‹ Géographie de la soieChapitre 22 sur 135 · balles · texte numérisé non relu

balles

Woo-sio-hien et Lae-

yoDg-hien. . . .

Shao-shing-Foo. . .

^ Hang-chow-Foo. . .

HAININO j

Haining^chow et Yuen-

BT YUBN-FA I

hwa-Tsun. . . .

Mien-chow-Foo. . .

aZB-GHUEN

Kwo-Pun district. . .

Soie grossière. . . .

SHANTUNG

Soie brune sauvage. .

Total

; c( 2^ On estime que la quantité moyenne de soie consommée chaque année dans la région voisine de Chang-hai* s'élève à 55,000 balles. Cette soie paraît être fournie par les localités suivantes dans les proportions indiquées.

QUALITÉ DE SOIK ^^ Ll^l^TZ^^EV^ ^^-«^ «>« «^"^

( Nanzing 10,000

TSATLBB ^ ,, 7

( Hang-chow 3,500

TSATLEB COMMUNE. . Sint-ze 500

UAiNiNQ ET YUEN-FA. Haining chow et Yuen-hwa-Tsun. 5,000

Kahing 18,500

Chincuen 5,000

Taysaam ( Woo-sie et Laeyang 3,000

Hang-chow 3,000

Shao-Shing 2,000

SOIES JAUNES. . . . Szechuen 4,000

SOIE BRUNE SAUVAGE. ShautUDg 500

Total 55,000 »

Jusqu'ici il ne s'est exporté de Chine que des quantités relativement faibles de cocons, soit parce qu'il y avait avan-

tage à exporter la soie toute filée, soit parce que les Chinois n'ont pas l'habitude de faire sécher les cocons, soit, enfin, parce que ce commerce était mal vu du gouvernement. « Le gouvernement chinois, dit l'auteur d'un article publié dans les Annales du commerce extérieur^ en 1867, n® 1698, voit avec contrariété l'exportation des cocons, qui enlève aux habitants une certaine quantité de travail, et, aux yeux de la population, c'est le seul prétexte qu'il puisse alléguer pour expliquer les entraves qu'il apporte à ce commerce. »

Quoi qu'il en soit, l'exportation des cocons se fait depuis longtemps en Chine, sur une échelle restreinte, bien entendu. Les chiffres suivants en sont la preuve.

En 1861 (Annales du commerce extérieur^ n*" 1607), Chang-haï exporte pour l'Angleterre 511 balles de cocons (48,218 kil.), pour Hong-kong 1 balle (78 kil.), total : 512 balles (48,297 kil.), représentant une valeur de 515,000 francs. La même année, Canton exporte pour l'Angleterre 53 kilogrammes de cocons; pour Hong-kong, ôOkilogrammes ; pour les Etats-Unis, 44 balles (4,218 kil.) ; total : 46 balles (4,331 kil.), d'une valeur de 26,000 francs.

En 1864 (Annales du commerce extérieur^ n«» 1698) , la Chine exporte pour la France 130 piculs de cocons (7,818 kil.), d'une valeur de 112,807 fr. 50.

En 1866 (Annales du comma^ce extérieur, n° 1847), elle lui envoie 30,000 kilogrammes de cocons , pour une valeur de 626,000 francs. L'année suivante, elle lui envoie 17,000 kilogrammes représentant la somme de 423,000 francs.

Voici maintenant quelques détails sur cette exportation, que j'extrais d'une lettre que M. Yveson, de Chang-haï, m'écrivait à la date du 5 août 1874 : « Il s'exporte bien de Chang-haï, depuis quelques années, nue certaine quantité

de cocons, mais une seule maison s'occupe de ce comimerce et tient naturellement ses affaires aussi secrètes que possible. D'après ce que j'ai pu apprendre des Chinois que j'ai questionnés, il ne s'exporte de Ghang-haï que 2,000 piculs de cocons (120,932 kil.) en moyenne. Ces cocons sont achetés dans différentes régions pour le compte de la maison en question par des Chinois qui vont de maison en maison et ne peuvent se procurer que quelques kilogrammes à la fois. » ■ D'un autre côté, s'il faut en croire les quelques lignes qu'on va lire et qui sont tirées d'une correspondance adressée de Chang-haï au Moniteur des soies^ à la date du 27 mars 1874, ce commerce semblerait appelé à prendre une extension considérable. « De grands préparatifs se font en ce moment pour faire des quantités assez fortes de cocons pour l'exportation ; des établissements sont en voie d'installation dans l'intérieur de la province pour l'étouffage et le séchage des cocons dont l'importance dépassera largement, cette année, le chiffre de l'année passée. »

Dans l'intérieur de la Chine, le commerce des cocons est à peu près nul , parce que chaque éducateur dévide luimême ses cocons et qu'il n'a pas l'habitude de les faire sécher, à cause de la répugnance qu'il éprouve à tuer la chrysalide. Par conséquent, si les marchés de soie sont trèsnombreux eu Chine, les marchés de cocons y sont complètement inconnus.

AUTRES

LÉPIDOPTÈRES PRODUCTEURS DE LA SOIE

Outre le ver à soie ordinaire ou Bombyx mort, il existe en Chine un grand nombre d'autres Bombyx, qui vivent à l'état sauvage ou sont élevés par les habitants. Depuis des siècles, les Chinois se servent de la soie, fournie par ces insectes pour fabriquer des étoffes qui, si elles sont moins belles que les tissus de soie ordinaire, leur sont, du moins, presque toujours supérieures sous le rapport de la solidité. Aussi , on se demande avec étonnement comment il se fait qu*on n*ait pas essayé avec plus de persévérance à acclimater ces vers en Europe et à utiliser leurs soies, qui jouissent d*une si grande faveur dans plusieurs provinces du Céleste Empire. Les Chinois nous seraient-ils donc réellement supérieurs en matière de sériciculture et de dévidage ?

Les principaux vers à soie sauvages de la Chine sont : le Bombyx Mylitta^ qui vit sur le chêne, le Bombyx Cynthia, qui se nourrit des feuilles de l'ailante, et le Bombyx Pernyij qui vit aussi sur diverses espèces de chênes.

Les cocons du Bombyx Mylitta sont fort gros, d'un tissu serré, d'une couleur grise tirant sur le roux, et sont attachés au chêne par un pédicule. La soie qu'il fournit est abondante et assez forte. Les Chinois en font des soies écrues, qui servent à la fabrication d'étoffes communes. « Ce Bombyx se trouve dans le Se- tchouan et le Koueitchéou, où la production est de 20,000 balles, puis vient le Chan-tung, qui en fournit 6 à 8,000; leHo-nan, le Chen-si et le Chan-si en produisent 2,000. » (L. Strauss, La Chine^ son histoire^ ses ressources.)

Le Bombyx Cynthia donne un petit cocon de couleur roussâtre, oblong, et qu'un petit pédicule retient à une branche de l'aïlanthe. Le dé.vidage en est très- difficile : les Chinois se contentent de le carder et de le filer sous forme de bourre. On le trouve principalement dans le Ghan-toung et dans le Ho-nan, où la production, suivant M. Strauss, est de 5,000 balles.

Le Bombyx Pernyi donne une fort belle soie, très-résistante, très-brillante, facile à dévider et à teindre. Ce ver à soie est élevé dans plusieurs provinces froides et montagneuses du nord de la Chine. Il est cultivé dans les provinces de Chan-toung et de Ho-nan, et surtout dans celle de Kouei-tchéou, qui produit plus de 40,000 balles de soie de ce ver (Moniteur des soies).

Suivant M. T. Meadows, consul d'Angleterre à Newchwang, les vers à soie du chêne sont très -communs dans les montagnes de la Mandchourie. Leurs cocons, qui sont recueillis en quantités considérables, donnent une soie très - • solide que les habitants utilisent pour la confection de leurs vêtements.

Dans le Kouei-tchéou, ces vers sont élevés également sur une très-large échelle. D'après MM. Mitchie et Francis, délégués de la Chambre de commerce de Chang-haï, ils fournissent une quantité énorme de soie, qui se vend à trèsbas prix.

Le Bombyx Pernyi se trouve encore dans le Chan-si, le Chen-si, leKan-sou, le Yun-nan, le Tché-kiang, etc.

A propos do la soie de vers sauvages, qui se récolte dans le Chan-tungj voici ce qu'un correspondant du Moniteur des 6WS écrivait à ce journal en 1866 : « Des districts séricicolespeu explorés entourent le port de Tché-fou. Ces districts renferment des montagnes boisées qui nourrissent un

ver à soie sauvage qui file de la soie brune. La quantité de cet article qui pourrait être apportée sur le marché ne s'élève pas à moins de 12,000 balles par an. »

Dans les tableaux statistiques que j'ai reçus de la Chambre de commerce de Ghang-haï et que j'ai reproduits plus haut, on a vu que Ghang-haï a exporté, en 1874, 150 balles de cette soie brune du Ghan-tbung et que les Chinois en consomment environ 500 balles dans la région voisine de ce marché. v

Enfin, on récolte dans le Sé-tchouan diverses sortes de soie sauvage que ce pays fournit en grande abondance. Une de ces espèces de soie est expédiée en grande partie dans le Ho-nan, où elle sert à tisser une étoffe particulière.

Je dois dire maintenant que les différents Bombyx de la Chine sont trop peu connus pour qu'il soit possible de don ner des détails précis sur leurs mœurs, sur les localités où ils vivent, sur la qualité et la quantité de soie qu'ils fournissent. Ainsi, on vient de voir, dans un passage cité plus haut, que le Kouei-tchéou récolte 40,000 balles de soie du Bombyx Pernyi^ et, dans un autre, qu'il produit 20,000 balles de soie à\x Bombyx Mylitta. Or, n'est-il pas probable que les auteurs des deux passages en question confondent ces Bombyx, qui tous deux vivent sut le chêne?

Il existe encore dans le Yun-nan une espèce de soie particulière, dont l'origine n'est pas parfaitement connue. Voici ce qu'en dit Francis Garnier dans la relation de son voyage en Indo- Chine. « On tisse dans le Yun-nan une étoffe particulière appelée tong-hay-touan-tséy ou « satin de la mer (( orientale. » Cette étoffe est épaisse, faite de fil de soie, que je 'soupçonne provenir en grande partie de l'araignée particulière dont j'ai signalé la présence à Ta-lan; elle est très-solide , nullement lustrée et en général d'une

couleur noire, quoiqu'on puisse la teindre de toutes les nuances. »

Je terminerai cette étude en rappelant que le ver à soie ordinaire ou Bombyx mort vit à l'état sauvage dans plusieurs provinces de la Chine. On le trouve notamment au Tché-kiang, dans de grandes forêts de mûriers qui couvrent des collines entières. Il doit se rencontrer sous les latitudes les plus septentrionales de la Chine, puisqu'il a été découvert plus, au nord encore, dans les montagnes boisées de la Mongolie (V. p. 38).

COREE

La sériciculture a été introHuite en Corée il y a trèslongtemps par les Chinois, et il paraît qu'en dépit d*un climat très- rigoureux, elle y est assez florissante.

« On cultive le mûrier assez en grand, mais actuellement simplement pour les besoins du pays ; néanmoins la soie du mûrier est abondante, surtout dans les deux provinces du du nord- ouest et dans les trois du sud. On en fait des habits, des cordons, des filets de pèche, etc.

« Il y a aussi la soie de Tailante ; de plus, il y a un ver à soie qui se nourrit sur le jujubier et qui donne une soie dont on fait des habits, des manteaux contre la pluie, etc. »

(Extrait â*ane lettre adressée i la Société de géographis de Lyon par Mgr Ridel, vicaire apostoliqae de Corée, 1875.)

L*absence complète de relations entre la Corée et l'Europe ne m'a pas permis d'obtenir de renseignements plus précis sur la production séricicole de la Corée.

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