LAOS, CAMBODGE, GOCHINCHINE FRANÇAISE
Dans le Laos, le Cambodge et la Gochinchine française, c'est-à-dire dans presque toute la vallée du Mé-kong, la sériciculture est florissante ; elle l'est principalement sur les bords du grand fleuve et dans un grand nombre de ses îles. C'est ainsi que la récolte de soie est fort abondante dans les îles de Cô-sutine et de Gsaek-Gondal : « Cette dernière , qui a 6 kilomètres de long, est l'endroit du grand fleuve où Ton élève le plus de vers à soie. Le pays est presque entièrement couvert de mûriers. Ceux-ci croissent très-bien, quoique l'île soit submergée dans les hautes eaux. » (Annales du commerce extérieur ^ if 1607.)
La soie récoltée est généralement consommée dans le pays, cependant les Laotiens du Nord en exportent une assez
grande quantité dans la Birmanie et dans le royaume de Siam.
Le principal marché de cocons , dans le Cambodge, est Pnom-peng.
Il est peu de localités, dans la Gochinchine française, où les habitants ne se livrent plus ou moins à l'industrie séricicole. Voici comment en parle M. Edouard Renard, dans un rapport adressé par lui au ministre de l'agriculture et du commerce : « Dès à présent, j'ai pu le constater avec une grande satisfaction, la sériciculture est acquise à la Gochinchine française et cela dans nos six provinces, car il y a peu d'Annamites qui, à côté de leur habitation, n'aient leur petit champ de mûriers, leur petite éducation de vers à soie, dont les femmes prennent généralement soin ; quant à la soie, elles la filent et la tissent elles-mêmes pour l'usage de la famille.
« Mais, à côté de ces timides essais de sériciculture dans quelques provinces, il y a celles de Ghaudoc et de Winlong où, de son bateau, on peut suivre des yeux, pendant des heures entières, les cultures de mûriers, généralement placés en bordure des fleuves et des arroyos.
(( Les races de vers à soie appartiennent à l'espèce dite polyvoltine, qui est seule répandue dans le pays , elles donnent malheureusement un cocon chétif et dégénéré, et cela faute d'un croisement avec des races supérieures. » (Annales du commerce extérieur ^ n*" 1859.)
(( Une de nos colonies, dit M. Ghamecin, dont l'avenir dépend presque entièrement de la production de la soie, est la Gochinchine ; placée dans des conditions exceptionnelles, elle pourrait rendre à la sériciculture d'immenses services, en se créant à elle- même une source d'intarissables richesses et de prospérité* Dans la Gochinchine française^ Pélevage
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du ver à soie est une industrie locale, enracinée dans les mœurs du pays ; les Annamites élèvent le ver à soie depuis les âges les plus reculés. Il n'existe qu'une seule espèce de bombyx, primitive, agreste, sobre, donnant de petits cocons polyvoltins, mous, cylindriques, sans étranglement circulaire. » (Extrait d'une communication faite à la Société des Agriculteurs de France dans sa session générale de 1874.) Il n'est pas possible de se rendre compte, même d'une' manière approximative, de la quantité de soie qui se récolte dans cette région. On suppose seulement qu'elle doit être considérable, parce que la classe riche fait un grand usage de vêtements de soie. M. Natalis Rondot (ouvrage cité), estime à 40,000 kilogrammes la quantité de soie grége produite dans la Gochinchine française.