture, l’élevage des porcs et la production du beurre et du fromage que dans l’ancien système d'élevage qui est déjà devenu un emploi peu rémunérateur de la terre et qui même deviendra simplement impossible dans un avenir peu éloigné, lorsque le prix des terrains se sera encore élevé.

Le commerce de la province est important, non seulement à cause de ses propres produits, mais encore parce qu’elle renferme le port de Rosario, où se font en transit les importations et les exportations de dix provinces de l’intérieur, de même qu’une grande partie du commerce extérieur de la Bolivie.

Les ports dans lesquels sont autorisées les opérations douanières sont ceux de Rosario, Santa-Fé , San Jeronimo , San Lorenz o , Helvecia , Villa Constitucion.

Il y avait, dans la province, en 1887, vingt-quatre établissements de banque, tant succursales que maisons principales.

L’instruction primaire est bien organisée. Le nombre total des écoles est de 190; les élèves inscrits sont au nombre de 11.132. Pour l’enseignement secondaire, il existe un collège national dans la ville de Rosario, où se trouve en outre une école normale de professeurs. La ville de Santa-Fé possède une école normale et un grand séminaire.

GÉOGRAPHIE ARGENTINE

On compte, dans la province, onze bibliothèques qui réunissent 15.750 volumes.

Les journaux quotidiens et autres étaient au nombre de 20, au moment du dernier recensement. On compte un grand nombre d’associations charitables et de secours mutuels ; six hôpitaux, trois théâtres, etc.

La province possède 2.267 kilomètres de chemins de fer en exploitation ou en construction, et 1.246 kilomètres de chemins de fer concédés ou projetés, savoir :

Page 1