ÉTATS-UNIS
(( Il est parfaitement reconnu que la culture de la soie aux Etats-Unis peut donner des bénéfices rémunérateurs
...; A une époque reculée on élevait des vers
dans la Virginie. En 1718, des essais d'éducation tentés dans la Louisiane réussirent fort bien. Pendant quarante ans l'industrie séricicole fut la plus importante de la Géorgie, jusqu'au moment où la guerre de l'Indépendance vint lui porter un coup mortel. Avant la révolution, elle florissait dans la plupart des colonies, mais surtout dans la Géorgie et la Caroline du Sud. Des cocons de fort belle qualité étaient récoltés sur diflFérents points des Etats de New - England, New- York, Pensylvanie, New-Jersey, Massachusetts et Gonnecticut. En 1771, un établissement fut créé à Philadelphie pour manufacturer la soie produite dans le paysj^t pendant de nombreuses années il reçut annuelle-
i78 GKOGRAPHIE DE LA SOIE
ment une grande quantité de cocons. Actuellement on élève des vers dans les États de New-York, Pensylvanie, New- Jersey et dans quelques localités du New-England. La soie manufacturée, produite aux Etats-Unis, représentait une valeur de 1,400,000 francs en 1840, et de 8,400,000 en 1844. En 1860, les États de Pensylvanie, New-Jersey, New- York, Massachusetts et Gonnecticut en fournissaient pour la somme de 28 millions de francs. Depuis cette époque, l'industrie de la soie n'a pas cessé de prendre un développement de plus en plus considérable.. »
(Rapport sur V Agriculture aux États-Unis, préparé par le Commissaire spécial du gouvernement. New- York, 1860.)
11 sera intéressant, sans doute, de mettre en regard des lignes qui précèdent le passage suivant où il est fait une description moins brillante de l'industrie séricicole aux États- Unis :
« Autrefois, dit M. Félix Gillet, dans une lettre adressée au Moniteur des soies^ en 1870, des centaines de mille de mûriers furent plantés dans le Kentucky, le Tennessee, la Géorgie, l'Ohio et la Virginie (avant que le coton ne devînt la principale production du Sud) . Mais beaucoup de gens étant ignorants en sériciculture, des échecs nombreux firent abandonner en grande partie l'éducation des vers à soie. La Géorgie et le Tennessee sont les seuls Etats qui tinrent bon, et aujourd'hui ils produisent assez de soie pour alimenter plusieurs petites filatures situées à Chicago et à Newark. »
Un État où la sériciculture a paru un instant appelée à devenir très-florissante est la Californie, où elle fut introduite, vers le milieu de ce siècle, par un Français, M. Prévost.
(( Les succès qui ont accompagné les essais d'éducatiou
en Californie, dit l'auteur du rapport cité plus haut, ont dépassé les espérances les plus enthousiastes. M. Prévost affirme, après douze ans d'expérience (1868), que la Californie est la contrée du monde la plus propre à la sériciculture. En 1860, il mettait à inj3ubation 500 graines seulement; en 1865, il en faisait éclore 100,000. Depuis lors, les éducateurs se sont multipHés et, en 1868, 3 millions de vers ont été élevés. A la dernière foire tenue à Sacramento, vingt-huit personnes ont exposé des cocons ; les localités représentées étaient : San José, Sacramento. Santa Barbara, Santa Gruz, Hôrnitos, San Gabriel, Los Angeles, Nevada, Placerville, et Portland dans l'Oregon.
(( Tout laisse donc espérer que la culture de la soie deviendra bientôt une des des branches les plus actives de l'industrie en Californie. »
.Cet espoir a malheureusement été déçu. Diverses causes ont çntravé les développements de cette industrie naissante, et de nombreux spéculateurs, là où ils espéraient la fortune, n'ont trouvé que la ruine. A l'heure qu'il est, il paraît douteux que la Californie devienne jamais une région vraiment séricicole.
La petite ville de Nevada, dans la région montagneuse de l'est, a toujours été et est encore le principal centre de séri ciculture. Ce sont ensuite les comtés de Santa Barbara et de Los Angeles, au sud, où les tentatives ont été le plus sérieuses.
Plus récemment encore, l'élevage du ver à soie a été introduit dans l'Utah. « Actuellement dit l'auteur, d'un article publié dans les A nwafes du commerce^ extérieur (n°1849), l'industrie séricicole serait sur le point de prendre d'importants développements dans l'Utah. Brigham Young, le chef des Mormons, a donné des ordres pour que^l'ou ena-
ployât une grande partie des forces du pays à l'élève du ver à soie.
(( On récoltait, il y a trente ans (de 1482 à 1844) 150,000 à 180,000 kilogrammes de cocons dans les Etats-Unis d'Amérique. On en obtient u^ peu moins aujourd'hui, malgré les progrès qui ont été faits en Californie. » (M. Natalis Rondot, ouvrage cité.)